‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 141 sur 335 · A M. L'EVESQUE DE POITIERS · texte numérisé non relu

A M. L'EVESQUE DE POITIERS

[Paris,] a octobre 1 663-

Monsieur,

Gomme Sa Majesté est résolue, pour l'interest de la concorde publique, de laisser jouir ceux de la religion prétendue refformée du bénéfice des edits qui leur ont esté accordés par les Roys ses prédécesseurs; aussy desire-t-elle tenir soigneusement la main à ce qu'ils n'entreprennent rien au delà de ses edits, et ne passent point les bornes qui leur sont prescrites par l'autorité du prince; ce qui est mesme la pensée des plus sages et des plus considérables de cette religion. C est pourquoy je vous respondray maintenant, en gênerai, que, lorsque l'affaire sera proposée au Conseil, j'apporteray tout ce qui despendra de moy aiïiu que les choses demeurent en ces termes, et que l'Eglise ne souffre point des attentats de quelques particuliers de ladite religion prétendue refformée.

Cependant croyez, en vostre particulier, que, ayant tousjours fait une très-haute estime de vostre doctrine et de vostre vertu, je n'ay pas conçu une moins parfaite passion de rencontrer les occasions de vous en pouvoir rendre des preuves et vous faire paroistre que je suis parfaitement, etc.

P. S. Depuis la présente escnte, on a donné au Conseil les ordres précis pour l'affaire dont vous m'escrivez.

' Henri-Louis Chasteigner de La Rocbe-Posay. qui fui ëvêque de Poitiers de 1611 à i65i.

Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719. tom. l.P 122 recto.

A M. LE DIC DE BREZÉ

[ Paris,] 3 octobre i(î63.

Monsieur,

Je sçay que vous ne manquerez jamais d'occasions pour Lien faire et pour estre heureux. Le dernier combat1 que vous venez de gagner après tant d'autres est une trop visible confirmation de cette vérité, et j'espère encore que, si vous rencontrez les ennemis, vous terminerez la campagne par quelque action non moins mémorable que la précédente. Vous pouvez penser, outre l'avantage qui en revient à Sa Majesté, combien vos prospérités me sont sensibles, et avec quelle satisfaction je voy les progrès de vostre gloire et la justice du choix que le l'eu Roy fit de vostre personne pour commander ses armées navales.

Ouoy qu'il en soit, vous n'aurez jamais rien à désirer, si vous avez tout le bien que je vous souhaite, et je n'auray jamais de plus pariait contentement que quand je pourray vous tesmoigner par effet que je suis plus que personne du inonde, etc.

/'. S. J'attends avec impatience la fin de la campagne pour avoir le contentement de vous voir icy, et pour vous tesmoigner l'estime en laquelle j'ay vostre personne et la passion que j'av pour vos interests, qui n'est pas moindre que pour les niions propres. L'argent pour les monstres du desbarquenionl a esté ordonné.

Victoire de Car thagène, remportée pai mille marins ou soldais de cette nation

I amiral de Brézé sur la flotte espagnole, périrent dans le combat. L'amiral de Brézé

dans les premiers jours de septembre. ( \ o\ . resta complètement maître de la mer. rHos-

pour les détails, La Barde, De rébus Gai- tibosabnuentibuspugnam,acfurtim,caute

Ucie, lib. I. p. ")f>. 07. 58, 5q.) Huit na- el explorato, uec nisi procul attelasse nostra

vires espagnols forent coulés à fond, el trois navigantibus. * (Ibid. p. 5g.)

HAZARIN. I. 5l

i ktobre i643.

QCLXXXI.

Miinusc. de la Bibliolb. Mazarine. a0 1719, tom. I. f" 122 verso.

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