A M. LE MARESCHAL DE LA MOME
Paris,] 3 octobre ililx'i.
Monsieur.
Le sieur de Livry1 nous a fait ie rapport de ce qui s'est passé à Ja levée du siège de Flix par les Espagnols2. Gela ne m'a point surpris; j'ay tousjours çr.eu qu'il n'y avoit que les occasions qui eussent manqué à vostre valeur pour nous faire voir des succès dignes de l'opinion que nous en avons. J'estime que vous n'en demeurerez pas là, et que la campagne ne se terminera point que vous ne la signaliez par quelque action plus mémorable que la précédente. Outre le zèle que vous avez pour le service du Roy, qui vous sollicitera tousjours à bien faire, vous avez cet advantage d'avoir fait sortir de Madrid un roy d'Espagne pour venir s'opposer à vous avec ses meilleures forces et ses plus grands capitaines3. La Reyne a eu grande satisfaction de ce qui s'est fait et en attend encore une plus grande de ce qu'elle se promet que vous fairez. Pour moy vous ne douterez point que je ne prenne tousjours la part que je vous ay protestée à tout ce qui vous arrivera, |)iiis(|ii il est impossible que personne soit plus que moy, etc.
1 II s'agit probablement dans ce passage de Claude Sanguin, seigneur de Livry, qui devint dans la suite premier maître d'hôtel du Roi.
2 On peut consulter sur cet événement l'Histoire de La Barde {De rébus GalUcis, [>. 60): »Eo corn hostes navibus advenissenl alquc exscendissent. haud procul oppido post vicinos colles taciti CODSedere, donec Garaius (Jean de Garaii) cum relierais
copiis adveniret. Tum. . . . Catalani, cum sua quisque cohorte, hostes adorti quadringenios cecidere.»
3 Le roi d'Espagne, Philippe III, tenta en effet d'attaquer Fleix; mais ses troupes furent repoussées. irRecensito liistratoque exercitn, Pbilippus quid tîeri placerel edicit :■ Ilerdam ad Sicorim, aut Flixium ad Iberum omnes hostes ituri videbantur, " etc. (La Barde. De rébus GalUcis, p. 60.)
Wi LETTRES
Octobre 16/1 3.
CCLXXXIIL Manusc. de la Bibliolh. Mazarine. d 171»), tom. I. 1 122 verso.