‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 144 sur 335 · A M. LE DUC DE LA FORCE · texte numérisé non relu

A M. LE DUC DE LA FORCE

| l'aris, ] .'< octobre i643.

Monsieur,

Connue je n'a y jamais douté de la passion que vous avez pour le repos de i'Estat, j'ay creu aussy que personne ne pouvoit agir avec plus d'autorité sur les esprits de ceux de vostre religion pour les esclaircir des bonnes intentions de Sa Majesté en leur endroit. Les asseurances que vous leur en avez données leur seront tousjours confirmées par les effets, et le temps leur faira voir que la Reyne protégera sans distinction et honorera de ses bienfaits ceux qui, par une sainte émulation, s'exciteront à rendre au Roy l'obéissance qui luy est deue. C'est sa résolution ferme et inviolable, dans laquelle je la fortifiera y tousjours tant qu'elle me faira l'honneur de se vouloir servir de mes conseils, et c'est de quoy je vous conjure de vouloir tousjours raffraischir la créance parmy ceux à qui vos sentimens servent de loy.

Vous n'ignorez pas plus que moy combien sont subtils les artiffices des ennemis de cette Couronne 1)011)- y introduire la division cl le trouble, et vous sçavez qu'il n'y a point de machine qu'ils ne fassent jouer, ni de religion qui ne leur soit bonne pour parvenir à cette tin. C'est pourquoy, comme de la concorde des François despend le bonheur des affaires estrangères et l'acheminement à la paix, qui les doit rendre heureux, j'estime que les bons serviteurs du Roy et les vrays amateurs de leur patrie doivent apporter tous leurs soins pour maintenir cette concorde et pour estouffer toutes les semences de brouillerie que les mauvais esprits pourroient faire naistre.

Pour vous, je suis asseuré que vous continuerez comme vous avez commencé, et qu'ayant tant contribué, avec les armes, à la grandeur de cet Estât et aux prospérités de la France, vous ayderez à maintenu-

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ces avantages par vos conseils et par les impressions que vous donnerez Octobn à ceux dont on tascheroit de corrompre la fidélité que les sujets doivent -au prince. Si la Reyne n'estoit très-persuadée du zèle que vous avez pour le Roy en qualité de bon François, et de la tendresse particulier» que vous avez toujours eue pour le sang de Henry le Grand, je m 01frirois d'estre vostre caution pour ce sujet; mais d'autant que ce sëroil une chose superflue, je me contenteray de vous dire que je rechercheray tousjours avec grand soin les occasions où je vous puisse tesmoigner que les interests de. vostre maison me sont chers, et que je suis avec toute sorte de vérité et de passion, etc.

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