‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 180 sur 335 · A M. LE MAJOR GENERAL D'ERLACH · texte numérisé non relu

A M. LE MAJOR GENERAL D'ERLACH

[Paris,] 11 décembre 1 663.

Monsieur,

Je vous escris celle-cy en faveur de M. l'evesque de Basle, pour vous prier de protéger ses interests en tout ce qui ne sera pas contre la raison et ne portera point de préjudice au service de Sa Majesté. J'estime qu'il est à propos que vous fermiez les yeux à beaucoup de petites choses et de petite conséquence, qu'on luy pourroit disputer avec quelque couleur de justice, pour faire voir au monde combien nous sommes [attentifs] à conserver à l'Eglise tout ce qui luy appartient, et pour oster à nos ennemis tout prétexte de nous descrier de ce costé-là. Je ne doute point que vous ne le lassiez ainsy pour le contentement • le la Reyne, à laquelle vous ne sçauriez faire chose plus agréable, ei je veux croire que vous considérerez encore la prière que je vous en fais, et que vous obligerez, en cette occasion, celuy qui sera tousjours, etc.

Décembre i643.

CCCLVIH.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719- tom. I. I" \hh verso.

V M. DE LA THUILLER1E.

Paris, | 1 1 décembre 1 (> 13.

Monsieui

.le ne doute point que, estant en Hollande, vous n'ayez ou\ les plaintes

que l'ail le ro\ de Portugal des attentats qu'il dit avoir este commis, à son grand préjudice, par les -nus de la Compagnie des Indes occiden-

•ëccmbre talcs1. S'il est vray ce que ses ministres en publient, c'esl un procédé de mauvais exemple, el qui, je m'asseure, ne sera pas seulement desavoué, mais contraint encore d'estre reparé par messieurs les Estats, comme une infraction [à l'alliance] faite par eux avec le roy de Portugal. Son ambassadeur résidant en cette Cour a désiré que le Ro\ interposas! son autorité el ses ollices pour tascfaer de lui obtenir une satisfaction ei réparation raisonnable des susdits attentats.

C'est à quoy je vous supplie de vous employer de la part de Sa Majesté, et de tascher de faire comprendre à ces Messieurs, supposé que la chose soit ainsy, quelle bresche ils fairoient à leur réputation, s'ils soulTroient que leurs gens violassent impunément les confédérations faites avec leurs voisins, et quel avantage en tireroit leur commun ennemy, s'il voyoit naistre la division entre des Princes dont la bonne intelligence vient à grande peine d'estre establie.

Je me persuade qu'ils n'ont pas besoin d'estre exhortés à cela, et (fu ils sont trop jaloux de la fermeté de leurs traités pour manquer à en faire reparer les infractions. J'estime que toute la difliculté consistera à faire esclaircir et veriffier la question du fait, et que, après cela, ces Messieurs fairont raison au roy de Portugal en ce qui sera trouvé juste. Aussy ce que Sa Majesté en fait, en intervenant à celle affaire, est plustost pour donner cette satisfaction à l'ambassadeur de Portugal, qui la désire, que pour avoir creu qu'il en fust besoin.

Je laisse à vostre prudence et à vostre expérience [le soin de gouverner tout cecy; je vous ay voulu seulement designer l'intention de Sa Majesté. Croyez que personne ne sera plus que moy2, etc.

1 Compagnie hollandaise établie au com- ? Voyez, aux Analyses, l'indication d'un

mencement du xvne siècle pour exploiter le Mémoire, en date du i5 décembre i643,

commerce de l'Amérique , que l'on désignait adressé par Mazarin aux plénipotentiaires

alors sous le nom d'Indes occidentales. sur l'irruption des Suédois dans le Holstein.

CGGLIX.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° iù5 recto.

A M. D'AVAUX

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