‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 182 sur 335 · ALTERE PROVINCIAL MAZARINI, A ROME · texte numérisé non relu

ALTERE PROVINCIAL MAZARINI, A ROME

De Paris, le 18 décembre 16 '1 3.

L'empressement que je mets à exécuter tout ce qui peut être agréable à M8T le cardinal Antonio m'a fait beaucoup souffrir de la conduite qu'on a tenue dans l'affaire de Mgr Sforza. Son Eminence a eu grand tort de ne me point faire connaître à l'avance son intention; j'aurais disposé les choses de manière à ce qu'il n'y eût aucune difficulté dans la mission dudit Monseigneur, sans toutefois porter atteinte au droit acquis de la France, lequel veut qu'on ne nomme aucun nonce avant de s'être assuré préalablement qu'il sera agréable.

Je n'ai pas de puissants motifs de me louer de Mgr Sforza : il a tenu devant

1 Michel Mazarin, provincial de l'ordre 2 Antonio Barberini , neveu du pape

des Dominicains et frère du ministre. Urbain VIII.

il quale con diverse persone ha tenuto discorsi poco avvantaggiosi alla Décembre mia persona, non ricordevole dell' afïetto, con che in ogni tempo l'Iio servito, ed ha fatto professione di aderire e stringersi d' amicitia con quelli che non erano uniti meco; ad ogni modo condonando li discorsi alla sua natura libéra, e le amicitie, che ha procurato, alla credenza, che ha havuto, che ciô dovesse essere più giovevole a i suoi interessi, i quali, nel concetto di detto Monsignore, vanno avanti ad ogn' altra consideratione, io mi sarei ciecamente portalo a servire il signor cardinale Antonio nella persona di detto Monsignore. Ma il negotio è hoggi in stato, che non vedo dpertura d'incontrare il gusto di Sua Eminenza. Mentre essendosi essaminalo in Consiglio quanto scrive in questa materia il signor cardinale Grimai di; è parso che non si possi prendere rissolutione favorevole alla persona di monsignore Sforza nel punto délia nuntiatura, poiche per una parte si vede l'ambasciadore hnpegnato più di quello cli' era necessario, e per l' altra essendo questa la prima missione, che si faria nella Hegenza, si riceverebhe prcgiudizio, ammettendone uno, che contro la forma tenula sin' hora di sapere ante-

diverses personnes des discours peu avantageux sur moi; il ne s'est pas souvenu de l'affection avec laquelle je l'ai servi en tout temps; il a affecté de s'unir et de se lier d'amitié avec tous ceux qui n'étaient pas bien avec moi. Toutefois, en rejetant avec indulgence ces propos sur son caractère indépendant, et en attribuant les nouvelles amitiés qu'il a contactées à l'idée qu'il a eue que cela devait être plus favorable à ses intérêts, qui, dans la pensée dudit Monseigneur, passent avant tout, je me serais aveuglément laissé aller à Bervir \b le cardinal Antonio dans la personne dudil Monseigneur [Sforza]. M. us aujourd'hui l'affaire en est à un tel point, que je ne vois pas le moven d'être agréable à Son Ëminence. On a examiné dans le Conseil tout ce qu'écril à ce sujet le cardinal Grimaldi; on a été d'avis qu'on ne pouvait prendre de résolution favorable à M* Sforza sur le point de la nonciature, puisque, d'un côté, l'ambassadeur se voit engagé plus qu'il n'était nécessaire, et que, de I autre, celte mission étant la première qui aurait lieu pendant la Régence, on ('prouverait un préjudice si l'on acceptait un homme qui, au su de tout le

Décembre cedentemente il gusto di SuaMaestà, si sa pul)l)licamcnte essere stato 1 6A3. •,.

destinato a qucsta canca.

Qucsti sono li sensi ciel Consiglio, che saranno scritti dal conte di Bricnne c dal cardinale Grimaldi, ed aflinche il signor cardinale Antonio conosca la stima, che si fa qui délia sua persona, délia quale la Maestà délia Regina parla in pubblico e privato con termini di grandissimo affetto, non si ricuserà di fare ogni diligenza immaginabile per F avanzamento del detto Monsignore a dignité rnaggiorechequella délia nuntiatura, e l' Eminenza Sua sarà arbitra in questo caso dell' entrate ed altre comodità, che vorrà se li diano dalla Francia, senza che Sua Santità in promoverlo debba darli una minima assistenza. Questo sarebbe un colpo degno del signor cardinale Antonio, e non si vede che ostacolo possa incontrarsi, havuto riguardo alla chiarezza de' natali del detto Signore, al carattere che ha di servitore di Sua Eminenza, ed a i servitii che per lungo corso d' anni ha resi alla Santa Sede. E perche Sua Eminenza, nella cifra che mi scrive, fa gran forza sopra la buona

monde, aurait reçu cette mission contrairement à l'usage suivi jusqu'ici de s'assurer préalablement de l'agrément de Sa Majesté.

Tels sont les sentiments du Conseil, lesquels seront transmis par le comte de Brienne et par le cardinal Grimaldi; et afin que Mgr le cardinal Antonio sache l'estime qu'on a ici pour sa personne, dont Sa Majesté la Reine parle, en public et en particulier, en termes pleins d'affection, on ne refusera pas de faire toutes les diligences imaginables pour l'élévation dudit Monseigneur à des dignités plus grandes que celle de nonce; et Son Eminence (Antonio) décidera elle-même dans ce cas des pensions et autres avantages qu'elle désirera être accordés à Sforza par la France, sans que Sa Sainteté en l'élevant ait besoin de lui donner la moindre assistance. Ce serait un trait digne de Mgr le cardinal Antonio, et l'on ne voit pas quel obstacle pourrait s'élever, puisqu'on aurait eu égard à la naissance dudit Monseigneur, à son titre de serviteur de Son Eminence, et aux services qu'il a rendus pendant de longues années au Saint-Siège. Comme Son Eminence, dans la lettre en chiffres qu'elle m'écrit, insiste beaucoup sur la bonne volonté qu'on a toujours eue

volontà, che si è sempre havuta perl' avvantaggio di monsignore Sforza. Décembn devo dire che quella del Re e Cardinale defunto l non fu mai per haverlo Nuntio, ma si bene per cooperare al suo cardinalato e darli grosse rendite; e che sia il vero il detto Cardinale scrisse positivamentc al cardinale de Bagni acciô s' inviasse qui Grimaldi e non lui, poiche era parso al detto Cardinale (considerate le manière e natura di Sforza) che, nel detto impiego in questa Corte, non liavrebbe data ne ricevuta sodisfattione.

E se il Cardinale, che haveva 1 authorità che il mondo sa, servendo un Re glorioso, ed in età provelta, non giudicô proprio per la nuntiatura il cervello di monsignore Sforza, questi ministri non sanno vedere corne possi esserlo nel comincianiento d' una Regenza, ail' hora che sono tuttc le porte aperte agi' intrighi e caballe.

E perô certo, che. appresso di me ha tanta forza il gusto del signor cardinale Antonio, che, senza le considerationi allegate nel principio.

de faire avancer Mgr Sforza, je dois dire que l'intention du Roi, ainsi que celle du feu Cardinal, ne fut jamais de l'avoir pour nonce, mais de coopérer à son cardinalat et de lui donner de gros revenus. La vérité est que feu le Cardinal écrivit positivement au cardinal de Bagni pour qu'on envoyât ici Grimaldi et non Sforza, parce qu'il avait paru au Cardinal, vu les manières et le caractère de Sforza, que, dans ledit emploi près de notre Cour, il ne donnerait ni ne recevrait aucune satisfaction.

Si le Cardinal, qui avait l'autorité que le monde sait, qui servait un puissant monarque, qui était dans un âge avancé, ne jugea pas propre à la nonciature l'esprit de ^lRr Sforza, nos ministres ne peuvent se figurer comment il pourrait l'être au commencement d'une Régence, alors que toutes les portes sont ouvertes aux intrigues et aux cabales.

Et pourtant il est certain que le bon plaisir de Mgr le cardinal Antonio a tant de pouvoir sur moi, que, sans les considérations alléguées plus haut, je me serais évertué à surmonter tous les autres obstacles, afin de satisfaire

' Le cardinal de Richelieu.

Décembre mi sarci afl'alicalo per surmontare ogn' altro inloppo, a fine di sodisfare alla passione, che Jio di far conoscere al signor cardinale Antonio, clie non lia in effetto servitore più devolo e partiale di nie.

Yi prego vivamente a stendervi in (jnesto particolare ed assicurarne in modo Sua Eminenza, che per nessuno accidente possi mai dubitarne. E certo, se io non credessi, nel posto in che sono, di poter esscre utile in qualche modo al servitio del detto Signorc, sarei inconsolabiie. Ama Sua Eminenza troppo gT interessi di questaCorona, e m'ha compartiti gli efletti dell' araor suo con troppa liberalità e tenerezza, per non tare in ogni tempo sincera professione d'uno de più partiali servitori che habbia. Se non fa dimostrationi più publiche e précise del suo affetto verso questa Corona, Sua Eminenza è compatila, poiche non dubitandosi délia volontà, sono noti i rispetti che l' impediscono al présente di propalarla.

La Sede Apostolica e la Santità di Nostro Signore ricevono non poco pregiudizio dal ministero del cardinale Barberino, che, quando

le désir ardent que j'ai de témoigner à Mgr le cardinal Antonio que réellement il n'a pas de serviteur plus dévoué et plus affectionné que moi.

Je vous prie instamment de vous étendre sur ce point et d'en convaincre si bien Son Eminence, qu'elle ne puisse, quoi qu'il arrive, en avoir le moindre doute. Certainement, si je ne croyais, dans le poste que j'occupe, pouvoir être d'une manière quelconque utile au service dudit Monseigneur, j'en serais inconsolable. Son Eminence aime trop notre Couronne; elle m'a donné des marques de son amitié avec trop de générosité et de délicatesse, pour que je ne fasse pas de tout temps la sincère profession d'être un des plus dévoués serviteurs qu'elle puisse avoir. Si elle ne fait pas des démonstrations plus publiques et plus formelles de son attachement à la couronne de France, on plaint Son Eminence, parce que, tout en ne doutant pas de son bon vouloir, on connaît les considérations qui l'empêchent pour le moment de le manifester.

Le Siège apostolique et Sa Sainteté éprouvent un grand préjudice du ministère du cardinal Barberini, qui, tandis que lui-même méprise et offense

disprezza ed offende tutti, si duole che ciascheduno non precipiti a Décembre sposare Je sue passioni ed hazardare tutto per servirlo. lo per me ho fatto c farô sempre quello dovrô per servitio délia Santa Sede; e trà tanto godo di vedere essaltare il cardinale Antonio, ancorche imbarcato in una nave governata da un piloto, che ponc ogni studio per naufragare.

Godo ancora de i concetti, che communeniente si hanno, che non sarebbe cosi, se toccasse al cardinale Antonio di governare, e di vedere che li nemici medesimi délia sua Casa, e quelli che detrahono per ogni verso al cardinale Barberino, confessino che, in tutte queste borasche, il cardinale Antonio ha acquistata gran riputationc nella guerra, e gran Iode in aiïaligarsi per la pace tanto necessaria al benc délia Chrislianità ed ail' interesse particolare délia Sede Apostolica e délia sua Casa.

Non s' inganna il signor cardinale Antonio in credere, che il suo riguardo impedisca, che si l'accia da questa parte molle cose, aile quali obbligarebbe il modo cou che traita gl' intercssi di questa Coroua il

tout ic inonde, se plaint de ce que chacun ne se précipite pas pour épouser ses passions et risquer tout pour le servir. Quant à moi, j'ai fait et je ferai toujours ce que je devrai pour le Saint-Siège. En attendant, je suis charmé de voir s'élever le cardinal Antonio, encore qu'il soit embarqué sur un navire gouverné par un pilote qui met toute son étude à faire naufrage.

Je suis encore enchanté de l'opinion qu'on a généralement, qu'il n'en sérail pas de même si le gouvernail était aux mains du cardinal Antonio; je suis heureux de voir que même les ennemis de sa maison et ceux qui rabaissent de toute manière le cardinal Barberini confessent que, dans toutes les bourrasques de ce temps, le cardinal Antonio s'est acquis une grande réputation dans la guerre, et s'est fait un grand honneur en se donnant tant de mal pour la |>;n\. si nécessaire au bonheur de la Chrétienté et aux intérêts particuliers du Siège apostolique el de la maison Barberine.

MKr le cardinal Antonio ne se trompe pas en croyant (pie la considération qu'on a pour lui empêche de faire bien des choses (pic nous forcerait de faire

Décembre cardinale Barberino. E per quanto mi sarà possibile, io terrô la mano, perche il medesimo riguardo faccia l' istesso effetto ail' avenire. Ma sarebbe hormai tempo, clie il detto Signore si risvegliasse ed abbracciasse gli espedienti, clie i suoi migliori servitori credono pi Ci proprii per il bcne délia Sede Apostolica, per la sua riputalione e per gl' interessi délia Casa sua.

Non saprei esprimervi a quai segno mi senlo obbligato délia tenerezza, clie il cardinale Antonio mi testifica per li pericoli che io posso correre, nel poslo che io tengo in un regno ove non si vede volentieri tanto credito ed authorità in un straniero, ancorche le mie intentiom siano intieramente volte, senza alcun' interesse particolare, alla gloria ed avvantaggio délia Corona, al riposo e sollevamento di sudditi, ed a procurare il ripartimento délie gratie a i più meritevoli.

Se Sua Eminenza continua a desirare che si li mandi il segretario francese, si farà subito; e vaglia il vero gli accidenti seguiti m' hanno fatto dimenticare 1' essecutione di questo negotio.

la manière dont le cardinal Barberini traite les intérêts de la couronne de France. Autant qu'il me sera possible, je tiendrai la main à ce que la même considération pour lui produise le même effet à l'avenir; mais il serait grand temps que ledit seigneur se réveillât et employât tous les moyens que ses meilleurs amis regardent comme les plus convenables pour le bien du Siège apostolique, pour sa réputation et pour les intérêts de sa maison.

Je ne saurais vous exprimer à quel point je me sens enchaîné par la tendresse que le cardinal Antonio me témoigne, au sujet des dangers que je puis courir dans le poste que j'occupe dans un royaume où l'on ne voit pas volontiers tant de crédit et tant d'autorité entre les mains d'un étranger, quoique mes intentions aient pour unique but, sans aucun intérêt particulier, la gloire et le bonheur du Royaume, le repos et le soulagement des sujets, le soin de dispenser les faveurs aux plus méritants.

Si Son Eminence désire encore qu'on lui envoie le secrétaire français, on le fera tout de suite. 11 faut dire la vérité, les incidents survenus m'ont fait oublier cette affaire.

DU CARDINAL MAZAR1N. 505

Sarebbe grandissima disgratia del cardinale Bichi, se cadesse in Décembre pensiero d' alcuno, e particolarmente del signor cardinale Antonio, che havesse havuto mira di escludere Sforza délia nunciatura; poiche sopra l' honore mio posso assicurare che non vi ha pensato. In oltre , dalla purn verità son costretto a far pervenire col mezzo vostro al signor cardinale Antonio, che non si puo immaginabilmente scrivere pin ail' avvantaggio di Sua Eminenza di quello fa il cardinale Bichi in tutti li suoi dispacci; li quali si leggono, corne tutti gli altri, alla Regina nel Consiglio; ed il detto Signore scrive a me con tanta sodisfattione delf Eminenza Sua e con tanta rissolutione di servirla senza alcuna riserva, che ne ho goduto più d'una volta in me medesimo, e dal capitale che potrà farne negli accidcnti, che possono succedere alla persona del signor cardinale Antonio. Sua Eminenza vedrà in effetti se per giustitia mi si deve il titolo di suo buon scrvitore.

Non si pensa a dare per hora alcun impiego a M. di Noyers, il quale è ben spesso in casa mia, con protestationi di non voler dependere mai da altri che da me.

Ce serait un très-grand désagrément pour le cardinal Bichi, s'il venait à la pensée de quelqu'un, et surtout de Mgr le cardinal Antonio, qu'il ait travaillé à exclure Sforza de la nonciature; car, sur mon honneur, je puis assurer qu'il n'y a pas pensé. En outre, la pure vérité me force à faire savoir par vous à MgT le cardinal Antonio qu'on ne saurait imaginer comment on pourrait écrire plus à l'avantage de Son Eminencc que ne le fait le cardinal Bichi dans toutes ses dépêches, qui sont lues, comme toutes les autres, à la Reine dans le Conseil; et ledit Monseigneur se montre, dans les lettres qu'il m'écrit, si satisfait de Son Eminencc et si résolu à la servir sans aucune réserve, que je me suis réjoui plus d'une fois en moi-même de cette disposition et du fond qu'on pourra faire sur ce cardinal dans les accidents qui peuvent arriver à la personne de M** le cardinal Antonio. Son Eminence verra par les effets si, en bonne justice, elle me doit le titre de son fidèle serviteur.

On ne pense pas pour L'heure à donner aucun emploi à M. de Noyers, qui vient bien souvent chez moi en me protestant qu'il ne veut plus dépendre d'aucun autre que de moi.

MA/ UIIV I. 6-'l

Décembre Desidero che voi caviate copia di tulto quelle die riguarda la nimtiatura di monsignore Sforza, per farla tenere subilo al signor cardinale Bicl.i.

Al signor cardinale Theodoli ed al inarchcse suo fratello si manderanno col primo ordinario tutti' le speditioni necessarie.

Non ricuso il présente che mi vuol fare il signor cardinale Antonio, essendo di già in possesso con mia confusione di continuati segni délia sua generosità ; e sarà mia cura , con la prima occasione; d' inviarli quaiche galanteria di quelle che produce questo clima, che crederô poter essere conforme al suo genio.

Già ho scritto che la Maestà délia Regina vi ha accordata la pensione di mille scudi; la meta délia quale ho pregato il signor cardinale Bichi di pagarvi. Sarà mia cura di farvi pagare quanto prima tutta la somma, ed in questa conformità io scrivo al Benedetti di non continuarvi più 1' assistenza che io vi dava.

Dovrcte fare una copia di tutto quello è contenuto in questa cifra

Je désire que vous fassiez faire une copie de tout ce qui regarde la nonciature de Mgr Sforza, pour la faire remettre sur-le-champ à Mgr le cardinal Bichi.

A Mgr le cardinal Theodoli et au marquis son frère on enverra, par le premier ordinaire, toutes les expéditions nécessaires.

Je ne refuse pas le présent que me veut faire Mgr le cardinal Antonio : il est en possession de me confondre par des marques continuelles de sa générosité. Je m'occuperai de lui envoyer, à la première occasion, quelqu'une des choses que produit le climat de France, que je croirai pouvoir lui être agréable.

J'ai déjà écrit que Sa Majesté la Reine vous a accordé la pension de mille écus; j'ai prié Mgr le cardinal Bichi de vous en payer la moitié. Je penserai à vous en faire compter le reste le plus tôt possible, et, en conséquence, j'écris à Benedetti de ne plus continuer le subside que je vous donnais.

Vous devrez faire une copie de tout ce qui peut se montrer de cette lettre

ostensibile, per communicarlo al signor cardinale Antonio, trovandosi Décembre costi, od inviargliela per strada sicura, in modo che non possi essere veduta da altri quando sia fuori.

Rendo ancora humilissime gratie al signor cardinale Antonio délia permissione, che ha data a Marco dell' Arpa di venire per qualche tempo a questa Corte.

Questo è quanto devo dirvi in risposta délia vostra lettera, e délia cifra di Sua Eminenza, alla quale farete ricapitare la qui congiunta, che li scrivo, quando sia assente délia Corte, ecc.

en chiffres, pour la communiquer à Mgr le cardinal Anlonio, s'il est chez lui, ou la lui envoyer par voie sûre, de manière qu'elle ne puisse être vue de personne, s'il est sorti.

Je présente encore mes très-humbles rem er ciments à Mg' le cardinal Antonio, pour la permission qu'il a donnée à Marco de la Arpa de venir pour quelque temps à cette Cour.

Voilà tout ce que j'ai à vous dire en réponse à votre lettre et à la lettre en chiffres de Son Eminence, à qui vous adresserez la ci-jointe, que je lui écris dans le cas où elle ne serait pas à la Cour, etc.

Maimsc. de la Ribliolli. Mazarine, n" 1719. loin. I. f1 i45 recto.

A M. D'A VAUX

rLEMPOTEKTIAIRE lit M MAJESTE POtll I.E TP.AITÉ DE PAIX GEÏUUI.I .

[ Paris, | i 9 déccmhrp ifi'i3.

Monsieur.

Gomme j'a vois esté très-sensiblement touché de la nouvelle de vôstre maladie, je ne le suis pas moins, quovque différemment, de celle de vostre convalescence; mais ma douleur s'est renouvelée par celle que je sça\ que vous aurez receue de la mort de madame vostre mère.

Décembre C'est toute la consolation que je vous puis donner, mais que je vous donne du plus profond de mon cœur, laissant à faire le reste à vostre raison, qui se sera trouvée préparée contre cet accident, et qui n'ignore rien de tout ce qu'on luy pourroit représenter pour en adoucir l'amertume.

Nous attendons vos avis sur le sujet de la disgrâce de l'armée d'Allemagne, qui est telle que je vous l'ay escrite par ma dernière. Mais quelle qu'elle soit, je vous puis asseurer qu'elle n'a fait que piquer le courage de la Reyne, pour en prendre la revanche, et pour réparer avec usure ce qui s'y est perdu de réputation et de force. Dès que nous aurons de vos nouvelles sur ce sujet, les effets ne tarderont pas à suivie les résolutions qui se prendront. La mienne pour ce qui vous regarde en particulier sera tousjours d'estre et avec passion, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719, tom. I, f° i 45 recto.

A M. DE LA THUILLERIE

[Paris,] 19 décembre i643.

Monsieur,

Je ne doute point que la disgrâce qui est arrivée à nostre armée d'Allemagne, qui est pourtant telle que vous l'aurez apprise par nos lettres et par celles de M. de Brienne, n'ayt altéré les bonnes resolutions que M. le duc de Neubourg avoit commencé de prendre: neantmoins, comme il a bien de la peine à en prendre de fixes et permanentes, il pourra revenir à son premier sentiment, dès qu'il verra les efforts que la France fait pour tirer raison de l'affront qu'elle a receu, qui a esté plus grand que la perte qu'elle a faite.

C'est sur quoy il faut faire beaucoup de bruit, qui ne sera pas vain, puisqu'il sera suivy des effets, et qu'on verra, la campagne prochaine, nos armes plus puissantes sans comparaison qu'elles n'ont encore

esté en Allemagne. Cette considération, qu'il faudra faire gouster à ce Décembre Prince, avec le ressentiment de l'injure que l'Empereur luy veut faire en luy ostant la direction des armes du cercle westphalique, qui lui appartient légitimement, pourra surprendre son esprit et l'empescher de prendre party à nostre préjudice.

Dès que nous aurons vos avis sur ce. qui se peut traiter avec madame la landgrave de Hesse pour faire des levées dans la Westphalie, nous ne manquerons pas de faire, et promptement, tout ce qu'il faudra pour l'exécution des resolutions qui se prendront. Ce pendant vous continuerez de fortifier les offices que fait le résident hessien auprès de messieurs les Estats pour en tirer quelques secours, attendant les subventions de la France; mais ce qu'il faudra le plus presser, attendant cela, et sur quoy il y a plus de fondement à faire, c'est vers messieurs les plénipotentiaires de Suède, pour rappeler Kœnismark vers le Weser, maintenant qu'il sera desbarrassé de l'affaire de la Pomeranie. Je vous escris cecy plus par forme que par besoin que vous en ayez, sçachant bien que vous n'omettrez rien de ce qui regarde le service de Sa Majesté et le bien de ses alliés; ce qui me faira finir, après mes protestations que je seray tousjours, etc.

CCCLXIII.

Ylanusc. de la BibHoth. Mazarine, n° 1719, lom. I. ï" t/ib verso.

A M. LE MARESCHAL DE TURENNE

[Paris,] 19 décembre i6àï.

Monsieur,

Nous attendons avec impatience de vos nouvelles, et vos avis pour ce qui concerne l'armée, pour former là-dessus nos dernières résolutions, et prendre nos mesures en ce qu'il conviendra de faire. Vous devez vous asseurer qu'on n'espargnera rien de tout ce qui sera nécessaire pour rendre l'armée plus forte et plus complète qu'elle n'a

Décembre esté, et affin que vous soyez en estât de reparer la perte et regagner

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ta réputation perdue, vous sçavez que, outre Je service du Boy et ie

bien de ses affairés, je me pique particulièrement de vostre gloire, et que. dans la passion que j'ay pour ce qui vous touche, il me semble qu'il se taira quelque reflexion sur moy de celle que vous acquerrez.

J'a\ obtenu de M. le Prince que vostre régiment ayt son quartier dans la Bresse, affin qu'il vous puisse plus promptement et plus commodément joindre.

Nous avons jugé à propos d'envoyer le sieur Braschet, dont je connois le zèle et la capacité, pour servir sous M. de Tracy ; il en pourra tirer du soulagement et de très-utiles services. Je croy que vous le considérerez, et d'autant qu'il le mérite, et d'autant que je l'affectionne.

J'ay travaillé aux despesches que M. Le Tellicr vous envoyé, et à celles qu'il escrit à M. de Tracy, auxquelles je n'ay rien à ajouster, sinon qu'il sera à propos que vous nous fassiez sçavoir au plus tost les desseins que vous formerez pour faire agir l'armée, quand il sera temps : vous en conférerez, s'il vous plaist, avec M. d'Erlac, qui pourra faire icy un court voyage pour nous en faire le rapport et vous rapporter aussy les resolutions que nous prendrons là-dessus.

Ne perdez point de temps à préparer l'esquipage de l'artillerie, et prenez garde surtout que le baron de Coupet, qui fait des levées en Suisse pour les Vénitiens, ne desbauche de nos troupes.

Je travaille pour vous envoyer mille soldats suisses, tirés des corps qui sont, il y a longtemps, dans le service, et qui serviront partout où l'on voudra contre la maison d'Austriche. Je ne sçay si j'en pourray venir à bout, mais, si je le puis, je croiray avoir fait un coup considérable.

J'ay obtenu de la Beyne que M. le colonel Marsin T allast servir en Allemagne, en qualité de mareschal de camp, estant certain qu'il le mérite et qu'il a toutes les conditions nécessaires pour remplir cette charge, outre qu'il est parfaitement mon amy et le vostre.

' Marsin, on Marchin, elail un des capitaines qui s'étaient distingués sous le prince de Condé.

DU CARDINAL MAZAR1N. 511

J'estime qu'il sera à propos de faire un magasin de vivres à Brisach, Décembre estant impossible que vous n'en ayez besoin, quelque resolution que vous preniez ; mais pour cela il faut adresse et secret pour arrester des bleds avant que ce dessein soit exécuté, d'où l'augmentation du prix s'ensuivroit infailliblement. Vous sçavez quel est le mérite de M. d'Erlac, et en quelle considération sont icy ses services et son zèle pour la France. C'est pourquoy je vous conjure sur toutes choses de faire en sorte que le sieur d'Oysonville règle tellement sa conduite eu son endroit, qu'il en demeure satisfait, et qu'il se forme entre eux une bonne correspondance. Enfin je vous conjure derechef de vous asseurer que je vous serviray de bonne façon, et que je ne me reserveray jamais rien [c'est-à-dire, je n'épargnerai jamais rien] pour vous faire voir qu'il est impossible que personne soit plus que moy, etc.

Manusc. de In Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I. f° î&G reclo.

A M. DE TRACY

[Paris,] 19 décembre i643.

Monsieur.

Je vous ay escrit amplement par mes précédentes, et vous serez informé si particulièrement, par les despesclies de M. Le Tellier, de tout ce <|iii concerne 1 armée, que je n'ay rien à y ajousler par celle-c\. sinon de vous conjurer de continuer et de croire que vos services De ma tiqueront point de reconnoissance. Je ne vous prie point, dans le soin gênerai (pie vousprendrezdes soldats qui se sauveront des ennemis, de n'oublier pas les Italiens, puisque je suis certain que vous en aurez un soin particulier pour l'amour de moy. Quant aux François, j'estime qu'il sera à propos d'en fortifier les vieilles troupes.

Bien que vous so\cz dans l'embarras et dans le tumulte de la guerre. j<- ne fais point difficulté de vous adresser un mémoire délivres, pour

Décembre me les faire retourner de Basic, où ils se trouveront vraisemblablement. Je ne vous prescris point les adresses pour me les faire tenir, que vous pourrez sçavoir mieux que moi. Asseurez-vous que, en re- \ anche, je ne pcrdray point d'occasion de vous tesmoigner que je suis véritablement, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. loin. I. f° 1/16 reclo.

A M. LE GENERAL-MAJOR D'ERLACH

[Paris,] 19 décembre i6i3.

Monsieur,

Nous avons sceu les grands devoirs que vous avez laits dans la disgrâce qui est arrivée à l'armée du Roy. Je vous puis asseurer que la Reyne en a un bien particulier ressentiment, et que ce ressentiment sera suivy d'effets dignes de sa générosité et de vos services. Je vous conjure seulement de continuer, et de croire que vous ne manquerez point de deçà des subventions nécessaires pour tenir toutes choses en bon estât.

Vous aurez veu, par mes précédentes, comme on a ordonné une somme d'argent considérable pour les fortifications et garnisons des places de l'Alsace. On n'en demeurera pas là, et on ne laissera rien à l'aire de tout ce qui se devra pour le bien et la seureté de cette province. On escrit fortement à M. d'Oysonville , affin qu'il vous rende toute la defference qui vous est deue, et qu'il règle tellement sa conduite en vostre endroit que, à l'avenir, vous ayez sujet de vous en louer. Je me promets qu'il n'y manquera point, puisque telle est l'intention de Sa Majesté. Pour moy, vous ne devez point douter que je n'aye autant d'affection pour vos interests que pour les miens propres, et que je n'en prenne le mesme soin. Pour cet effet, vous me fairiez grand tort, si vous vous adressiez à d'autres qu'à moy, qui désire passionnément vous tesmoigner que je suis plus que personne du monde, etc.

DU CARDINAL MAZAR1N. 513

Manusc. de la Riblioth. Mazarine, n° 1719- toni. I, f0 1/1 G recto.

A M. DE ROQUESERVIÈRES1.

[Paris,] 30 décembre i G63.

Monsieur,

J'avois appris, par la lettre que vous avez escrite à M. Le Tellier, vos sentimens pour le restablissement de l'armée, et je suis bien ayse que les miens se soient rencontrés semblables, comme vous pourrez voir par l'envoy de M. le mareschal de Tu renne, et par une partie des ordres qui luy ont esté donnés. Je vous puis asseurer que la Ucyne est résolue de ne rien oublier pour prendre la revanche de l'affront que nous avons receu; et j'espère que l'armée se reflaira si belle et qu'on agira si puissamment la campagne prochaine en Allemagne, que nos ennemis jugeront que ce que nous avons essayé de faire, et qui a esté empesché par un malheur impreveu et inouy, n'estoit qu'une partie de ce que nous avons dessein d'y entreprendre à l'avenir. Pour cela, nous ne manquerons, Dieu aydant, ni de courage ni de puissance.

Ce pendant, comme vous estes un de ceux qui ont le plus utilement serv} le Roy en ce pays-là, je vous conjure de continuer et de vous asseurer que la Reyne considérera vos services comme ils le méritent. De ma part, je vous promets d'y contribuer tout ce qui despendra de moy. Je me charge du soin de vos interests, dont vous recevrez présentement quelque tesmoignage, attendant de plus grandes preuves, qui ne voiw manqueront pas en leur saison. De cela reposez-vous-en sur iuo\ . et croyez que je seray tousjours véritablement, etc.

P. S. Je vous dis derechef que je suis bien ayse d'avoir rencontré

' Roqueservières était, comme on le verra moires, qui opt été publias dans ['Histom

ci-après (p. 5 a 1), colonel d'an des régiments du mareschal de Guébriant, par Le Labou-

d<' l'armée d'Allemagne. Il s laissé sur les reur. — Il fat tué à la bataille de Fribourg-

campagnes de cette époque plusieurs mé- en-Brisgau, en i644.

MAZABM. — I. 6T>

51/i LETTRES

Décembre vos sentimens pour ce qui regarde l'armée, particulièrement pour l'esïection que la Reyne a faite de M. de Turenne. Vous apprendrez de luy quelque chose <|ui vous regarde, et le reste des depesches do M. LeTeHier.

CCCLXVII.

Manusc. «le la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 166 verso.

A M. LE COMTE DE HARCOURT

[Paris,] ih décembre i6/i3.

Monsieur,

Je vous plains dans les difficultés que vous rencontrez dans le cours de vostre négociation; mais il estoit impossible que cela n'arrivas!, et ce sero-it une chose bien extraordinaire que tant d'esprits se rendissent d'abord à une mesme resolution, et pour un sujet si jaloux et si chastouilleux que celluy que vous traitez. Il faut tascher de surmonter le tout avec la patience et l'adresse, et ne vous lasser point dans un chemin dont vous sortirez bientost, ou par l'impossibilité d'y réussir, ou par une bonne issue.

Pour ce qui est de vos interests, je vous diray seulement en gênerai qu'ils ne me sçauroient estre plus [chers] qu'ils sont. Le sieur Faret, que j'en ay entretenu, vous en escrira le particulier. Je fairay aussy la considération que je dois de la recommandation que vous me faites de la personne dudit sieur Faret et de celle de M. le baron de Mela\. L'un et l'autre connoistra, dans les occasions, qu'il ne tiendra pas à moy qu'ils n'ayent la satisfaction qu'ils désirent et dont je les estime très-dignes.

Je vous conjure de vous employer pour me faire recouvrer un livre dont vous trouverez le mémoire cy-joint, et de prendre ce soin pour l'amour de moy, qui suis avec plus de passion que personne du monde, etc.

GCCLXVIII.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. lom. I. f° i46 verso.

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