‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 184 sur 335 · INTENDANT E\ GUYENNE · texte numérisé non relu

INTENDANT E\ GUYENNE

[Paris,] 2/1 décembre 1 6 6 3 .

Monsieur,

Jaj veu, par relie que vous avea pris la peine de m'escrire du 12 du présent, le devoir que vous faites de bien servir le Roy dans la province de vostre intendance. Je vous conjure de continuer et de ne vous lasser poinl d avoir l'œil à tout ce qui s'y passera, affin de nous en avertir, si la chose le mérite. Je suis de vostre avis, et ne croy pas que

Décembre ceux de la R. P. R. y méditent du remuement, n'en ayant point de sujet, dans la resolution que la Revue a faite de les maintenir inviolablement dans les avantages dont ils jouissoient à la mort du feu Roy; de quoy vous leur pouvez donner des asseurances très-certaines. Ce pendant asseurez-vous que je ne manqueray point, dans les occasions, de faire valoir vostre mérite et vos services auprès de la Reyne, et de vous tesmoigner, etc.

Wamisc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 1/16 verso.

A M. BALTAZAR

CONSEILLER DU ROY EN SES CONSEILS ET INTENDANT DE LA JUSTICE EN LANGUEDOC.

[Paris,] 2/1 décembre i643.

Monsieur,

La procédure qu'a tenue M. le mareschal de Schomberg, sur la demande qu'ont faite ceux de la R. P. R. de Montpellier de mettre des cloches à leurs temples, ne pouvoit estre plus prudente, puisqu'elle n'altère rien des choses qui leur ont esté accordées par le feu Roy, et que la Reyne est résolue de leur maintenir. Mais ils auroient tort de rien prétendre au delà et de ne se contenter pas, sous la régence de la Reyne, de ce dont ils se sont contentés sous le règne précèdent. Vous voyez bien, si cela n'estoit pas, quelle en seroit la conséquence, et que, si l'on se relaschoit de ce point, combien cela iroit loin, et comme la facilité d'avoir obtenu les premières demandes attireroit la hardiesse d'en faire d'autres sans fin.

Vous devez neantmoins représenter cecy de telle façon à ces Messieurs, qu'il n'y paroisse nulle teinture de mauvaise volonté contre eux, mais que la Reyne et le bien de l'Estatle veulent ainsy, et que le contraire seroit une marque de mollesse pour la régence de la Reyne, qui l'exposeroit à mespris et à plusieurs autres fascheux inconveniens, qui

en resulteroient infailliblement; que, comme Sa Majesté est résolue de Décembre maintenir exactement Testât des choses que je viens de dire tel qu'elle l'a trouvé à son avènement à la Régence, elle ne pourroit aussy laisser faire quelque bresclie à l'autorité du Roy ; qu'en cela elle a les mains liées, n'estant pas maistresse mais dispensatrice et gardienne de cette autorité; et que, si les huguenots désirent d'autres grâces que celles dont ils jouissent, ils les doivent attendre de la majorité du prince et tascher de les mériter par l'obéissance et fidélité qu'ils luy rendront durant son bas âge; et c'est de quoy, ce me semble, ils se doivent piquer par une politique qui leur seroit fort utile, et d'agir en cecy par émulation avec les catholiques. 11 faut tascher de leur faire bien comprendre et gouster cepoinct, et surtout ne vous lassez pas de leur confirmer les asseurances et l'inviolable dessein qu'on a icy de maintenir les choses en Testât où elles estoient durant la vie du feu Roy.

Pour ce qui est de la peine que vous avez imposée au ministre d' , il faudra voir ce qu'elle produira. H y a neanlmoins apparence qu'elle sera la plus efficace et dont on se puisse le moins plaindre de toutes celles dont on sçauroit punir les ministres séditieux, le faict estant constant et bien verifiié. Vous nous donnerez avis des occasions particulières de temps en temps et qui méritent d'estre sceues. Cependant, croyez que personne ne sera jamais plus que moy, etc.

Manusc. de la Biblioth. Mnzarine, n° 1719, loin. I, f° 167 recto.

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