A M. LE MARESCHAL DE SCHOMBERG
[Paris,] a'i décembre 1 66 3.
Monsieur.
J'escris au long à M. Baltazar mes sentîmens touchant la procédure
que vous avez observée sur la demande des huguenots de Montpellier; cela est cause que je ne m'y arresteray point icy, pour vous parler de
Décembre vos inlercsls particuliers, et vous dire que \ous devez prendre confiance ;ui\ asseurances que je vous ay desjà plusieurs fois données que j'einpescheray tousjours de tout mon pouvoir que vous n'y receviez point de préjudice.
Nous travaillons ic\ à réparer la disgrâce qui est arrivée à l'armée du Roy en Allemagne par des accidens impreveus et inouïs; elle n'est pas telle neantmoins que les ennemis estrangers et domestiques la publient, puisque toute la cavallerie et la vieille infanterie s'est sauvée, à la reserve de deux brigades qui estoient dans Rottweil. J'espère que l'armée se trouvera, la campagne prochaine, plus forte et plus belle qu'elle n'a encore esté, et je m'asseure que vous ne desapprouverez point le choix que la Reyne a fait de M. le mareschal de Turenne pour la commander. Sa Majesté n'en demeurera pas là, et elle fait faire de puissantes levées en Allemagne pour contraindre plus puissamment les ennemis d'entendre à la paix, de laquelle ce dernier succès les aura sans doute fort esloignés. J'ay creu que je devois vous donner ce véritable avis, pour vous en servir contre les faux bruits et les impressions desavantageuses aux affaires du Roy, qui s'espandent dans les provinces. Ce pendant, faites-moi la faveur de croire que personne, etc.
CCCLXXII.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, toni. I. f° 1/17 recto.