CCCLXXVIII
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 1&9 verso.
M. BALTAZAR
CONSEILLER DO UOT EN SES CONSEILS ET INTENDANT DE LA JUSTICE EN LANGCEDOC.
[Paris,] a janvier 16&6.
Monsieur,
J'ay receu la vostre du 1 2 du passé, et veu vos considérations sur le sujet de la tenue, à Montpellier, du synode de ceux de la R. P. R. Sur cela, je n'ay rien à vous dire, sinon que, estant sur le lieu et dans les occasions, vous pouvez juger mieux que personne ce qui est le plus convenable au service de Sa Majesté. 11 me semble neantmoins, en gênerai, que vous devez tellement ajuster vostre conduite au dehors, que, en destournant les inconveniens qui tomberont sous vostre prévoyance, vous fassiez paroistre le moins de delfiance qu'il se pourra, et que, en rentrant1 les alarmes bien fondées, vous n'en preniez point de fausses.
Quant au particulier des affaires, vous en apprendrez les resolutions et les ordres des depesches de M. de La Vrillière, auxquelles me remettant, je vous prieray seulement de vacquer avec soin à la subsistance , aux recreues, au passage, bref, à tout ce qui concerne les troupes qui doivent passer en Catalogne.
C'est tout ce que j'ay maintenant à vous faire sçavoir, après vous avoir asseuré que je seray tousjours très-veritablement, etc.
1 Le mot rentrant ne peut avoir ici que que le texte a été altéré dans ce passage,
le sens de dissimulant , conservant en vous- et que, au lieu du mot rentrant, il en fau-
mvme , et sans les manifester au dehors, les drait un qui eût le sens de tenant compte des
alarmes bien/ondées, etc. — Il est probable alarmes, etc.
Janvier i664.
GCGLXXIX.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° i5o recto. — Imprime' dans les Mémoires concernant le général d'Erlach, etc. t. II, p. 1 5i-i 53.
A M. LE GENERAL-MAJOR D'ERLACH
[Paris,] 3 janvier ' i6û4.
Vous estes en trop grande estime dans l'esprit de la Reyne, ailin qu'elle souffre que vous vous retiriez du service en un temps où vous estes le plus nécessaire à cette Couronne. J'aurois anssy trop de desplaisir si, dans la confiance que vous me tesmoignez avoir en mon amitié et dans la considération où j'ay vostre mérite, je vous voyois hors des occasions où je puisse vous confirmer l'une et l'autre par les preuves que je désire vous en rendre. 11 n'est donc plus question de songer à cela. Il faut plus que jamais s'appliquer à remettre les affaires d'Allemagne, à quoy vous estes une des personnes du monde qui peut davantage contribuer, et pour lesquelles M. de Turenne a ordre de ne rien résoudre qu'il ne l'ayt concerté avec vous. Toutes nos depesches sont chargées de vos sentimens2, et nous n'avons rien tant à cœur que d'introduire l'ordre et la discipline dans l'armée et de ne rien espargner pour cette fin. Nous recevrons tousjours vos advis là-dessus, et pour faire en sorte qu'elle [l'armée] puisse se bien establir dans l'Allemagne, et qu'elle ne soit plus contrainte de venir relascher dans l'Alsace.
Je vous le dis derechef, que nous préparons pour cela des fondemens
1 Cette lettre doit, comme la précédente, p. 1 A 8-1 5 1, la lettre écrite par la Reine au
se rapporter aux premiers jours de janvier. général d'Erlach.)
11 n'y a pas, dans le manuscrit, d'indication 2 Celle phrase peu claire signifie proba-
précise; mais l'original, qui a été entre les blcment que les dépêches de la Cour sont
mains de l'auteur des Mémoires concernant remplies de sentiments semblables à ceus
le général d'Erlach, porte la date du 3 jan- qu'exprime d'Krlaeh. vier. (Voyez, dans le même ouvrage. I. II.
Janviei îfi/i/i. si solides et que nous prendrons si bien nos mesures à l'avenir, que j'espère que les accidens que nous avons veus n'arriveront plus. Je me promets aussy que vous n'oublierez rien de ce qui despendra de vous pour acheminer un projet si juste et si nécessaire. Du costé de deçà, vous devez attendre toutes les marques de reconnoissance qui sont deues à vostre mérite, et de moy, en particulier, tous les tesmoignages d'estime et d'affection que vous pourra rendre celluy qui est passionnément et plus que personne du monde l, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° i5o recto.