A M. DE LA FERTÉ-SENNETERRE
[Paris,] . . . janvier i6àli.
Monsieur,
Croyez qu'on n'oubliera rien icy de ce qui se pourra faire pour les places de vostre gouvernement ', comme vous l'apprendrez par les depesches de MM. les secrétaires d'Estat, auxquelles me remettant pour cela, je vous diray que, ayant tant contribué comme vous avez fait pour le soulagement de l'armée d'Allemagne, il n'en faut point demeurer là; et, puisque c'est une nécessité inesvitable que la Lorraine serve encore de quelque raffraiscbissement aux troupes de M. le inarcschal de Turenne, il y faudra donner les mains avec tout l'ordre et toute la circonspection qui s'y pourra apporter. Le mal ne sera pas grand, puisqu'il ne sera point long, et qu'il y a de l'apparence qu'il ne reviendra plus, par le bon ordre que la Reyne donne pour destourner de semblables accidens que celuy qui est arrivé sur le Danube2.
Je n'ay pas besoin de vous en dire davantage, sçachant que vous irez mesme au delà de ce qu'on désire, si le service du Roy le requiert airisy. C'est de quoy je seray tousjours garant à Sa Majesté pour vous, auprès de laquelle je ne perdray point d'occasion de faire valoir vos services et de vous tesmoigner que je suis très-véritablement , etc.
1 On a vu ci-dessus que La Ferté-Sen- doits semblable* à celui qui est arrivé sur le déterre était gouverneur de Lorraine. Danube. [| s'agit, dans ce passage, de la
2 La phrase est irrégulière, mais s'entend défaite de Dùtlingen ou Tùtlingen, près de facilement. On dirait aujourd'hui : des acci- Donaueschingen. aux sources du Danube.
IIIZAIII.V.
Janvier i (>'i/i.
CDVI.
Manusc. de la Bibliolli. Mazarine, n° 1719, tom. I, f" i55 verso.