‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 217 sur 335 · AU SIEUR MILET · texte numérisé non relu

AU SIEUR MILET

[Paris,] 1" avril 166/1.

Monsi

eur

J'ay veu la lettre que vous avez escrite à de Lyonne. Vous avez très-bien fait de ne point perdre de temps à commencer de travailler aux levées, nonobstant les obstacles qui sembloient devoir vous en dissuader. Il faudra presser les officiers avec qui vous avez traicté d'accomplir leur parole dans le temps qu'ils sont obligés, etn'obmettre aucun soing pour perfectionner ces corps, en sorte que Sa Majesté en puisse tirer le service qu'elle se promet, et qu'une si grande despense se trouve du moins utilement employée.

Sa Majesté n'a pas jugé devoir faire lever le troisième régiment de cavalerie que vous proposez, en ayant assez d'ailleurs. C'est pourquoy vous remercierez le mieux que vous pourrez le colonel Haie de sa bonne volonté, luy donnant espérance qu'en une autre occasion on pourra l'employer.

Il faudra penser à lever un plus grand nombre d'infanterie. Le Roy désire que vous augmentiez, s'il se peut, à douze compagnies le régiment pour lequel vous avez traicté, et, outre cela, que l'on en lève un autre aussy de douze compagnies; ce qui montera tout ensemble à la

1 Milet, ou Mileti, de Jeure fut, pendant la Fronde, un des agents les plus dévoués de Mazarin. Il fut, dans la suite, un des sousprécepteurs du Dauphin, fils de Louis XIV. Il avait été envoyé avec Marsin pour faire des levées de troupes dans les pays de Liège , (iueldres et Juliers. On voit, par l'instruction donnée à Marsin et mentionnée plus haut ( p. 53o , note), que Milet était spécialement

chargé de la dépense. «Sa Majesté, y est-il dit (B. I. mscr. fr. /1179, fol. 75 v°), faict envoyer jusques à la somme de 3oo,ooo livres, par un commis de l'extraordinaire de la guerre, pour estre employée à cette despense (la levée des troupes), suivant les ordonnances particulières du sieur Milet, qui l'accompagnera en ce voyage. » Voyez encore folio 77 r° du même manuscrit.

DU CARDINAL MAZAR1N. 641

somme de vingt-quatre mille richsdalles, à raison de mille richsdalles Avril i6/»'i. par compagnie.

On s'attend que vous ne manquerez pas de prendre vos seuretés dans le quartier qu'on vous a assigné, en sorte qu'il n'en puisse arriver d'inconvénient.

Je ne vois pas pourquoy vous proposez de faire des magasins de foin et de paille, puisque les officiers sont obligés d'entretenir pendant tout le premier mois les troupes qu'ils lèvent, lesquelles n'entreront point à la solde du Roy qu'après ledit mois et qu'elles ne soient complètes; et alors il faudra plustost penser à les faire passer au lieu où on voudra s'en servir qu'à les tenir inutiles aux quartiers où vous estes.

Il faut destromper les soldats de l'opinion qu'ils ont conceue qu'on les destine à se joindre à l'armée de madame la Landgrave, puisque cela produit le mauvais elfect que vous me marquez. En elfect, nous les employerons ailleurs, en sorte pourtant que leur service rejaillira au bien de ladictc dame.

Tenez-nous ponctuellement avertis toutes les semaines, par les voyes des ordinaires de Hollande, de Testât desdictes levées, et nous vous envoyerons, quand il sera temps, les ordres de ce que vous avez à faire, et pourvoyerons à ce qu'il faudra.

Quelques avis portent que Lamboy1 est extresmement mescontent et desgousté du service d'Espagne. Tascliez par quelques moyens d'en esclaircir la vérité, et de le faire sonder s'il voudroit entrer dans le service (\[\ Pion, où on luy fera tous les avantages qu'il pourra raisonnablement désirer.

.1 escris au sieur Ottavio del Bufalo de former la compagnie d'Italiens qu'il me mande qu'on pourra facilement lever par delà. Vous lu\ ferez fournir l'argent dont il aura besoin pour cela, ayant l'œil de près à lespargnc et à modérer la despense, parce que je doute que tous ces soldats-là sonl des vagabonds, qui ne penseront qu'aux moyens

Ce général .1 joué un rôle important (triant, en i64a, il avait recouvré sa liberté dans la guerre de Trente ans. t'ait prison- en i G /i .3 . (Voyez Le Laboureur, Histoire du mer a Kempen par le maréchal de Gné- maréchal de Gucbriant, |». 656 cl mût.)

•i u\r.iv - |. S, t

Avril i(iVi. dé se sauver quand ils auront touché quelque argent, il faudra que la despense en toute sorte soit la moindre qu'il se pourra, et. en loul cas, qu'elle n'excède pas celle des Liégeois rendus icy.

S'il y a difficulté de lever le nombre d'infanterie que je vous marque cy-dessus, il faudra du moins en faire jusques à quinze compagnies, en sorte qu'il y ayt en tout au moins vingt compagnies de cavalerie cl quinze d'infanterie. 11 faudra conserver soigneusement l'argent qui vous restera après avoir satisfait aux despenscs des levées cv-dessus, affin qu'il puisse servir à commencer la subsistance des troupes, quand le mois sera achevé et qu'elles seront complètes.

CDLXI1I.

Manusc. de ta Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, fJ 267 recto.

Al SIEUR OTTAVIO DEL BUFALO.

[Paris,] ic' avril îô'i'i.

J'ay esté bien ayse d'apprendre que M. le colonel Griti vous ayt si bien receu, comme vous me marquez qu'il l'a fait en ma considération. Je vous prie en eschange de l'asseurer de bonne sorte de mon affection, et qu'en toutes les occasions je luy en donneray des preuves, voulant prendre un soing particulier de ses interests et faire valoir et reconnoistre ses services. Je me suis infiniment resjoui d'apprendre la bonne espérance que vous avez que nos levées ' réussiront fort bien. Je vous prie de n'omettre aucun soin ny diligence pour y parvenir. J'approuve extresmement la proposition que vous me faites pour la levée d'une compagnie italienne que vous trouvez moyen de faire de delà. Je mande à Milet de vous bailler l'argent dont vous aurez besoin pour cetefîect, vous recommandant neantmoins très-instamment d'aller

1 II s'agit toujours des levées dont Marsin était chargé, comme on t'a vu plus haut.

retenu en la despense, parce que j'appréhende fort que, tout ce que Avril i66û. vous pourrez ramasser n'estant que vagabonds qui ont plus d'envie d'avoir moyen de se retirer que de servir, ils n'escliappent aussytosl qu'ils auront louché quelque argent. C'est pourquoy il sera très à propos d'engager plustost quelque ollicier qui en puisse respondre. En quoy je vous donne pouvoir d'establir non-seulement un enseigne et deux sergens, mais mesme un lieutenant, si vous en rencontrez quelijii'iin que vous jugiez le mériter. Vous considérerez bien, je m'asseure. qu'il n'est pas juste de despenser à beaucoup près de ce que couste nue compagnie qu'on l'ait venir d'Italie, parce que ceux-cy peut-estre ne cherchent qu'une occasion de s'y en retourner. Je me repose du tout sur vos soins et sur vostre zèle.

CDLX1V.

Manusc. <ic la Biblioth. Mazarinc. n° i 7 1 1> . loin. 1. f" 170 recto el verso.

A M. DE TURENNE

I Paris, | i'1 avril iCylih.

Monsieur,

.l'ay receu la vostre du 10 du mois passé1, pour response à laquelle je vous diray (pic cela est fascheux qu'il ne se puisse former de bonne intelligence entre M. d'Erlach et Al. d'Oysonville, et qu'il est presque impossible que le service du Roy ne souffre de leur desunion. C'est

! Celle lettre a été publiée dans 1rs Me- >.'>\ J'avois demeuré ces deux jours avant

moirée de Turenm \ édit. Michaud el Poujou- que M. d'Erlach vinst, et esloil vers le haut

lat, p. 365-366-). Comme 1rs noms propres Rhin, où il est Fort nécessaire. Il es! arrivé

y sont, pour la plupart, altérés, je crois celle après-disnée; je l'ay fort entretenu el

utile d'en publier le texte rectiûé : demandé ses avis sur toutes choses. Il ne

ir Monseigneur, j'ai receu en mesme temps faut J»as s'attendre, à mon avis, que l'in-

les lettres qu'il a pieu à Vostre Eminence me lelligence puisse estre fort bonne entre

faire l'honneur de m'escrire des 16. :>■• el M. d'Oysonville * et Iny. et lani seulement

Voyaz ces leltrci de Masariu im dates des ifi. a-2 et i'\ f<>\ ri<ir iG'i'i. On .-i eu toi 1 il'' ' bangei 1 e Dama ;> celui 1' 1 1

Avril i li'i 'i.

pourquoy il faudra tous jours lascher, autant qu'il se pourra, de rapprocher leurs esprits et de les faire joindre, au moins aux choses <pn importent au service do Sa Majesté, selon lequel ils doivent l'un et l'autre régler leur conduite.

Vous recevrez les troupes qui vous doivent joindre à peu près dans le temps que vous mande/, <;t je suis Lien ayse (pic vous n'ayez rien dit à l'armée des mille chevaux qu'on y envoyé, qui doivent entrer en compte de la despense qu'on fait pour la remettre, qui est à la vérité excessive, puisque, en mesme temps qu'on despense pour la restablir, il la faut payer comme si elle estoit complète. Je vous supplie de faire

travailler à ce que cela ne prejudicie point au service; et. en effet, je les vois tout portés à ce que cela n'y nuyse point.

itJ'ay escrit d'ici à M. Oheim\ pour luy inander comme il est eschangé;et, en effet, tous les Allemands recoimoissent bien l'obligation qu'ils ont à la Reyne de les préférer aux François.

rf Parce que M. Brachetb m'a dit que le general-major Ebrestein0 venoit au service du Roy, je suis obligé de dire à Vostre Eminence qu'il est en très-bonne réputation et passe pour aussy bon officier qu'il y en ayt en Allemagne.

rrJe mande à M. Le ïellier comme il sera nécessaire que les troupes qui me doivent venir joindre soient dans le 6 avril, ou, au plus tard, au commencement de mai, dans le Barrois , craignant que les ennemis n'entreprennent quelque ebose dans le commencement des herbes, la pluspart de ces places ne pouvant pas attendre longtemps un se-

cours, et aussi, nu cas qu'Uberlingen' ne fust pas pris, on verroil si on pourrait le secourir ou faire une diversion.

rrJe n'ay point encore dit à l'année que l'on luy donne des chevaux, aflîn qu'ils fassent tous leurs efforts, avec la dernière monstre qu'ils ont receue, pour se raccommoder; et, en effet, il faut avouer que, hors le régiment deOheim, de qui j'en ay envoyé chercher le lieutenant-colonel, les autres l'ont beaucoup de despenses pour se mettre , en bon estai, et, avec les mille chevaux, j'espère qu'il n'y aura pas un cavalier de desmonlé. Il y a encore trois ou quatre cens vieux cavaliers de cette armée prisonniers, que les ennemis traitent si mal qu'ils les obligent tous les jours à prendre parly. On m'a dit de plusieurs endroits qu'ils vendoienl quinze cens prisonniers au baron de Coupet , pour les mener à Venise. J'en ay escrit à VI. de Mercy; je pense qu'il serait bon de faire dire aux Espagnols que Ion vendra

' Colonel des Weymariens, dont il est souvent question dans la correspondance de Mazarin. Le nom a été '■hangé en celui de Hem.

'' Et non Boachet, comme on l'a imprimé.

' On a imprimé Ebresscin.

Ce nom , qui revient plus d'une fois dans la correspondance de Mazarin, a été transformé dans le mot étrange i'Abiosinpente, suivi d'un sic, qui témoigne de l'attention de l'éditeur.

reflexion là-dessus. M. de Tracy neantmoins, qui partira bientos! . \ous communiquera à son arrivée un moyeu qui nous apporte quelque soulagement, puisque, en effet, nous ne desirons point que vous manquiez de quoy que ce soit qui sera nécessaire pour agir utilement.

Pour ce qu'on vous a dit du baron de Coupet, n'en prenez pas l'alarme; car cela ne sera point, et l'eschange se Taira de telle sorte qu'il ne sera point besoin de venir à l'extrémité que vous proposez.

Vous tairez bien de former correspondance avec M. le maresclial de Torstenson,ets'il retourne, cette campagne, en Allemagne, comme nous

s Avril it'i'i.

les leurs aux Suédois pour les faire travailler aux mines de Suède.

"J'ay veo de la façon donl il a pieu à Vostre Emincnee nie mander qu'elle a agi dans l'affaire de mon frère". Je In supplie très-humblement de ne se point lasser de sa bonne volonté. Four ce qui esl de moy. j'en reçois tant de tesmoignages, que je ne feray jamais autre profession que d'en eslre fort estroitement obligé.

■•J'ay escrit à M. Torstenson L, et fera} en sorte d'avoir un cbiiïre avec luy. Il est trèscertain que cette armée s'est mise en un point où elle n'a point encore esté depuis dix ans, et si, en sortant de Danemarck, il m' laissoil point d'ennemis derrière luy, et qu'il peust y avoir une paix ou tresve entre <u\ . son entrée en Danemarck seroit la chose du monde la plus avantageuse qui cust pu arriver pour les affaires d'Allemagne.

-Je fais marcher M. Rose, dans sept ou huit jours, vers la Comté (la Pranche- Gomtë), et j'irai par un autre [ chemin |; je n'ay pas voulu aller tout à fait dans les montagnes, .iilin de donner la main aux quartiers que j'ay en Lorraine, que je ne puis

' Le duc do Bouillon, On a imprimé Toutêatuon.

LrgHly. (Voyez plus li.int, p. 6oa.)

pas quitter tout à fait, n'y ayant pas assez de fourrages en Comté pour entretenir tant de troupes.

tJc suis très-ayse île ce que Vostre imminence a fait résoudre d'envoyer iev les dragons d'Aurilly'; cela fortifiera le corps des dragons, qui fut tout ruyné l'année passée dans le marquisat de Bade, où on les avoil laissés.

ffJe ne sçays si on a donné, à la Cour, congé à M. le marquis de Bade. Si cela n'est pas, et qu'il s'en soyt allé Suède sans rien en dire, je crois qu'il seroit bon de pourvoir à son régiment, et, en ce cas-là, je l'émis sçavoir à Vostre Imminence quel lieutenant-colonel v seroit le plus propre, eslanl nécessaire d'en prendre un du corps de la cavalerie.

rr.Io supplie Vostre Eminence de ne mettre jamais en doute que je ne sois très-veritablement et sans aucune reserve, » Monseigneur, » Vostre très-humble el très-obeyssanl serviteur,

irTuRBNNE.

n V Brisac, ce t5 mars ifi/i'i.*

(i'n. LETTRES

Urii iii';'. L'espérons, et comme il la promis à un envoyé devers luy de madame la landgrave de liesse, il sera à propos que vous vous ajustiez ensemble autant qu'il se pourra pour agir selon l'exigence des occasions. Je luy en a\ escrit en ce sens et à M. le chancelier Oxenstiern. Attendant cela, nous avons avis qui] a envoyé en Pomeranie le colonel Douglas avec huit regimens de cavalerie1 et deux de dragons, auxquels se pourra joindre Kœnismark pour Former un corps considérable.

Quoy qu il en soit, M. de La Thuillcrie a ordre de s'acheminer en la plus grande diligence qui se pourra pour travailler à l'accommodement ih\ rov de Danemarck et des Suédois; et il faut bien que la maison d'Austriche ayt pénétré que cet accommodement ne soit pas impossible de la part du Danemarck, puisqu'elle veut mettre toute pièce en œuvre pour i'empescher, et que nous sommes desjà avertis que Hatzfeld est destiné pour conduire douze mille hommes à son secours2, qui sera autant de diminution des forces que les ennemis ont en Allemagne, outre quelques regimens qu'ils envoyent en Hongrie, sous le comte de Boucbain, pour s'opposer aux progrès que Ragosky y fait.

En tout cas. quand mesme il arriveroit que l'accommodement que nous allons poursuivre ne reussist point, l'armée de Torstenson s' estant si fort augmentée comme elle a fait dans le pays de Holstein, il peut encore revenir en Allemagne en meilleur estât qu'il n'en est sorty, et laisser suffisamment de forces, avec celles que commande M. le mareschal de Horn, pour y maintenir la guerre contre le roy de Danemarck, pendant que les [armées] impériales se trouveront aflbiblies en Allemagne par la séparation de celles qu'on envoyé au roy de Danemarck et contre Ragosky3.

' Voyez plus haut (p. 598) une noie Grotius. rrE Francofurlo docemur, écrit-il tirée des lettres de Grotius. L'importance le 2/1 mars/i" avril 16/16. valde ibi confie la diversion faite par le colonel Douglas sternaiï animos per res Suedorum advcrsus \ est indiquée. Danicos, inelius, quam cogitatum fuerat,

! Au secours du Danemark. succedentes, prœterea per crescenles Ragos-

Les Suédois avaient un avantage mar- kii copias; quod obtentum dédit Imperatori

que sur les Danois et Ragosky faisait des scribendi ad singulos principes et civitates.

progrès, comme le prouvent les lettres de ut nova collatione sibi subveniant. -

M. ie marquis de Bade est party d'icy avec congé pour aller en Suède faire des recreues pour son régiment. Nous avons avis, de Cassel, que les troupes de madame la landgrave de Hesse ont pris un des ducs de Holstein, qui cstoit au service de l'Empereur, avec le lieutenant-colonel Lusterson (ou Lutterson), quelques officiers el quelques centaines de cavaliers, avec six carosses, dans l'un desquels esloil la femme dudit duc, qui a esté renvoyée en grande civilité, et le marv mené prisonnier.

Dès que M. de Ralilly sera de retour d'un voyage où il est allé, nous travaillerons pour le gouvernement de Haguenau, en faveur de AF. de Smitberg, avec lequel vous conviendrez, à des conditions raisonnables, de la levée d'un régiment, quand vous jugerez qu'il la pourra faire; de quoy vous nous donnerez avis. Ce pendant vous le pourrez entretenir de la créance véritable qu'on l'estime icy et qu'on y a de la bonne volonté pour luy, et moy particulièrement.

Je haste autant que je puis la conclusion de l'affaire de M. vostre frère, qui n'est pas loin de Paris, et je vous puis asseurer de n'avoir rien oublié à chercher des destours et des expédions pour la faire réussir la plus avantageuse pour luy qu'il se pouvoit dans le service de Sa Majesté. En quoy je vous diray franchement, si elle se termine, qu'il vous en aura toute l'obligation, et que l'amitié <|uc j'ay pour vous m \ a fait agir d'une autre manière que je n'aurois fait sans cela. C'est pour vous dire que, en toutes les choses où vous prendrez part, vous trouverez tousjours (pie je suis, etc.

lîien que la Reyne ayt résolu d'envoyer M. d'Aumonl pour commander seulement les François qui sont dans vostre armée, je ne le lu\ ay pas neantmoins voulu dire précisément qu'au préalable je ne vous en eusse donné avis, bien que je luy ave dit qu'il s'apprestast pour un employ auquel on le destinoit. Je voua conjure d'apporter tout ce qui despendra de vous pour le faire considérer, puisque le Bervice du lio\ le requiert ainsy, el qu'il le mérite, ayant les bonnes qualités qu'il a el surtout estant particulièrement vostre serviteur.

Lvril iG/i-'i.

Vvril iii'i'i.

CDLXV.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719, tom. 1. f" 268 reclo.

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