‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 260 sur 335 · DXXXIII · texte numérisé non relu

DXXXIII

Manusc. rie la Bibliolh. Masarine, n 1719. tom. I. f° i<(.'5 verso et P 196 recto et verso.

\ M. LE DUC D'ENGHIEN '

[Pnris,] 1 1 juin ifi'1'1.

Monsieur,

m lit à M. ilr Vfarsin de songer aux moyens les plus faciles 1 il pourroii avoir de vous joindre el de vous donner part [de nospro-

• l- Je vous supplie de taire le mesme. et de penser, de vostre C08té

Le commencement de *•*■! 1 « - lettre est !<■

même que ''lui qu'on trouve plus baul

B y est question de lamauvaiseor-

thographede Maxarin,qui Pempéche d'écrire

main, <i «lu refus qu'a fait la liem<' de

donna mite nu lolliritations «lu cardinal

pu Faveur de MauviOy. Le paragraphe m

El iilin qui' vous n'' le

i"/ point vous de\ nés sçavoir

qu'il s'est eslevé tant de pretendans el tant de rameurs en suite des [nominations] de deiu marescbami «le camp qui nui esté Faites , quej'aj eu bien de la peine à [les] apaiser. Vous croirai dune -il vous pbist, Monsieur, qu'es relie occasion je n'ay point manqué de volonté de vous servie, puisque je n'a\ pi ■ beureiu de le pouvoii

faire. -

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Juini6/i4. auesy, aux moyens de faciliter et d'asseurer cette jonction. J estime <|iic pour cela il peut se rendre à Saint-Père et de là s'avancer vers \rlon, où vous le pourrez faire recevoir avec les forces que vous jugerez [nécessaires]. Je remets neantmoins le tout à vostre conduit»' <-l à ce que vous concerterez ensemble.

La compagnie des gendarmes de la Revue, qui sera de cenl «incluante maistres, part pour vous aller trouver. J'ay fait en sorte qu'on donne ordre au régiment du Havre de vous joindre; l'on m'a promis qu'il seroit de mille hommes effectifs; je ne sçay pas ce qu'il en sera, mais je sçay bien que l'on a donné aux officiers tout le moyen de le faire fort bon.

Vous aurez appris par M. Le Tellier l'accident arrivé en Catalogue et Testât du siège de Gravelines. Il a ordre de vous mander exactement les nouvelles qu'il en aura, affin que vous soyez ponctuellement informé de toutes choses.

On a remédié autant qu'on a peu au malheur de la Catalogne: je suis marry que cela nous ayt obligés d'y envoyer le régiment de Champagne qui estoit destiné pour vostre armée. Je vous avoue, Monsieur, que j'ay esté bien surpris de cette nouvelle, ayant receu, huit jours auparavant, celle de la resolution que M. le mareschal de La Mothe avoit prise d'attaquer Tarragone, qu'il avoit bien fait investir par mer par douze galères et autant de vaisseaux.

L'on avoit donné, cette année, si bon ordre aux affaires de ce pays-là. que jamais l'artillerie n'y avoit esté en si bon estât, et l'on y faisoit passer douze mille hommes effectifs, dont il en estoit desjà arrivé neuf mille comptés au desbarquement. L'argent pour payer l'armée et toutes les autres despenses jusques au mois de septembre estoit desjà à Barcelone, et toute l'armée navale, composée d'un grand nombre de vaisseaux, devoit eslre preste pour la fin de ce mois. M. le mareschal de La Mothe a creu battre partout les ennemis, et, en partant de Barcelone, en a\oit parlé en ces termes. Cela est si vray que, les ayant peu combattre, à ce qu'on dit, avec quatre mille hommes de pied, parmy lesquels estoit

' Voyez plus haut, p. 738, texte et note.

DU CARDINAL MAZAR1N.

le régiment de la marine, et mille chevaux [ou] davantage, il ne jugea Juin i664. pas à propos de les attendre deux jours.

L'entreprise de Gravelines avoit esté si bien conduite, que nos troupes y arrivèrent sans y rien trouver que la garnison ordinaire, et l'armée navale de Hollande se rendit devant, le mesme jour; mais nous liions d'apprendre qu'il y est entré six cens hommes du costé de la mer1, après avoir essuyé toutes les canonnades des vaisseaux hollandois, et, à vous dire vray, je croy qu'il y en est entré encore un plus grand nombre.

Nos gens ont commencé la circonvallation le premier de ce mois, et il- espèrent de l'achever en douze jours. Je n'escris autre chose à M. le dur d'Orléans et aux principaux chefs de l'armée, sinon que tous li-- travaux seront inutiles si ceux qui doivent empeseher aux ennemis l'accès par mer ne se font promptement et bien à propos pour cet efl'et.

Ce qui me lait de la peine en cecy, et dont je vous donne part en confidence, comme à un de mes meilleurs et plus véritables amis, est que je ne voy pas l'union parmy les chefs qui servent dans cette arméelà2; ce que vous sciive/ estre absolument nécessaire pour le bon succès d'une m grande entreprise. Vous pouvez croire que je ne manque pas d'apporter tous les soins imaginables pour remédier à ce que l'on pourroil rendre plus difficile3. Je vous supplie de ne parler de cecy à qui que ce soit qu'à M. le niareschal de Guiche, et de ne rien oublier pour bien conserver \ ostre armée, que je lascheiav de grossir autant qu'il me sera possible, la considérant connue (elle qui, en tout evenemeut. peut reparer tout ce qui pourroil arriver ailleurs de fascheux.

' • • i — «lit cinq centa Voyei plus haut, p. 7-' ■'. i II revient encore plus loin sur oe -u|"t | Epistola inédite, p. 1 53 i el varie ■or le chiffre «lu - Octingentoa

nilitea jam ranc in oppidum immiaere lani . il.i ul praesidium sit quatuor inil-

' t.;i Meilleraye ne l'entendait u ava Rantr.au ni avec Gaaaion. Grotiui parle de

n* divisions : irMillereo ( La Meilleraye i . qui

Sull Dure lie dur rl'Orli'ilIls ! iliipi'l'iil . ron-

troversiœ fiiere, ot Ranzovio, el Gassioni. »

Episl. ined, p, iSa, lettre du 1 1 juin i644. i

Cette lin il<' pbxaae est peu claire, mais

l'ensemble se comprend. Le sans eal que

Mn tarin s'ijfmn do remédier aii.r querelles qui mutent l'enlrepritir dr (irarelines phlê diffirilr

Juin tir J'escris de nouveau à M. le grand maistre1, affin qu'il vous fiixoye deux ou trois cens chevaux, <lonl ils n'auront point à faire, la circonvallation eslant faite.

DXXXIY.

Maimsc. de la Biblioth. Mazarine, n' i 7 1 «j . tom. Il f -•> verso.

A M. LE DUC D'ENGHIEN

[ lJ;iris. i 1 3 juin 16ÛÛ.

Monsieur,

Vous devez estre si pleinement informé, par la depesche d«- \I. Le Tellier, des resolutions que nous avons prises icy, tant pour l'acheminement du siège de Gravelines que pour la seureté de nos frontières, et autres choses où vous pouvez estre utile au service de Sa Majesté (le sieur Du Plessis-Besançon , qui vous va trouver, vous en pourra aussj donner toute la connoissance de vive voix sur tout ce qui regarde sa négociation avec le duc Charles2), que je croirois faire une chose superflue de vous en escrire en particulier. Mo remettant donc à l'un el à l'autre, je me contenteray de vous faire toutes mes accoustumées protestations, etc.

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