DXXXII
ManuBC. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. II. f" ->.b recto.
A M. LE DUC D'ENGHIEN
[ Paris,] 1 1 juin 16Û6.
onsieur
VI. de l'Escheile vous devant rendre exactement compte de toutes les choses qui concernent l'armée, et particulièrement de ce qui regarde la jonction de M. de Marsin, je crôirois faire une chose superflue de vous en parler icy1. Je vous diray seulement, sur ce que vous me demandez mes senlimens sur cette jonction, que je vous supplie de ne croire pas, si je ne vous le mande point, que ce soit par précaution et que j'aye crainte de m'engager et de recevoir reproche de l'événement; car je vous déclare que je m'engage dès à présent à tout ce que vous ferez pour ce sujet, et que j'y apporte mon consentement de la mesme sorte que si j'en eusse fait le dessein; mais, véritablement, j'estime qu'estant sur les lieux et ayant devant les yeux i'estat des choses, qui peut changer à toute heure, vous pouvez mieux que ceux qui sont loin juger ce que vous aurez à faire, et prendre beaucoup mieux pai l\ par vous-mesme qu'ils ne vous le sçauroient conseiller.
Ledit sieur de l'Escheile vous pourra tesmoigner avec quelle affec-
1 Une lettre du Roi au duc d'Enghien , en date du 6 juin \bhk (ms. B. I. Fr. '1170, fol. 1 36 -139 v°), lui recommandait de veiller à la sûreté des frontières de la France pendant le siège de Gravelines, et surtout de les mettre à l'abri des attaques du duc Charles et de Beck. «Au cas que vous sçachiez avec certitude, dit le Roi dans cette lettre (ibid. fol. 1 38), comme vous le pouvez au lieu où vous estes, que la meilleure partie des troupes du duc Charles et le Beck soient passées à Givel, vous mar-
cherez droit à Guise, ou tel autre lieu que vous estimerez plus à propos, pour leur donner jalousie et divertir les entreprises qu'ils pourraient faire, et, afin que, par une marche de ce costé-là, ma frontière de Champagne ne demeure pas descouverte, mon intention est que , en vous advançant en personne , vous laissiez, sous le commandement de tel 111areschal de camp que vous voudrez choisi] un corps de cavalerie et infanterie proportionné à la force des troupes que les ennemis feront demeurer dans le Luxembourg.»
Iimii je me porte à vous procurer ce que vous me demandez et qui vous -i'»" i64fi. -i nécessaire pour entreprendre quelque chose de considérable, et cela certes non-seulement à cause de la passion particulière que j'ay pour vostre personne, mais encore à cause de celle que je vo\ mie vous avez pour le service du Roy et pour le bien de ses affaires.
\u lieu de deux (bibles regimens comme sont ceux de Baury (?) et de Syrot. on \ous en envoyé deux autres, celuy de Chambre, qui est fort, .•t le mien de cavalerie, qui ne cède point en bonté à celuy d'infanterie, don! je suis ravy que vous soyez satisfait.
Au reste, Monsieur, ne doutez jamais de la vérité des protestations que je vous ay laites, et que je vous renouvelle icy, de prendre la mesine part en vos interests que s'ils estoient les miens propres, et d'entrer dam tout ce qui vous regarde avec toul le sentiment que vous pouvez attendre de celuy, etc.