DXLVIII
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719. fom. I. ï' 200 reclo.
A M. DE GASSIOX.
[Rud.J B8juin iG'.'i.
Le sieur d'Ort allant trouver Son Altesse royale de la part de la Revue, je ne 1 ay point voulu laisser partir sans qu'il vous portast de mes nom elles. Vous pouvez croire que je ne vis pas maintenant sans quelque petite inquiétude, et que rien ne m'occupe l'esprit si fortement ni si continuellement que le siefje de Gra\elincs2 et que l'attente du
' Grotius consigne dans ses Ici 1res les nouvelles du Biége de Gravelines, (jui tenait ■lors tons les esprits aUentifi : -In fosse que GraveUngam ambtt, lonata esl munitio insnltB in nodnm, quam aggressi sunl (lalli. ponte de fascinus strncto; aed, eo incenso, maltœ suorum etiam <l<' primoribos ami- Caslra i|>^.i defendunturvallo, el in eo ■ V ii.iii- sa bonis casteilis fossaque patente in un pedes : intem ad enm en 1
citom lii« miUepem'tes, équités mille dncenti; 1 bostium . \. 1. iin». qui ad Berehenràni
(Bergues-Saint-Vinox) est, et casteiia qna>dam ad dejèndendam, abi opas erit, Dnnqoercam fecit, exspectat a Beckio ses militiiin millia. nisticonun Flandrormii decem millia. ci incrementa alia, per ans raturas
n speranl ad 1x1 millia Intérim qnalnor
es locia verberatnr Gravelinga.» ( Epittolœ
inrtlitir, p. l6a-l63.)
s Grotius indique, dans une lettre du 16/96 juin i64à, mi.' les Espagnols (entaient de puissants l'florts pour secourir Grsnreiines : *Hispeni in Belgica, lœti quod
Juin i 64/i.
succès d'une si haute entreprise. J'espère pourtant qu'il respondra au
J)onheur du commencement et du progrès, et que toute la consolation que les ennemis rapporteront de n'avoir pas secouru celle place sera de ce qu'elle aura esté trop Lien attaquée.
Il faut neantmoins que je vous dise que, parmy celte espérance, que toutes les apparences favorisent, nous ne laissons pas d'avoir <Ie la crainte et d'en recevoir des alarmes pour la personne de Son Altesse royale, qui s'expose un peu trop, à ce qu'on nous mande; c'est à (juoy vous devez absolument vous opposer, et vous souvenir que la personne de ce prince est un deposl dont ceux qui ont l'honneur de l'approcher et d'avoir accès dans son esprit sont en quelque façon chargés et en quelque sorte responsables au Roy et à l'Estat, à qui il est nécessaire. Je ne doute point que vous ne fassiez tout ce que vous pouvez pour retenir par raison cet excès de courage; mais je suis obligé de vous dire qu'on nous escrit que vous ne le faites pas par vostre exemple, et que, soit par zèle pour le service du Roy, soit par émulation, ou autrement, vous vous emportez quelquefois au delà des bornes qui sont propres à vostre charge.
Sur quoy je vous diray librement que je voudrois avoir autant de sujet de vous remercier de la prière que je vous fais de ne donner pas tant à vostre courage, que de la bonne intelligence avec laquelle vous vivez avec M. le mareschal de La Meilleraye, à laquelle je me persuade que ma considération a contribué quelque chose. Vous considérerez neantmoins en cecy ce que la raison et le service du Roy exigent de vostre conduite, et ne trouverez pas mauvais que j aye usé de la liberté
non successerint Batavorum conatus adversus Saxum Gandavense (le Sas-de-Gand), misère coniitem Isembergium (le comte d'Isembourg) cum xxx equitura turmis, pedilum vero cobortibus oclo, ad ea loca, in quibus est Melos, qui, videns consilia de mergendis terris, in quibus sunt qui Gravelingam obsident, spei non respondere, vim aliquam parât ad perrumpenda castra , ita
ut plane necessarium sil mittere bine qui augeanl ducis Aurelianensis copias. Viœ anfraetuosœ (les tranchées) perduclas sunt ad ce passus a vallo exteriore, quod contrascarptim vocant. Intérim ex ans parte viginti. ex altéra pari numéro, macbinis oppidum vorberatur. Hoslilis equitatus ad Borborguui (Bourbourg) adparuit, nec tamen ad castra gallica accessit. » (Epistolrv ineditw, p. i •> S .
que l'amitié que j'ay pour vous me donne, de vous dire mes sentimens Juin 1M6. aux choses qui importent au bien de l'Estat et regardent ma satisfaction particulière, qui est que, en vous mesnageant comme vous devez, vous fassiez le service du Roy et acquériez de la gloire. Je souhaite l'un et l'autre de tout mon cœur, estant, etc.