SEIGNEUR DE MARGUERITE, GOUVERNEUR DE CATALOGNE
[Ruel,] 3o juin iGUli.
Monsieur,
La dernière que vous avez pris la peine de m'escrire m'est une puissante confirmation de l'opinion que j'ay tousjours eue de vostre constance dans le service du Roy. Je suis ravy que les peuples de Catalogne soient dans le mesme sentiment1, et, comme ils ne pouvoient rendre à Sa Majesté un plus exprès tesmoignage de leur fidélité que ce qu'ils viennent de faire, qu'ils ayent aussy destrompé les Espagnols de l'erreur où ils estoient, qu'ils n'auroient point de fidélité pour nous qu'autant que nous aurions de bonne fortune. Aussy ils auront pu voir, par les soins que la Reyne a pris de reparer l'accident arrivé à M. de La Mothe2, par préférence à toutes les autres affaires du Royaume, combien leur conservation luy tient au cœur. Je ne desespère point que Dieu ne besnisse des efforts dignes de la magnanimité de cette Princesse et du zèle de ces peuples, et que je n'aye un particulier sujet de faire valoir vostre conduite en une occasion la plus importante peutestre qui puisse arriver à la Catalogne. C'est à quoy vous devez vous asseurer que je ne manqueray point, non plus qu'à vous faire paroistiv. partout ailleurs où j'auray lieu de le faire, que, vous estimant beaucoup, je suis, etc.
1 Dans l'instruction donnée au sieur de le Roy ayt en Catalogne est le cœur des
Beauvais-Plesian se rendant en Catalogne peuples, leur amour pour la France et leur
(voyez ci-dessus, p. 738, note), on lit haine contre TEspagne. »
(fol. 107-108) : irLa meilleure place que ' Voyez ci-dessus, p. 738. note.
Juin îfi'i'i.
DLL
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f" 201 verso.
A M. BRASSET.
[Paris ou Ruel,] juin 16'j'i '.
Monsieur,
J;i\ trouvé dans vos deux dernières lettres une relation fort ample it forl exacte de tout ce que vous aviez ordre de traiter avec MM. les Kstats. Sur quoy je persiste à vous dire que vous ne devez point discontinuer à faire de puissans offices en faveur de madame la landgrave de Hesse et afin que les choses demeurent en Testât où elles estoient avanl l'innovation qu'on a faite au comté d'Emden; car, pour l'eschange des quartiers, ni pour tout autre accommodement qui l'oblige à quitter les postes qn elle occupe dans l'Ostlrise, il n'y en peut point avoir qui ne lu\ fust fort préjudiciable, et à elle, et à la cause commune, de laquelle ces Messieurs doivent faire, ce me semble, «fraude considération, aiiss\ bien que de l'interest particulier que la France y prend et qu'elle est obligée d\ prendre.
Je vous envoyé un duplicata de la lettre que j'escris sur ce sujet à \l <l Estrades, affîn que vous puissiez agir de concert et travailler sur l«s meames fondemens, luy auprès de M. le prince d'Orange, et vous auprès <l«- MM. les Estais, auxquels vous donnerez bien à entendre le
eutimenl qu'a la Reyne de l'affection qu'ils ont tesmoignée à favoriaer le siège de Qravelines, et surtout de la nouvelle preuve qu'ils en ont donnée sur l'avis qu'on avoil m .dans l'armée de Son Altesse royale. qu'on se vouloil remuer en Angleterre en faveur des Espagnols.
Le uumuscril ne donne racnne date est question, dans l'une et dans l'autre
prèoae pour cette lettre, sdressée par do siège de Gra vélines, osa lettres doivent
in ■< Brasset, ni pour la lettre sui- être du mois de juin ou <!<• juillet ibhh. l'Eatrades; m.-iis. comme il
77 'i LETTRES
Juin i 646.