DLIII
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, loin, if" 1 65 reclo.
A M. DE Tl RENNE1.
[ Paria ou Ruel ,] juin it)'i6.
Monsieur,
Rien que la nouvelle que vous nous avez mandée du succès obtenu Bur !<•■> Bavarois9 eust pu mériter un courrier exprès, vous nous l'avez
Comparez une lettre de Le Tellirr à Turcna quatuor cquilimi, totidem peditum
Turenae, en detedu 96 juin i644, publiée millia eodem propere ducit, Rbenum apud
pv M. Vaohuûel (p. q-i5 du recueil cité Brisiacum copias traducil el celerius lio-
phis lioni ». La lettre de afasarîn eel preba- stium ape Friburgum advenit. Haud procul
bJemeoJ de la même date. duobua in vicia eranl dus Baioarorum equi-
mbat, dont Maaarin parle dani tum aies; alteri Gazelquius, alteri Voulus
pluaieura lettrée eomme d'un sucées ùnpor- praserant lias Ob' Roea ei improviao ag-
Bvail en lien le 3 juin. La Barde Di grederetur Turena jubet, qui eum duobua
p. os ) en donne uo récit qui equitum miUibua H pedilibus sclopetariis
explique pluaieura | dea lettres de treceotia eo profectus boetem oonsilii sui
Kltcorin : -I !>i hoates Friburgum conten- gnorumatqueacieopperienteminvenil.Tres
dere nnntiatum hybernia profectus graYÎoiisaxmatuiv equitum alaerant,duai
Juin 1 644. voulu rendre plus considérable par vostre modestie, qui vous a fait contenter de nous l'escrire par l'ordinaire. Vous pouvez jujjer combien la Reyne en a esté touchée par L'importance de cette victoire, qui a appris aux ennemis qu'ils pouvoient estre vaincus, et remis les nostres en la possession, qu'ils avoient perdue, de vaincre; mais pour, mo) j'en ay un sujet de joye tout particulier, d'autant que c'est vous qui
Illyricorum equitum,seu Croataniin, atque Draconum ima. In has, tamelsi numerus spe amplior erat, Retsium8 tribunum cnm quatuor equiturn alis impelum facere Rosa jubet. Nec mora, Gazelquii équités pellunl, quos ubi insequunlur, in Draconum alam incidere, ab qua vicissim pulsi, suis Rosa Margravii equiturn alam (le régiment du margrave de Bade) subsidio mittit, quœ rata omnem bostium equitatum ad se versum tendere, nibil conata retrocessit, frustra uti resisleret nitente Rosa, qui ipse tune pugnam excipere coactus duas equiturn alas hoslibus objecit, aliis duabus prœlio abstinere jussis, quas ad incerta pugnœ intégras atque paratas esse ex disciplina erat; sed his opus non fuit, bostibus in fugam conjeclis, quos nostri tria passuum millia subsecuti, postremo Friburgum rediere :
ducenti ex bostibus cœsi, quingenti capti, ipse Gazelquius Iribunus, duo Draconum duces, turmarum duces duo, vicarii, vexillarii atque alii, impedimenta omnia, vexilla septem ; prœterea octuaginta ( octoginta ) Galli milites, qui anno proximo apud Dutlingam capti fuerant, tu m forte recepti sunt.i
Tu renne lui-même a rendu compte de celte partie de la campagne dans une lettre du 8 juin i644, à laquelle Mazarin répond
' Belz.
b Frère du général bavarois François de Mercy, qui lutta contre le duc d'Engbien et Turenne à Fribourg (août tCû.'i) et périt à la bataille de Nordlingen (août i645).
dans la lettre que nous publions (vn\. Mémoires de Turenne, édit. MichaudetPoujoulat. p. 368, note î) : nJavois mande" à Vostre Eminence comme je passerais le Rhin avec les troupes, sans bagage: cestoitsur l'advia qu'il y avoit deux mille chevaux à la teste des quartiers de l'armée de Bavière, et qu'ils n'avoient derrière cela que l'infanterie, leur cavalerie n'estant pas encore au rendez-wiigênerai; cela esloit cause que j'avois mené de l'infanterie, espérant que, après avoir battu ces deux mille chevaux, je pourrais passer au quartier gênerai et séparer leur cavalerie de leur infanterie. Pour cet effet, ayant passé le Rhin avec beaucoup de diligence et marché jusques à Fribourg. je destachay M. de Rosen avec quelques regimens, lequel marcha droit au quartier où Gaspard de Mercy \ comme major gênerai, commandoit ces deux mille chevaux, lequel . ayant esté adverty par une sauvegarde qu'il y venoit un party, croyant qu'il estoit foihle. ne se retira point; ce qu'il eust pu faire en perdant son bagage, de sorte que, avant attendu M. de Rosen, il fut rompu. Il \ a un colonel, nommé Galesky, prisonnier, un major, trois capitaines et d'autres officiers, sept estendarls et près de deux mille chevaux pris.
rrLa grande diligence de M. Rosen a esté
en avez esté l'auteur, et que, après le bien de l'Estat, je ne puis estre Juin teut de rien plus jaloux que de vostre gloire. Je veux pourtant mal à la fortune de ce que, ayant apporté en cette entreprise tant de parties de [vostre part], soit pour la prévoyance, soit pour le secret, soit pour la diligence, soit pour la resolution, elle vous a desrobbé la moitié du succès que vous vous estiez proposé. Toutesfois, j'espère que vous
bien utile , car il a marche" trente lieues de France sans faire repaistre les chevaux. Je le suivois de deux ou trois heures. Le régiment de Vostre Einiuence a pris le colonel et trois estendarts. Le lieutenant-colonel esloit malade. Celuy du régiment du marquis de Baden ayant fort mal fait son debvoir,. et aussy le major, je les ay fait mettre en arrest: cela passera devant le conseil de guerre. Il y en a aussy quelques-uns qui ont tesmoigné se souvenir de l'affaire de Dùtlingen. i\ous avons trouvé soixante prisonniers des noslres qui n'avoienl point pris party. el plus de deux cens qui avoienl pris party avec les ennemis, lesquels sont revenu-. Il y en a plus de doux cens tués et autant de prisonniers.
(-J'appris par ceux-là que la cavalerie de l'ennerav s'assembloil ce jour-là, ou hien le lendemain, auprès <lo l'infanterie, ce qui m'a empesché de passer outre; ils avoienl apparemment dessein de marcher à Friboûrg ou au liant du Rhin. .1" ne sçaj h cela changera leur dessein.
-M. (I Erlach ne croil point à ce traité du gouverneur 'de Hohenweii; neanlmoins c'est un homme qui a toasjonn esté mai-Ire de li place el n'a jamais voulu recevoir nv
M. <!'• \\ • - n i f i >r ny qui que ce soil plus fort
que luy. <. est nu hou chasteau, mais il o'eat sur nul |. croj qu'il a voulu faire
une neutralité, ne nous croyant plus en estât de rien faire en Allemagne.
rrj envoyeray, par la première voye, les estendarts, et La Forcade les présentera à \ oslre Eminence. Je n'ay pas creu nécessaire de faire (aire un voyage exprès pour cela. Je supplie très-humblement Vostre Eminence que l'on fasse dire à M. le marquis de Baden de venir à son régiment, ou qu'on nie permette de le donner à quelqu'un des officiers de celte armée. J'avois creu pouvoir, avec les prisonniers, racheter le lieutenant-colonel de Vostre Eminence; mais j a\ songé depuis que l'on dcbvoil retirer, dans ce commencement, ceux de cette armée les premiers.
cr Vostre très-humble et très-obeissant serviteur,
rfTlJRENNE.n
"J'envoye à Vostre Eminence une lettre de M. d'Erlach, par laquelle elle verra l'estat de Hohenweii; cela n'est de conséquence que dans I'1 bruil que les ennemis en feront courre, connue si toutes les plaies de l'Allemagne en debvoient faire de niesnie.
-Je la BUpplie de se souvenir de faire remplacer le régiment de Guy. qu'on asseure ne vouloir point venir.
f-8 juin 16&&. -
Il y .i dan If t' île impi Tumme, p. 3Gtf . nota i) u'iwcrncmtinl nu lieu de /roitvcrncnr. Mail
la tuile menu 'lu teste prouve qu'il s'agit du gouverneur, nommé Widcrliolt, comme on l';i vu plus li.iut, p. 56 'i.
■AIABI*. r. g.S
juin iis'i'i. n'en demeurerez pas là, et qu'un si heureux commencemenl de campagne aura des suites encore plus heureuses.
Le siège de Gravelines est en fort bon estai, et la prise du fort Philippe nous donne sujet d'espérer que la place sera à nous dans la fin du mois prochain. Les affaires de Catalogne peuvent aussy prendre une meilleure face que celle qu'on s'estoit figurée.
Ce que je vous ay escrit dans ma dernière louchant le gouverneur de Hohenweil ' a esté en cas que ce que M. de Caumarlm nous en avoit mandé se trouvast juste, me remettant à vous de régler vostre conduite selon l'estat où seroit l'affaire.
J'approuve fort ce que vous avez fait de mettre en arrest le lieutenant-colonel et le major du régiment du marquis de Baden-. et de faire passer le tout devant le conseil de guerre; cela ne servira pas peu à vous donner de l'autorité dans l'armée et introduire, par ce moyen, l'ordre et la discipline qui sembloient en estre bannis. On escrira à M. le marquis de Baden de se rendre à son régiment, veu que. à faute de ce, le Roy sera obligé de pourvoir à sa charge.
Je vous ay escrit que vous recevriez du remplacement, pour le régiment de Guy, dans l'armée de M. le duc d'Anguyen. avec lequel vous devez agir de concert. Il n'y aura pas moins de quatorze mille hommes et de huit cens chevaux d'artillerie.
La Revue envoyé une chaisne d'or de mille escus à M. le major Rosen, pour luy tesmoigner la satisfaction qu'elle a du devoir qu'il a fait en cette dernière occasion. Vous lui sçaurez faire valoir l'estime que Sa Majesté fait de sa personne, et ce qu'elle se promet de son service, qu'elle ne laissera point sans reconnoissance. Vous ne douterez pas que je ne sois, etc.
1 Voyez ci-dessus (p. 72A, noie) les dé- 2 On a vu plus liaul (p. 777, note) que
Laits donnés sur ce gouverneur, qui se nom- le lieutenant-colonel et le major de réginx-nl
niait Widerholl. On avait d'abord cru qu'il du margrave ou marquis de Bade 9'étaieal
voulait traiter avec les Bavarois; mais on fort mal conduits dans le combat livré aux
ne larda pas à reconnaître qu'il avait pour Bavarois, et avaient été an-étés par ordre de
luit de se maintenir indépendant. Turenne.
Juin i ti'i i.