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Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n" 1719, tom. 1, P -^oO verso.
A M. DE TRACY
[Paris ou Rue),] juin 16'ji.
Monsieur,
Vous pouvez croire qu'il ne me pouvoit rien arriver de plus agréable que la nouvelle que vous me mandez de la deffaite des Bavarois. C'est un coup qui restablira la réputation de nostre armée, qui estoit, comme vous sçavez, fort afToiblie, et qui luy donnera cœur d'entreprendre de plus grandes choses sur les ennemis, ayant trouvé 1 par expérience qu'ils n'estoient pas ce qu'ils pensoient estre , c'est-à-dire invincibles. Ce que vous m'escrivez de la prévoyance [et] du secret avec lequel M. de Turenne a mesnagé cette entreprise ne me surprend point, non plus que la resolution avec laquelle M. de Rosen l'a exécutée.
La Reyne envoyé à celluy-cy, suivant vostreavis, une chaisne d'or de mille escus pour luy tesmoigner la satisfaction qu'elle a du devoir qu il a fait en cette occasion. Vous luy sçaurez bien faire valoir ce tcsmoignage d'estime et de bonne volonté que luy rend Sa Majesté, et ce qu'il en doit attendre à l'avenir, continuant à bien servir.
J'approuve fort ce qu'a fait M. le mareschal de Turenne d'avoir remis entre les mains de l'auditeur gênerai le lieutenant-colonel et le major du régiment du marquis de Bade, pour faire exemple de leur lasclieté, comme je me resjouis aussy que mon régiment ayt fait son devoir. Croyez, ce pendant, que vos interests me seront tousjours fort chers.
1 II y a trouvé dans le manuscrit, mais il semble que le mot prouvé donnerait un aeoa préférable.