‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 278 sur 335 · DLVI · texte numérisé non relu

DLVI

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. 1, f° 2o5 verso.

A M. D'ERLACH

[Paris,] juin îfi'i.'i '.

Monsieur,

La confiance que la Reyne a en vostre fidélité et en vostre zèle, dont elle a receu tant de preuves, l'a obligée de me commander de vous escrire, et de vous prier, de sa part, d'employer tout ce que vous avez de crédit envers le gouverneur de Hohenweil a pour le divertir du traité où l'on nous a mandé qu'il estoit avec nos ennemis3. \ous luy sçaurez faire sentir avec adresse la bresche qu'il fairoit à son honneur d'entendre à un si sale marché que celluy qu'on luy propose, si tant est que cela soit, et comme, au mesme temps qu'il mettra son honneur à couvert, il peut trouver l'utile du costé de la France et une recognoissance digne de sa fidélité et de ses services; en quov vous

Juin 1 6 ht».

1 Cette lettre devrait être placée dans les premiers jours du mois de juin 164/1, à la mite do la lettre «le Mazarin à Turenne en

date «lu •>! mai 16M. (Voyez ci-dessus, 16.)

' Sur llolienweil ei sur le gouverneur de place. DOmmé W i'Icrliolt . \o\ez ci-

dessut . p, S6â . note •>..

I ne lettre inédite do Ii<>i nu maréchal de Tontine, en dnle du l3 juin iG44, l>arle également d'un projet de traité du gouverneur de Hohenweil avec la Bavarois : rMoo cousin, écril le Roi à Turenoe (ma. Bibl. imp. fr. /1170. fol. i.'îy v"-i4o), je ne double pas que le rieur de Caumarlin. mon ■mbaasadeur en Suisse, ne vous ayl donné part de l'advis «pi il s receu que les ennemis ont fait un traité BV6C kl gouver-

neur de Hohenweil pour s'asseurer de la place. Neantmoins, j'ay bien voulu vous envoyer cet advis et vous faire celle lettre pour vous dire que l'intention de la Heine Régente . madame nia mère, et la mienne est que, pour descharger ledit gouverneur du traité que les ennemis voudraient faire avec lu;. vous luy fassiez entendre, par telle voye seure que vous adviserez, que je luy feraj donner pour le prix de Bon goavernemenl et la rescompense de ses services la mesme somme <lc deux cent mille livres, qu'ils Iu\ offrent; que, après que vous serez convenu avec luy du lieu et du temps, vous luv fore/ tenir celle somme. Vous la luy envoyiez s condition de remettre la place es mains de qui vous trouveras bon, désirant que vous choisissiez à col effet une personne qui en

juin i'i'm. .serez, s'il vous piaist, sa caution, comme je suis la vostre de ce costé-là. Je vous laisse mesnager le tout et prendre les mesures que vous jugerez [utiles], selon vostre prudence accoustuméc.

Je vous diray toutesfois que, bien que vous ne soyez pas seul à agir en cette occurrence, et que M. le marescbal de Turenne s\ doive employer et MM. les Suisses, qui y ont l'intcrest que vous sçavez, Sa Majesté espère beaucoup de vostre autorité et de vostre conduite. Je l'ay asscurée que vous n'y oublierez rien, de quoy je vous conjure, et de croire que personne ne sera jamais plus que moy. etc.

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