‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 28 sur 335 · MONSEIGNEUR LE CARDINAL BARRERINO, A ROME · texte numérisé non relu

MONSEIGNEUR LE CARDINAL BARRERINO, A ROME

De Saint-Germain, le 12 février 1 643.

Je suis persuadé que le gouverneur de Milan, après avoir satisfait sa curiosité, aura bien voulu remettre les lettres que je m'étais donné l'honneur d'écrire à Sa Sainteté et à Votre Éminence. Maintenant, pour répondre aux deux

1 François Barljerin. principal ministre 2 Sans doute pour a quest' ora (mainte-

du pape Urbain VIII. nant ).

Nuiitio, devo rendere a Vostra Eminenza umilissime gratie dell' ofticio Févrieri643.

che si è compiaciuta passare meco per la grave perdita che si è fatta

de! signor Cardinale Duca. La Francia piange la mancanza di un cosi

utile e glorioso ministre, ed io, che a tante considération'! pubbliche

devo aggiungere le mie particolari obbligationi in qualità e numéro

straordinario, ne sarô sempre inconsolabile, senza attendei'e altro dal

tempo che nuovi motivi per aumentare il mio giustissimo dolore.

Quella gloriosa memoria, persuasa cosi dall' affetto che mi portava,

insinuô al Re , con termini di stima délia mia persona , che non

sarei stato incapace di occupare un luogo nel suo consiglio, e Sua

Maestà in seguimento mi comandô di restare a servirla, quando in-

stava perché mi fosse permesso di haverne l'onore in cotesta Gorte;

ma corne la mia insufficienza persuadera la Maestà Sua ad accordarmi

tra qualche tempo la gratia che già m' ha ricusata, cosi non dispero

di conseguirla.

Tra tanto la mia maggior ambitione sarebbe d' baver campo, in ser-

lettres que m'a remises Monseigneur le nonce, je dois témoigner à Votre Eminence mes très-humbles remercîments pour les compliments de condoléance qu'elle a bien voulu m'adresser au sujet de la perte considérable que nous avons faite de Monseigneur le cardinal-duc. La France éplorée sent combien lui manque un si utile et si glorieux ministre, et moi, qui, à tant de considérations publiques dois ajouter les grands et nombreux bienfaits dont il m'a comblé, j'en serai toujours inconsolable, sans attendre du temps autre chose que de nouveaux motifs d'augmenter ma trop juste douleur. Ce grand ministre, de glorieuse mémoire, poussé pour ainsi dire par l'affection qu'il nie portait, fit entendre au Roi, en termes pleins d'estime pour moi, que je ne serais pas incapable d'occuper une place dans son conseil. En conséquence. Sa Majesté m'a ordonné de rester ici à son service, bien que je la priasse instamment de me permettre d'avoir l'honneur de la servir dans votre Cour. Mais comme mon insuffisance forcera Sa Majesté à m'accorder dans quelque temps la faveur qu'elle m'a refusée, je ne désespère pas de l'obtenir.

En attendant, ma plus grande ambition serait de pouvoir, tout en servant

Févrien6û3. vendo Sua Maestà col zelo e fedellà che devo, rendere qualche segnalato servitio alla Sauta Sede, e corrispondere insieme aile infinité obbligationi che devo alla Santità di Nostro Signore, e Vostra Eminenza, a cui desidero con passione di testificare 1' umilissima servitù che le professo, potrebbe agevolannene il modo, adoprandosi in comporre le difïerenze che hanno obligato il signor marchese di Fontanè di sorlire di Roma; e cosi ristabilita la buona corrispondenza tra Sua Santità ed il Re non solamente mi sarà facile di conservarla, ma renderla sempre più perfetta con avvantaggio di Sua Santità e dell' eccellentissima sua casa. Ho sopra di ciô parlato liberamente a Monsignor Nuntio, e pregatolo a volere con la medesima liberté esporre li miei sensi ail' Eminenza Vostra, che sono pieni di zelo e di desiderio di vedermi in stato di far conoscere a Sua Santità ed a Vostra Eminenza che non hanno servitore ne più divoto ne più partiale di me, mentre in apparire, ed essere taie non debba appartarmi da quello devo a Sua Maestà.

Non ho che repplicare alla Jettera di Vostra Eminenza intorno

Sa Majesté avec le zèle et la fidélité que je lui dois, rendre quelque service signalé au Saint-Siège , et répondre à la fois aux obligations infinies que j'ai à Sa Sainteté; votre Eminence, à qui je désire avec passion prouver le trèshumble dévouement que je professe pour elle, pourrait m'en faciliter le moyen, en s'employant à terminer les différends qui ont obligé M. le marquis de Fontenay de sortir de Rome; et, les bonnes relations entre Sa Sainteté et le Roi étant ainsi rétablies, il me sera facile non-seulement de les maintenir, mais encore de les rendre de plus en plus intimes , au grand avantage de Sa Sainteté et de son illustre maison. Je me suis entretenu de cela très-franchement avec Monseigneur le nonce et l'ai prié de vouloir bien, avec la même loyauté, exposer mes sentiments à Votre Eminence. Ils vous montreront tout mon zèle et mon désir de me voir en état de faire connaître à Sa Sainteté et à Votre Eminence qu'elles n'ont point de serviteur plus dévoué et plus affectionné que moi, bien que, tout en me montrant et en étant tel, je ne doive point m'érarter de ce que je dois à Sa Majesté.

Quant à la lettre de Votre Eminence au sujet des avis qui ont été donnés à

gli avvisi che furono dati al signer Cardinale Duca de! poco affetto dell' Févrien643. Eminenza Vostra, mi dispiace solamente di non haverla ricevuta in vita di Sua Eminenza, che si sarebbe non poco rallegrato di vederla con termini si obbliganti e con si buone ragioni protestare il contrario. Gon che supplicando Vostra Eminenza ad onorarmi de' suoi comandamenti, le faccio umilissima riverenza.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. IV. î" 1 56 reclo.

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