LIEUTENANT COLONEL DD REGIMENT DES GALERES
Monsieur,
Vous recevrez par le courrier qui vous fut despesche hier une si ample instruction de ce que vous avez à faire, que je n'ay rien à vous ajouster par celle cy, que vous conjurer d'exécuter le plus promptement possible les ordres qui vous viendront de Piémont, pour la jonction de vostre régiment et des autres troupes de Provence à l'armée qui se prépare pour le secours de Tortone. Le Roy attend en cette occasion des preuves extraordinaires de vostre affection pour son service. Pour ce qui est de vostre régiment, je vous responds, et vous vous en pouvez
1 Jean de Wert ou Werth, un des plus vaincu par le maréchal de Guébriant, le célèbres généraux de l'Empire, avait été 26 septembre 16/12.
fier à ma parole, qu'il sera de nouveau payé durant cette expédition, Févrien643. qui ne sera pas longue, comme s'il estoit en Provence, et qu'en toute autre chose aussy bien qu'en celle cy je vous tesmoigneray que je suis véritablement, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1919, tom. I, f° 2^1 verso.
A M. LE ÏELLIER.
[Saint-Germain-en-Laye,] 28 février i6/i3.
Monsieur,
Vous aurez esté si pleinement informé, tant par ma dernière despesche que par les autres que vous recevrez d'icy, des bonnes intentions du Roy pour le secours de Tortone, des ordres qu'il a donnés de tous costés pour le faire réussir, et de tous les préparatifs qu'on fait pour cela, que j'ay jugé une chose superflue de vous en rien dire davantage, .l'ajousteray seulement à ce qui est porté par lesdites despesches que, si après l'expédition qu'on va tenter, que nous présumons estre heureuse, quoyqu'elle soit difficile, il prend volonté à M. le prince Thomas de venir à la Cour, il doit se promettre de Sa Majesté tout le bon traitement qu'un homme de sa naissance et de son mérite peut recevoir d'un prince qui l'estime et qui l'ayme infiniment et qui sera tousjours ravy de luy en rendre des preuves qui ne soient pas ordinaires. Vous luy en pourrez donner de grandes asseurances, qui seront confirmées par des effets encore plus grands. C'est tout ce que je vous dira) maintenant pour response à la vostre du i5 février, après vous avoir remercié des avis que vous me donnez, et vous avoir conjuré de n'oublier rien de ce qui dépendra de vous pour l'acheminement de la plus importante entreprise qui occupe maintenant l'esprit et les armes du Roy, et le bon succez de laquelle me donnera lieu de vous servir plus avantageusement auprès de Sa Majesté et de vous tesmoigner que je suis plus véritablement que personne, etc.
JH/.ARIN. — I. I ,r>
Février i 663.
Manusc. de ia Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. I, f° 96 recto.
A M. LE COMTE DE NASSAU1
j Saint-Germain-en-Laye,] 28 février 1 663.
Monsieur,
Je ne serois ny assez bon serviteur du Roy, ny assez reeonnoissant de l'honneur qu'il m'a fait de me donner part en la conduite de ses affaires, si je n'avois en particulière considération vostre maison, qui a esté de tout temps fort attachée aux interestz de nostre Couronne2. C'est pourquoy je vous supplie de croire que je porteray tousjours les vostres dans les occasions, et que vous ne trouverez jamais à désirer mes offices auprès de Sa Majesté où il s'agira de vostre service. Les effetz, si vous m'en donnez le moyen, vous feront plus sensiblement connoistre cette vérité, en vous tesmoignant mieux que mes paroles que je suis passionnément, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f* 26 verso.