L1EUTEKANT-COLONEL DD REGIMENT DD CARDINAL MAZARIN
[ Saint-Germain-en-Laye , ] G mars 16/1 3.
Monsieur,
Pour respondre à la vostre du 2 de ce mois, je vous diray que vous devez tousjours confirmer le comte Sanctus et son frère en la volonté de bien servir et de s'asseurer que je suis fort satisfait de leur conduite. Pour ce qui est du sieur Bavoncini, puisque vous m'asseurez que les plaintes que l'on m'a faites de luy sont mal fondées, je suis content qu'il demeure dans sa charge et de déférer plus à vostre tesmoignage qu'à tout ce qu'on pourroit en avoir dit.
Le capitaine Valat a grand tort de se plaindre qu'on luy ayt retenu les cent pistoles qu'il avoit touchées il y a un an, puisqu'il n'a point fait la levée à laquelle elles estoient destinées.
Il est à propos que le lieutenant qui a conduit soixante cinq Monlferrins1 ne les quitte point, de peur qu'ils ne se desbandent, et qu'il les commande séparément des autres compagnies, attendant la venue du capitaine, qui est homme de condition et dans la compagnie duquel ils doivent entrer.
Vous recevrez les officiers de M. Bouffalo et ferez donner la monstre entière à M. le marquis Bevilaqua, sans conséquence pour les autres.
Pour vostre voyage de la Cour, vous n'y devez pas penser, puisque la cause pour laquelle vous le vouliez faire cesse, et qu'il y a desjà entre les mains de M. de Noyers quatre cent mille livres pour la com-
; Soldats levés dans le Montferrat. pro- mot monstre indiquait à la fois la revue où
vince du Piémont, dont Casai était la capi- l'on constatait la présence effective des sol-
t.ilc. dats sous les drapeaux, el la solde paver
1 C'est-à-dire la solde des troupes. Le pour les troupes.
Mars i6û3. pagnie que vous avez, et que je tiendray la main de vous faire asseurer dans peu de temps les autres quatre cent mille livres.
Vous payerez les dix pour cent au capitaine Bcrnardini, et recevrez pour second aumosnier du régiment un prestre de M. le marquis de Bevilaqua, à quinze escus de paye par mois.
Vous dresserez un estât de ce que vous aur,ez receu et de ce que vous aurez despensé pour mon régiment, et je vous feray remplacer de ce qui aura esté despensé au delà de la recepte.
J'ay appris que les compagnies de mondit régiment n'estoient pas si complètes qu'elles doivent estre : je vous conjure d'y tenir la main, et d'exhorter les capitaines, afin qu'elles soient en Testât où elles doivent estre pour le dernier de ce mois, auquel jour, pour le plus tard, il faudra qu'elles marchent.
Je me prometz que vous accomplirez exactement les ordres susdits, et que j'auray sujet de me louer de vos soins, que je tascheray de reconnoistre dans les occasions avec autant de passion que je suis, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. IV, f 170.