A MONSIEUR DI LIONNE, ROM A
Di San-Germano , il 3o marzo 1 663.
Vostra Signoria ha ben fatto di spedire d' Aix, et ritornarsene in diligenza a Parma, poichè se bene si spera poco délie risolutioni del signor duca per il soccorso di Tortona; ad ogni modo essendo il negotio di grand' imporlanza, non si deve trascurare diligenza alcuna, oltre che per moite ragioni conveniva che, nelle presenti congiunture, si trattenesse qualche ministro del Pie appresso Sua Altezza. Non deve perô Vostra Signoria mettersi in pena dell' ordine datoli, potendola io assicurare che riceverà quello di ritornarsene subito che da suoi dispacci s' intenda in quai dispositione si trovi 1' Altezza Sua; e come io desidero di vederla quanto prima, non perderô tempo in farla richiamare, quando il servitio del Re lo permetterà, che sarà ben presto.
A M. DE LYONNE, A ROME
De Saint-Germain, ie 3o mars i643.
Vous avez bien fait d'écrire d'Aix et de vous en retourner aussitôt à Parme , bien que l'on espère peu que le seigneur duc se décide à envoyer des secours à Tortone. Malgré cela, l'affaire étant d'une grande importance, on ne doit négliger aucune précaution; d'ailleurs, pour beaucoup de raisons, il convenait, dans les circonstances actuelles, d'entretenir un ministre du Roi auprès de Son Altesse. Vous ne devez donc pas vous mettre en peine de l'ordre qui vous a été donné. Je puis vous assurer que vous recevrez celui de vous en revenir aussitôt qu'on apprendra par vos dépêches dans quelle disposition se trouve Son Altesse ; et comme je désire vous voir au plus tôt, je ne perdrai pas de temps pour vous faire rappeler, quand le service du Roi le permettra : ce qui aura lieu bientôt.
Quando il signor duca di Parma non giudichi a proposito di unire Mars l643. le sue armi a quelle di- Sua Maestà per il soccorso di Tortona, facendo professione di neutralc, non potranno li Spagnuoli dolersi che somministri viveri ail' armata di Sua Maestà, non essendo questo atto contrario alla neutralità, massime in tempo che permette il passaggio ne' suoi Stati alla cavalleria che vien di Napoli.
Qui non si è dimenticato diligenza alctina, ne si è perdonato aspesa per fare passare nervo di gente in Piemonte, et in fatti credo al présente 1' esercito di Sua Maestà rinforzato a segno, che, se non vient' impedito dal mancamento di viveri, nessuna cosa puô trattenerlo di non tentare il soccorso délia detta piazza, che per ogni ragione pare riuscihile. E perché si spera che il tempo lo permetterà, proseguiscono le diligenze per far continuamente passare i monti a nuove truppe.
Il signor prencipe Tommaso è risoluto di fare il possibile per il buon esito di questa impresa, e per quanto apparisce nessuna attionesua persuade il contrario; ricevendosi ancora presentemente nuove di Spagna
Si Mgr le duc de Parme ne juge pas à propos d'unir ses armes à celles de Sa Majesté pour secourir Tortone, à cause de sa neutralité, les Espagnols ne pourront pas se plaindre de ce qu'il fournit des vivres à l'armée de Sa Majesté. Ce n'est pas un acte contraire à la neutralité, surtout au moment où il permet à la cavalerie qui vient de Naplcs de passer par ses Etats.
Ici on n'a négligé aucune mesure, on n'a épargné aucune dépense pour faire passer des forces en Piémont; aussi je crois l'armée de Sa Majesté maintenant assez renforcée pour que, si toutefois elle n'est pas arrêtée par le manque de vivres, rien ne puisse l'empêcher de tenter de secourir ladite place, et nous avons toute raison de croire que cela réussira. Comme on espère que le temps le permettra, on continue les diligences pour faire passer continuellement les monts à de nouvelles troupes.
M. le prince Thomas est résolu à faire tout son possible pour la réussite de cette entreprise, et aucune de ses actions ne nous permet de craindre le contraire. Nous recevons encore aujourd'hui des nouvelles d'Espagne qui nous
Mars i643. che la disgratia del conte duca non ha punlo diminuito i mali trattamenti e le miserie délia signora prencipessa di Carignano, sua moglie.
Habbiamo avviso di Piemonte, che si era spedita persona espressa al signor duca di Parma per farii diverse propositioni sopra il soccorso di Tortona, di maniera che Vostra Signoria, al suo arrivo cola, havrà trovato il negotio in piedi, e si è vero, come voglio credere,che il signor prencipe Tommaso habbia fatlo proporre, che volentieri cédera il dono fattoli da Sua Maestà délia detta piazza, perché ne goda il signor duca di Parma, Vostra Signoria havrà un largo campo di portais Sua Altezza a profitarsi di cosi bella occasione, massime in tempo che per gl' avvisi che si ricevono di Roma, e per la forma nella quale parla qui il Nuntio, si puô lo credere, che facilitato in qualche modo da Sua Altezza potrà havere effetto 1' accomodamento con Sua Santità.
lo credeva già moite settimane sono che fossero stati pagati al signor di Villarè li cento mila franchi ordinati per Sua Altezza, e se il suddetto me ne havesse detto una parola, vi havrei proveduto, corne ho fatto subito ricevuto il dispaccio di Vostra Signoria. Ne! rimanente la
apprennent que la disgrâce du comte-duc n'a point diminué les mauvais traitements et les malheurs qu'éprouve Mme la princesse de Carignan, sa femme.
On nous annonce du Piémont qu'on avait envoyé un exprès à M. le duc de Parme pour lui faire diverses propositions au sujet du secours de Tortone; de sorte que, en arrivant dans cette ville, vous aurez trouvé l'affaire en train, et s'il est vrai, comme je veux le croire, que M. le prince Thomas ait fait dire qu'il réderait volontiers le don de la place que lui a fait Sa Majesté, pour que le duc de Parme en jouisse, vous aurez un beau champ pour amener Son Altesse à profiter d'une aussi belle occasion, surtout au moment où, d'après les nouvelles que l'on reçoit de Rome et la manière dont parle ici le nonce, on peut croire que l'accommodement avec Sa Sainteté, facilité d'une manière quelconque par Son Altesse, pourrait avoir lieu.
Je croyais que les cent mille francs destinés à Son Altesse avaient été payés, il y a déjà plusieurs semaines, à M. Villaret; s'il m'en avait dit un mot, j'y aurais pourvu, comme je l'ai fait aussitôt que j'ai eu reçu votre dépêche. Du reste,
DU CARDINAL MAZARIN. ik%
prego a non mettersi in pena deili termini, che usa meco il duca di Mare i6a; Parma, perché io ne sono sodisfattissimo, e mentre continui ad essere partiale di questa Corona, puô lo assicurarsi che sarà sempre servito da me con affetto e puntualità.
Se nell' avvicinarsi a coteste parti 1' esercito di Sua Maestà potesse riuscire a Vostra Signoria d' inviarmi un buon corpo di soldatesca italiana, la Maestà Sua ne riceverebbe gusto particolare, et io li ne restarei obbligato. In questo M. Le Tellier, intendente dell' armata d' Italia, richestone da Vostra Signoria, fornirà il danaro necessario, e darà le rotte per il Piemonte e per il Delfinato, perché andasse ad unirsi col mio regimento.
Il signor suo cugino m' ha consegnato il giojelletto e i'borologgm. nel quale il Benedetti ha preso errore, dovendomene mandare mio di diamanti, e non questo smaltàto, ma io gl' ho scritto sopra di ciô quello era necessario.
Le diligenze fatte da Vostra Signoria nell' aflare di Napoli sono state opportune, e la condotta tenuta in tutta la negotiatione a Venetia. e
je vous prie de ne pas vous mettre en peine des expressions dont se sert avec moi le duc de Parme, puisque j'en suis très-satisfait, et, pourvu (|u'il continue à être attaché à notre Couronne, il peut être sûr qu'il sera toujours servi par moi avec affection et ponctualité.
Si, quand l'armée de Sa Majesté sera près de vous, vous pouviez parvenu à m'envoycr un bon nombre de soldats italiens, Sa Majesté en ressentirait un plaisir particulier, et moi je vous en serais infiniment obligé. Alors M. Le Tellier, intendant de l'armée d'Italie, à votre réquisition fournira L'argent nécessaire et donnera les feuilles de route par le Piémont et par le Dauphiné, afin que ces troupes puissent se réunir à mon régiment.
M. votre cousin m'a remis le petit joyau et la montre; mais Benedetti s'est trompé; je lui demandais de m'envoyer un bijou en diamant el non en émail: mais là-dessus je lui ai écrit ce qu'il fallait.
L'activité que vous avez déployée dans l'affaire de Naples a été pleine d'à-propos. Votre conduite dans toute la négociation à Venise et votre retour
\àà LETTRES
Mars i643. ne! ritorno apprcsso il duca di Parma, è stata giuditiosa, et io non ho mancato di far valere a Sua Maestà li servitij ch' ella ha resi, corne i'arô ail' avvenire in tutte le occasioni, desiderando con passionc ogni suo hene et avvantaggio.
Mi valerô opportunamente dcll' avviso datomi da Vostra Signoria del cardinale di Lione ', senza che ne da lui ne da altri se ne penetri cosa alcuna.
Non doveva Vostra Signoria havere alcun scrupulo in scrivermi T avviso datomi délie diligenze, che doveva fare il duca di Sermoneta, perché per gratia di Dio sono in istato da non temere queste machine.
Ho parlato a M. di Chavigni dell' interesse di Vostra Signoria, e m' ha promesso che darà non solamente ordine per il pagamento délie provvisioni che le sono dovute , ma ancora per qualche straordinario in riguardo délie spese fatte da lei a Venetia, ed in tanti viaggi.
La morte del signor cardinale duca non deve raffreddare il duca di Modena, poichè gl'alTari si conduranno con la medesima fermezza e
auprès du duc de Parme ont prouvé chez vous un excellent jugement, et je n'ai pas manqué de faire valoir auprès de Sa Majesté les services que vous avez rendus; ce que je ferai à l'avenir dans toutes les occasions, vous souhaitant ardemment tous les biens et tous les avantages.
Je saurai profiter, dans l'occasion , de l'avis que vous me donnez sur le cardinal de Lyon, sans que ni lui ni aucun autre se doutent de rien.
Vous ne deviez avoir aucun scrupule de m'écrire l'avis qui m'a été donné de tout ce que devait faire le duc de Sermoneta, car, Dieu merci, je suis en état de ne rien craindre de ces machinations.
J'ai parlé à M. de Chavigny de vos intérêts; il m'a promis de donner des ordres non-seulement pour le payement des émoluments qui vous sont dus, mais encore pour un crédit extraordinaire relatif à toutes les dépenses que vous avez faites à Venise et dans tant de voyages.
La mort de Mgr le cardinal -duc ne doit pas refroidir le duc de Modène ; car les affaires seront conduites avec la même fermeté et vigueur, et je suis
1 Le cardinal de Lyon était, comme on l'a vu plus haut, le frère du cardinal de Richelieu.
vigore, ed io sono tanto partiale di Sua Altezza, che puô promettersi Mars i6û3. dall' affetto mio maggiori avvantaggj di quelli havrebbe potuto sperare in aîtri tempi.
La stima parlicoiare ch' io faccio del signor conte Testi, col quale ho contratta e conservata una stretta amicitia di lunga mano, deve anco rendere più facile a Vostra Signoria ogni negotiatione con 1' Altezza Sua.
M. di Chavigni è dichiarato plenipotentiario per il congresso délia pace, volendo Sua Maestà vincere in efïetti con sincerità gl' artifilij de' Spagnuoli, che non volendo in sostanza la pace procurano con false apparenze imprimere il contrario, per cattivare benevolenza e rendere odioso il nome francese; ma corne la Maestà Sua sa benissimo che 1' intentione loro è lontanissima dal contribuée al riposo délia Ghristianità, cosi pensa di s-tabilire bene i modi da continuare la guerra lungo tempo, e con tali forze, che i suoi nemici habbino sempre nuove occasioni di remanere confusi.
Per via del segretario del ambasciatore di Venetia ho fatto rimettere
si dévoué à Son Altesse, qu'elle peut se promettre de mon affection de plus grands avantages que ceux qu'elle eût pu espérer dans d'autres temps.
L'estime particulière que j'ai pour M. le comte Testi, avec lequel j'ai depuis longtemps contracté et conservé une étroite amitié, doit encore vous rendre plus facile toute négociation avec Son Altesse
M. de Chavigny est nommé plénipotentiaire pour le congrès de la paix, Sa Majesté voulant, par des effets et par sa loyauté, triompher des artifices des Espagnols, qui, au fond, ne voulant pas la paix , tachent, par de faux semblants, de faire croire le contraire, pour gagner la bienveillance publique et rendre odieux le nom français. Mais comme Sa Majesté sait très-bien que leur intention est très-éloignée de contribuer au repos de la Chrétienté, elle pense à bien s'assurer des moyens de continuer la guerre longtemps et avec des forces (elles, que ses ennemis aient toujours de nouvelles raisons d'être confondus.
J'ai, par l'intermédiaire du secrétaire de l'ambassadeur de Venise, fait re-
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Mars i643. un' aiinala di pensione al padre Vittorio Siri1, et havrô caro d' impiegarmi in altre cose di suo servitio, mentre me se ne presenti 1' occasione, corne Vostra Signoria potrà assicurarlo ; ma come vedo nella memoria inviatami da lei che dimanda gran somme di danari, non so corne polerlo contentare.
.Attenderô dunque che Vostra Signoria m' accenni quello si potrà l'are. Io sono certissimo d' haverlo ringratiato, quando mi dedicô il suo libro, e se non ha ricevuta la leltera, senz' altro sarà mal capitata; e se prenderà la pena di scrivermi di nuovo, riconoscerà nella risposta la stima che faccio délia sua persona, et il desiderio che ho d' impiegarmi in suo avvantaggio.
Ricordo a Vostra Signoria fare qualche diligenza per trovare qualche bel cane, come già le scrissi, et resto, ecc.
mettre une année de pension au père Vittorio Siri1, et je m'empresserai de lui rendre tous les autres services, quand j'en trouverai l'occasion, comme vous pourrez l'en assurer; mais je vois dans le mémoire que vous m'avez envoyé qu'il demande de grandes sommes d'argent ; je ne sais comment pouvoir le contenter.
J'attendrai donc que vous m'indiquiez ce qu'on pourra faire. Je suis trèscertain de l'avoir remercié pour la dédicace de son livre; s'il n'a pas reçu ma lettre , c'est qu'elle sera tombée en des mains infidèles. S'il veut prendre la peine de m'écrire derechef, ma réponse lui fera connaître l'estime que j'ai pour sa personne et le désir que j'ai de lui être utile.
Je vous prie de nouveau de vous occuper de trouver un beau chien , tel que je vous l'ai écrit.
Je suis, etc.
1 Historien italien qui a laissé un grand et un recueil intitulé Mercure (Il Mercurio, nombre d'ouvrages, entre autres des mé- ovvero Historia de' correnti tempi). Voyez la moires (Meworic reconditc) sur le xvif siècle table alphabétique, à la fin du volume.
DU CARDINAL MAZARÏN. U7
Manusc. de la Biblioth. Mazarine. n° 1719. tom. I, f° 3 h recto.