GODVEIWEUK DE SAINT-QUENTIN
( Saint-Germain-en-Laye,] 21 avril i663.
Quand bien mesme Saint-Quentin ne seroit pas une place de la réputation qu'elle est, et qu'elle n'auroit pas une puissante armée voisine, comme est celle de M. le duc d'Anguien1, pour la couvrir, la valeur et l'expérience de celuy qui y commande, qui ne sont pas inconnues aux ennemis, nous font présumer qu'ils ne s'engageront pas à un siège où ils ne pourraient recevoir que de la honte. Gela n'a pas empesché que je n'en aye parlé au Roy, qui a jugé que d'y jeter quelques regimens ce ne seroit que les faire ruiner sans nécessité, puisque, s'il en estoit besoin, M. le duc en pourroit jeter à toute heure. M. de La Vrillière2 vous escrit au long sur ce sujet, à la despesche duquel me remettant, je me contenteray de vous asseurer que je seray tousjours bien ayse de rencontrer les occasions où je vous puisse faire paroistre et que je vous estime beaucoup et que je suis véritablement, etc.
1 Louis de Bourbon , duc d'Enghien , qui prit le nom de prince de Condé à la mort de son père, Henri de Bourbon. Il venait de recevoir le commandement de l'armée destinée à protéger le nord de la France contre les attaques des Espagnols. (Voyez ci-dessus. p. 1 47, note, la lettre que lui adressa Mazariu lorsque Du Hallier fut nommé maréchal de France.)
2 Un des quatre secrétaires d'État. Il était
de la maison des Phelypeaux. (Voy. la table alphabétique , à la fin du volume. ) Les secrétaires d'État , qui n'avaient pas encore , à cette époque, la haute position qu'ils occupèrent à la fin du règne de Louis XIV, étaient, en avril 16/1 3 : Henri de Guénégaud, seigneur du Plessis ; Michel Le Tellier, par commission; Léon Le Bouthillier, comte de Chavigny, et Phelypeaux de La Vrillière.
\ \ iil i6A3.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine , n° 1719, tom. I , f° 36 verso.
A M. LE COMTE DE QUINCÉ