‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 85 sur 335 · A MONSEIGNEUR LE CARDINAL BICHI · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE CARDINAL BICHI

De Paris, le 3o juin 1 643.

J'ai reçu, presque en même temps, les deux lettres de Votre Éminence, du 9 et du 1 5 courant, et j'ai vu qu'elle était sur le point de partir. A cette heure, je la crois bien avancée dans son voyage, et j'aime à espérer que, à l'arrivée de ce courrier, Votre Eminence sera parvenue à arrêter la marche des armées dans les Etats de l'Eglise; car une dépêche reçue hier soir de M. de Lyoune, avec une copie d'une lettre écrite de Cento par M. le bailli de Valencey, sur l'ordre de Mgr le cardinal Antonio, me fait conclure qu'on pensait sérieusement à terminer tous les différends, et je suis ravi que Votre Eminence ait pu

DU CARDINAL MAZAR1N. 217

nenza possi essere arrivata in tempo, che la sua mediatione sia stata Juim643. proficua al bene délia Sede Apostolica et alla quiète d' Italia.

Dal dispaccio del signor conte di Brienne intenderà Vostra Eminenza perché lei spedisco questo corriero e quello si crede debba fare; nia corne non si puô l' havere notitia dello stato in che si troverà la negotiatione quando ella riceverà il dispaccio, cosi si rimette alla prudenza di Vostra Eminenza, che è su il luogo, di fare quel tanto che giudicherà più opportuno per Y adempimento dell' ottima intentione di Sua Maestà, che non risparmia diligenza alcuna per testificare la passione che ha di vedere riconciliati tutti li prencipi délia lega con la Santità di Nostro Signore; sopra di che havrà Vostra Eminenza largo campo di farne apparire la verità.

Essendo finito il tempo del signor marchese di Fontanè, e facendo egli instanza di havere permissione di ritornarsene, si è risoluto d' inviare in suo luogo M. Servien, 1' habilita del quale è ben conosciuta da Vostra Eminenza, a cui il suddetto professa una cordiale servitù; e questo è uno de' principali mottivi che io hebbi havuto per procu-

être arrivée assez à temps pour que sa médiation ait été profitable aux intérêts du Siège Apostolique et au repos de l'Italie.

D'après la dépêche de M. le comte de Brienne, Votre Eminence apprendra pourquoi je lui expédie ce courrier, et ce qu'on croit qu'elle doive faire. Mais, comme on ne peut savoir où en sera la négociation quand elle recevra la dépêche, on s'en remet à la prudence de Votre Eminence, qui est sur les lieux et qui fera tout ce qu'elle jugera de plus opportun pour remplir les excellentes intentions de Sa Majesté, qui n'épargne rien pour prouver le désir ardent qu'elle a de voir tous les princes alliés réconciliés avec Sa Sainteté. Là-dessus Votre Eminence aura une libre carrière pour faire éclater la vérité.

Le temps de l'ambassade de M. le marquis de Fonlenay est terminé, el comme il insiste pour avoir la permission de s'en revenir, on a résolu d'envoyer à sa place M. Servien, dont l'habileté est bien connue de Votre Eminence, pour laquelle le susdit professe une cordiale affection; c'a été un des principaux motifs que j'ai eus pour lui procurer cet emploi. Je lui ai, en outre, donné

MAZARIV — I. 2S

Juin i663. rarli il detto impiego e 1' ordine d' adoperarsi ancora, corne ambascial.ore straordinario, alli prencipi d' Italia, di concerto con Vostra Eminenza per l'aggiustamento, lestificando Sua Maestà con tante diligenze reiterate la premura che ha per la conclusione di esso, e tanto più si è creduta a proposito questa missione, quanto che allongandosi il trattato dell' accommodamento, e venendo Vostra Eminenza costretta di trasferirsi a Roma, è bene che resti in Lombardia ministro, che agia di concerto con l' Eminenza Vostra; ma io spero assolutamente che le sarà riuscito di mettere in arrivando il negotio in stato di aggiustamento, e che havrà servito di gran stimoli a tutti per facilitare l'apertura de! congresso di Munster, dove si è in procinto di trattare quello délia pace générale.

Subito che Vostra Eminenza potrà permettere a M. di Lionne di ritornarsene, la prego a fado, perché mi solleverà assai nelle grandi occupationi che ho, e per altro non essendo grato al Papa ne al duca di Parma, non vedo corne Topera sua possa essere costi proficua al servitio di Sua Maestà.

l'ordre d'agir, comme ambassadeur extraordinaire, auprès des princes d'Italie, de concert avec Votre Eminence, pour tout arranger. Sa Majesté veut prouver de nouveau l'importance qu'elle met à terminer cette affaire; et cette mission lui a paru d'autant plus opportune que, le traité d'accommodement pouvant être différé, et Votre Eminence se voyant forcée de se transporter à Rome, il est bon qu'il reste en Lombardie un ministre qui agisse de concert avec Votre Eminence. Mais j'ai bon espoir qu'elle sera parvenue, en arrivant, à mettre l'affaire en état d'être accommodée; qu'elle aura fortement engagé tous les intéressés à faciliter l'ouverture du congrès de Munster, où l'on est sur le point de traiter de la paix générale.

Aussitôt que Votre Eminence pourra permettre à M. de Lyonne de s'en revenir, je la prie de le faire. Il me soulagera beaucoup dans les grandes occupations que j'ai. D'ailleurs il n'est pas agréable au Pape, ni au duc de Parme. Ainsi je ne vois pas que ce qu'il pourrait faire fût très-profitable, en Italie, au service de Sa Majesté.

Stimo che 1' espediente de! deposito1, col quaie si mette al coperto Juim6/t3. la reputatione di Sua Santità, e si puô lo sodisfare al duca di Parma et agi' altri prencipi, sarà ottimo per terminare le difîerenze.

Ricordo a Vostra Eminenza di facilitare in tutto quello dependerà da lei una sincera riconciliatione col signor cardinale Antonio, compiacendo cosi estremamente al servitio di Sua Maestà. Faccio intendere al suddetto signor cardinale il medesimo, et il commendatore di Valencey, che tra due giorni partira per andarlo a trovare, si adoprerà in questo corne conviene.

In qualunque modo sia stato scritto a Vostra Eminenza di M. di Ghavigni, la verità è che gode, corne scmpre, la huona gratia délia Maestà délia Regina, dalla quale gl' è stato permesso di trattare délia sua carica di segretario di stato, che ne tirera cinque cento mila lire, e di andare ail' assemhlea di Munster con sicurezza di godere in ogni tempo, insieme con tutta la sua casa, la protezione di Sua Maestà e di servirla con titolo di ministro, e di già ne fà le funtioni. Ha ricevute

A mon avis, l'expédient du dépôt, au moyen duquel la réputation de Sa Sainteté sera mise à couvert et le duc de Parme peut être satisfait, ainsi que les autres princes, sera excellent pour terminer les différends.

Je rappelle à Votre Eminence le soin de faciliter, en tout ce qui dépendra d'elle, une sincère réconciliation avec Mgr le cardinal Antonio (Barberini) : elle rendrait un service signalé à Sa Majesté. Je fais entendre la même chose au susdit cardinal, et le commandeur de Valencey, qui dans deux jours partira pour aller le retrouver, s'occupera de cela comme il convient.

Quoi qu'on ait écrit à Votre Eminence de M. de Chavigny, la vérité est qu'il jouit comme toujours des bonnes grâees de Sa Majesté, qui lui a permis de traiter de sa charge de secrétaire d'Etat; qu'il en tirera cinq cent mille livres; qu'il ira au congrès de Munster avec l'assurance de jouir en tout temps, ainsi que toute sa maison, de la protection de Sa Majesté, et de la servir avec lo titre de ministre : il en remplit déjà les fonctions. Il a encore reçu d'autres

1 II s'agissait, comme on l'a déjà vu, de mettre le duché de Castro en dépôt entre les mains d'un tiers.

■îH.

Juin i6û3. ancora altre gratie dalla Maestà Sua , ed in conclusione, havendo io crédite», sarà sempre consideralo alla Cortc; e quando non l'habbia, ha ben fatto di disporre délia sua carica con gl' avvantaggj suddetti.

Io ricevo alla giornata marche migliori di confidenza et affetto dalla Maestà délia Regina e dal signor duca d' Orléans, e procuro di servire al meglio che mi è possibile; almeno è certo che ognuno vede che non risparmio fatica alcuna, e che per fedeltà e desiderio di ben fare, senza havere alcun' interesse particolare , non posso essere avanzato da più zelati servitori di questa Corona. Penso pero sempre a ripatriare, quando, senza mancare a me stesso et aile obbligationi che devo alla Francia, potrô farlo, perche in fine con tutto che le miei fini siano ottimi, e che sappia in me stesso di non haverne alcuno che non sia diretto ail' avvantaggio di Sua Maestà, non per questo lascio di havere mille oppositioni , e di prevederne délie maggiori ail' avvenire, non havendo tutti li Francesi il sentimento che dovrebbero per il bene délia patria e Re loro, et in consequenza aversione aile persone che si afïaticano in procurarlo.

grâces de Sa Majesté. Enfin, tant que j'aurai du crédit, il sera toujours considéré à la Cour; et si je n'en ai plus, il a bien fait de disposer de sa charge à de telles conditions.

Je reçois chaque jour les plus grandes marques de confiance de Sa Majesté la Reine et de Mgr le duc d'Orléans, et je tâche de servir le mieux qu'il m'est possible. Du moins il est certain que tout le monde sait que je n'épargne aucune fatigue, et que, pour le dévouement et pour le désir de bien faire, sans y avoir aucun intérêt particulier, je ne puis être surpassé par les plus zélés serviteurs de celte Couronne. Néanmoins, je pense toujours à retourner dans ma patrie, quand, sans me manquer à moi-même et aux obligations que j'ai à la France, je pourrai le faire; car enfin, tout excellentes que sont mes intentions, bien que je sache par devers moi n'en avoir aucune qui ne soit dans l'intérêt de Sa Majesté, je ne laisse pas de rencontrer mille oppositions, et d'en prévoir de plus grandes dans l'avenir. Tous les Français n'ont pas les sentiments qu'ils devraient avoir pour le bien de leur pays et de leur Roi. Par conséquent, ils ont de l'aversion pour les personnes qui s'efforcent de procurer ce bien.

Vostra Eminenza s' assicuri che passo una vita infelicissima, e senza Juillet i643. la bontà délia Regina, che in mille modi me ne fà godere gl' effetti, non potrei durare.

Que Votre Eminence soit bien convaincue que je passe une vie très-malheureuse, et, sans la bonté de la Reine, qui de mille manières m'en fait sentir tous les effets, je ne pourrais y tenir.

GXXXV.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. IV. f° 1 86 recto.

Page 1