A M. LE CHEVALIER MAGALOTTI
De Paris, le i" juillet i643.
Je vous accuserai, dans cette lettre, réception de la vôtre, qui m'a été remise par M. d'Amboise, qui eût mieux fait de ne pas faire ce voyage, condamné par tous cl qui ne lui sera d'aucune utilité. Je pensais plus à son avancement, quand il était près de vous, que je ne le ferai maintenant que je reconnais qu'il s'imagine <pie. pour obtenir des charges, il faut venir se faire entendre à la Cour.
( le qui m'a encore déplu, ce sont les termes dans lesquels m'écrit M. le comte
Juillet i643. signor conte di Plessis; le querele che per sua parte m ha portate il signord'Amboise, e li discorsiche ha tenuti costi, senza alcuna ragione, mobbligano a non abbracciare li suoi interessi corne ho sin hora fatto: e non posso soffrire che, quando si fà miracoli per assistere con truppe e denari l'armata d' Italia, in cambio di ringraziamenti si ricevino doglianze.
Vedendo corne M. di Plessis cambia di condotta, credo che lo faccia perché stimi a proposito di parlare alto nella Regenza; ma certo s'inganna, perché la Regina e tutti quelli che la servono vogliono che sia obedita puntualmente, e se io non credessi che Sua Maestà non dovesse esserlo corne lo era il Re defunto, non vorrei stare qui un giorno. Vostra Signoria sa con quanta tenerezza io habbia sempre amato, estimato il detto signore; potrà in consequenza immaginarsi quanto mi dispiaccia essere costretto a dolermi del suo procedere, e quanto desideri che si governi in modo che io habbia soggetto d'adoprarmi per suo servitio, ecc.
Du Plessis. Les plaintes que m'a apportées de sa part M. d'Amboise et les discours qu'il a tenus là-bas sans aucune raison m'obligent de ne pas embrasser ses intérêts comme je l'ai fait jusqu'ici. Je ne puis souffrir que, quand on fait des miracles pour envoyer des troupes et de l'argent à l'armée d'Italie, on reçoive au lieu de remercîments des reproches.
A voir le changement de conduite de M. Du Plessis, je crois qu'il agit ainsi parce qu'il juge à propos de parler haut sous la Régence. Mais certes il se trompe; la Reine et tous ceux qui la servent veulent qu'elle soit obéie ponctuellement, et si je ne croyais que Sa Majesté dût l'être comme l'était le feu Roi, je ne voudrais pas rester ici un seul jour. Vous savez avec quelle tendresse j'ai toujours aimé, estimé ledit seigneur; vous pourrez en conséquence vous faire une idée de mon déplaisir d'être forcé de me plaindre de ses procédés, et du désir que j'ai de le voir se conduire de telle sorte que j'aie sujet de m'employer pour lui, etc.
DU CARDINAL MAZAR1N. 228
== Juillet i663.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 65 recto.