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A MONSIEUR DI LIONNE1, ROMA

Di San-Gerraano, il 22 décembre 1662.

Non attendo sollievo alcuno dal tempo per la gran perdita che ho fatta, e solamente mi rallegro nella certezza di dover essere sempre inconsolabile.

Rendo affettuose gratie a] signor marchese di Fontanè 2 per li testimonij che ha voluto rendermi de! suo amore, e puô assicurarsi che porrô ogni studio per cercare le occasioni di servirlo. Dirô perô a Vostra Signoria in confidenza che mi dispiace per più rispetti la risolutione che ha presa di ritirarsi da Roma, e particolarmente perché ognuno discorre, che il mio solo riguardo l'habbia obbligato a rompere. Sarà perô il detto signore sostenuto, corne bisogna, ed il Re ha parlato

A M. DE LYONNE, A ROME

De Saint-Germain , ie aa décembre i64a.

Je n'attends du temps aucun allégement à la douleur que me cause la grande perte que j'ai faite, et je me complais seulement dans la certitude que je serai toujours inconsolable.

J'envoie mes remercîments affectueux à M. le marquis de Fontenay pour les témoignages d'affection qu'il a bien voulu me donner : il peut être sûr que je mettrai tous mes soins à chercher les occasions de lui être utile ; mais je vous dirai en confidence que je suis fâché à plusieurs égards de la résolution qu'il a prise de se retirer de Rome, et surtout parce que tout le monde dit que c'est à cause de moi seulement qu'il se croit obligé de quitter. Néanmoins il sera soutenu comme il faut, et le Roi a parlé plusieurs fois au nonce en lui déclarant en

1 Hugues de Lyonne, qui a été dans la - Fontenay -Mareuil, ambassadeur de

suite secrétaire d'état. (Voy. la liste alpbabé- France près la cour de Rome; il a laissé de tique, à la fin du volume.) curieux mémoires.

DU CARDINAL MAZAR1N. 11

al Nuntio reileramente in termini assai risoluti, dichiarandoli clie Décembre l' ambasciadore haveva troppo tardato a prendere la detta risolutione, che, continuando il cardinale Barberini1 a trattare in questa forma, Sua Maestà sarebbe stata costretta a prenderne dell' altre, e che giudicava disdicevole allonore suo di tenere ministri in Roma per farli strapazzare.

Ma Y ambasciadore di Venetia havendo rappresentato che non conviene rompere intieramente, ma si bene sostenere con fermezza e vigorc quanto si è fatto per ottenere le giuste sodisfattioni che si pretendono. si è ordinato al signor marchese di Fontanè di non sortire dello stato ecclesiastico, e Sua Maestà ha fatto chiamare il detto ambasciadore di Venetia per dirli, che non ostante li mali trattamenti che riceve in Roma, non vuole rompere del tutto con il Papa, per far conoscere ai prencipi d'Italia che la passione délia Maestà Sua per la quiète di essi prévale ad ogn' altro riguardo, e per dare luogo intanto alla republica d'interporre i suoi offîcj per muovere Sua Santità a sodisfare la Maeslà

termes très-fermes que l'ambassadeur avait trop tardé à prendre la susdite résolution; que, si le cardinal Barberini continuait à traiter (les affaires) de cette manière, Sa Majesté se verrait forcée d'agir autrement, et qu'elle jugeait peu convenable à son honneur d'avoir des ministres à Rome pour les faire insulter. Mais l'ambassadeur de Venise ayant représenté qu'il ne convenait pas de rompre entièrement, mais bien de soutenir avec fermeté et énergie tout ce qu'on a fait pour obtenir les justes satisfactions qu'on est en droit d'exiger, il a été ordonné au sieur marquis de Fontenay de ne pas sortir des Etats de l'Eglise. et Sa Majesté a fait appeler ledit ambassadeur de Venise, pour lui dire que, malgré les mauvais traitements qu'elle reçoit à Rome, elle ne veut point du tout rompre avec le Pape, afin de faire connaître aux princes d'Italie que le désir bien arrêté de Sa Majesté d'assurer leur repos l'emporte sur toute autre considération, et qu'elle veut donner, en attendant, à la république le moyen d'interposer ses bons ofliecs, pour déterminer Sa Sainteté à satisfaire Sa Ma-

' François Barberini, neveu du pape Urbain VIII (Mafleo Barberini), et vice-chancelier de la cour de Rome.

Décembre Sua , massime che nel punto principale, che concerne l'accommodamento del duca di Parma, la medesima republica e tutti gli altri prencipi d' Italia v' hanno grand' interesse.

Il Nuntio, doppo esserli arrivato un corriere espresso di Roma, protesté a Sua Maestà, a Monsieur di Ghavigni1, ed a me, che il Papa era pronto ad esseguire puntualmente quanto dal cardinale Spada2 era stato promesso intorno al deposito 3, al quale mi persuado che alla fine si risolverà, persuaso cosi dalla battaglia guadagnata da'Suedesi4, dalla presa di Tortona, dalla debolezza degli Spagnuoli, e dai due cento mila scudi il mese, che Sua Santità è costretta di spendere p'er mantenimento dell' essercito, con dubbio d'essere un giorno la sua casa ricercata d'una spesa, che con la restitutione di Castro si puô in un subito sparmiare.

jesté, d'autant plus que, quant au point principal, c'est-à-dire l'arrangement avec le duc de Parme, ladite république et tous les autres princes d'Italie y ont grand intérêt.

Le nonce, après avoir reçu un courrier exprès de Rome, a protesté à Sa Majesté, à M. de Chavigny et à moi, que le Pape était prêt à exécuter ponctuellement tout ce qui avait été promis par le cardinal Spada au sujet du dépôt; ce à quoi il se résoudra à la fin, j'en suis persuadé, en raison de la bataille gagnée par les Suédois, de la prise de Tortone, de la faiblesse des Espagnols, et des deux cent mille écus par mois que Sa Sainteté est forcée de dépenser pour l'entretien de l'armée ; ajoutez la crainte qu'un jour on ne demande compte à sa famille d'une dépense qu'on peut s'épargner tout de suite, en restituant Castro.

1 Léon Le Bouthillier, comte de Chavigny, avec le duc de Parme, s'était emparé de dont il sera souvent question dans la corres- Castro. Il s'agissait de remettre cette ville pondance de Mazarin. (Voy. la liste alpha- entre les mains d'un tiers.

bétique , à la fin du volume.) " Le général suédois Torstenson avait ga-

2 Bernardin Spada , né en i5p,3,cardi- gné, le 2 novembre 16^2, la bataille de nal en 1626, mort en 1661. Breitenfeld ou Leipzig.

3 Urbain VIII, qui était alors en lutte

Sarebbe perô un grand' avvantaggio se, prima che rimanghino com- Décembre posite le differenze tra Sua Santità ed il duca di Parma l, riuscisse di aggiustare qualche cosa contro lo stato di Milano , le congiunture non essendo mai state cosi opportune; ma per me credo che non riuscirà a Sua Altezza ne a Vostra Signoria di concludere cosa alcuna con la republica di Venetia; in ogni caso, i favorendo almeno con Y intentione li desegni di Sua Altezza e del signor duca di Modena2, e mettendosi questi due prencipi ail' ordine di buon' ora per operare dalla parte loro, sperarei notabili progressi nella prossima campagna, e da questo canto non si dimenticarebbe niente per fare vivamente la guerra in quella provincia.

Si attendono sopra di ciô quanto prima avvisi da Vostra Signoria, la quale per avventura potrà risolversi a venire diligentemente per rappresentare tutto in voce.

Ho rinovate le instanze con ogni maggior effîcacia per ottenere da Sua Maestà permissione di andare a servirla a Roma, o in altre parti;

Mais il serait très-avantageux, avant que les différends entre Sa Sainteté et le duc de Parme soient arrangés, de parvenir à combiner quelque chose contre l'état de Milan : les conjonctures n'ont jamais été aussi favorables. Mais, pour moi, je crois que ni Son Altesse ni vous n'arriverez à rien conclure avec la république de Venise. En tout cas, en favorisant au moins d'intention les desseins de Son Altesse et de M. le duc de Modène, et si les deux princes s£ mettaient de bonne heure en état d'agir de leur côté, j'espérerais de notables succès dans la campagne prochaine, et, de ce côté-ci, on n'oublierait rien pour pousser vivement la guerre dans cette province.

On attend là-dessus au plus tôt votre avis; peut-être vous pourriez vous décider à venir en toute hâte nous expliquer tout de vive voix.

J'ai renouvelé mes instances avec la plus grande chaleur pour obtenir de Sa Majesté la permission d'aller la servir à Rome ou ailleurs; mais Sa Majesté

1 Odoardo ou Edouard Farnèse, né en ' François d'Esté, duc de Modène et de

1612, mort en 16&6. Reggio, né en 1610, mort en 1 G58.

l/i LETTRES

Décembre ma la Maestà Sua stimandomi molto più di quello io vaglio continua a volere che resti a servirla qui.

Nelio stato che sono, ho giudicalo a proposito di scrivere ai signor duca di Parma, assicurandolo che sarà in tutte le occasioni servito da me con passione eguale alla partialità che senza alcuna interruttione ho professata al suo servitio. Ho indirizzata la lettera per Sua Altezza al signor Gofîredi, a cui ho protestato le stesse cose, le quali prego Vostra Signoria di repplicare per mia parte con ogni miglior e più espressivo termine d'affetto. Si è ordinato che si paghi al signor di Villeri1 cento mila lire, perché le rimetta a Sua Altezza, e mi dispiace che le spese eccessive che il Re è obbligato di fare presentemente per rimettere tutti gli esserciti in buon stato non permettino alla Maestà Sua di somministrare a Sua Altezza per adesso maggior somma.

Servirô ancora il signor marescial d' Estrées1, sopra di che mi rimetto a quello gliene havrà scritto la signora marescialla.

m'estimant beaucoup plus que je ne vaux , continue à vouloir que je reste à la servir ici.

Dans la position où je suis, j'ai jugé à propos d'écrire à M. le duc de Parme, et de lui assurer que, dans toutes les occasions, je le servirai avec une ardeur égale à l'attachement que je n'ai jamais cessé de professer pour lui. J'ai adressé ma lettre à M. Goffredi pour Son Altesse. Je lui fais les mêmes protestations; j« vous prie de les lui répéter dans les termes les plus forts, les plus expressifs et les plus affectueux. On a donné l'ordre de compter au sieur de Villeri cent mille livres pour qu'il les remette à Son Altesse. Je suis fâché que les dépenses excessives que le Roi est obligé de faire présentement pour remettre les armées en bon état ne permettent pas à Sa Majesté de fournir pour le moment à Son Altesse une somme plus considérable.

Je m'occuperai aussi de M. le maréchal d'Estrées : sur quoi je m'en remets à ce que Madame la maréchale lui en aura écrit.

' Il faudrait lire probablement Villeroy il avait été ambassadeur de France à Rome, ou Viltiers. (Voy. sur ce personnage et les suivants la

2 François-Annibal . maréchal d'Estrées: liste alphabétique . à la fin du volume.)

Se potesse riuscire a Vostra Signoria, assistito dal favore del signor Décembr, duca di Parma e da quello di Modena, di farmi due compagnie di duecento uomini, l'una per il raio regimento con il capitano, che fossero di conditione e di gran coraggio, gliene restarei infinitamente obbligato, e Sua Maestà lo gradirebbe in estremo. Il trattamento de gli offîciali e soldati sarà appunto corne quello che ricevono le guardie di Sua Maestà.

Tortona dà gran commodità al passaggio , ed intendendosene Vostra Signoria con Monsieur Le Tellier, intendente dell' essercito di Piemonte e raio amicissimo, aggiusterà che una volta arrivata la gente a Tortona habbia le tappe sino a Macone l in Borgogna, dove è il raio regimento.

Per il danaro farô rimborsare subito quello si spenderà; donerà Sua Maestà trenta lire per ciascheduno soldato armato, e se il duca di Parma volesse che per il detto numéro di soldati italiani gliene inviassi uno eguale di Francesi, m'obbligo a farlo.

Facendo la levata ai confini dello stato ecclesiastico , crederei che

Si vous pouviez parvenir, secondé par monseigneur le duc de Parme et par celui de Modène, à me former deux compagnies de deux cents hommes, dont une pour mon régiment avec le capitaine, qui fussent de condition et d'un courage éprouvé, je vous en serais infiniment obligé, et Sa Majesté en serait très-contente. Le traitement des officiers sera tout à fait semblable à celui que reçoivent les gardes de Sa Majesté.

Tortone donne de grandes commodités pour le passage , et en vous entendant là-dessus avec M. Le Tellier, intendant de l'armée du Piémont et mon intime ami, vous ferez en sorte que la compagnie, une fois arrivée à Tortone. ait les étapes jusqu'à Mâcon en Bourgogne, où est mon régiment.

Quant à l'argent, je ferai rembourser aussitôt ce qui sera dépensé ; Sa Majesté donnera trente livres pour chaque soldat armé; et si le duc de Parme voulait que pour le susdit nombre de soldats italiens je lui envoyasse un nombre égal de Français, je m'engage à le faire.

En faisant cette levée sur les frontières des Etats de l'Eglise, vous pourriez. je

1 Ce nom a été altéré dans la copie.

Décemi.rc potesse riuscire di haver molti soldati dall' essercito pontificio. In somma mi rimetto intieramente a Vostra Signoria, la quale non potrebbe obbligarmi in cosa alcuna più cbe in questa.

La prego di scrivere al signor marchese di Fontanè, testificandoli i sentimenti délie mie obbligationi. Vostra Signoria puô l'assicurare da per tutto, che gli affari si sosterranno da Sua Maestà con eguale risolutione e vigore che ha fatto per il passato, ancor che sia mancata l'intelligenza che animava ogni cosa. Già scrissi a Vostra Signoria intorno al signor Virgilio Genci, e non repplicherô altro se non che desidero vedere questo negotio concluso quanto prima.

Non saprei assai comandare la sua diligenza in tutti gli affari, ne ringratiaria di quella che con tanto affetto ha usato nell' interesse di mio fratello1. Si assicuri perô che ne conserverô grata memoria, e che Vostra Signoria lo riconoscerà , ofïerendomisi occasioni di servirla , e nel rimanente mi rimetto a quanto scriverà Monsieur di Chavigni.

crois, parvenir à avoir beaucoup de soldats de l'armée pontificale. En somme, je m'en rapporte entièrement à vous, et vous ne pourriez m'obliger en rien plus qu'en cela.

Je vous prie d'écrire à M. le marquis de Fontenay pour lui exprimer toute ma reconnaissance. Vous pouvez assurer partout que Sa Majesté dirigera les affaires avec la même résolution et la même vigueur que par le passé, bien qu'elle ait perdu le génie qui animait tout. Je vous ai déjà écrit au sujet du sieur Virgile Cenci, et je me contenterai de vous répéter que je désire voir cette affaire terminée au plus tôt.

Je ne saurais louer assez votre diligence dans toutes ces affaires, ni trop vous remercier de celle que vous avez mise avec tant d'affection pour servir les intérêts de mon frère. Soyez donc bien assuré que j'en conserverai un fidèle souvenir, et vous le reconnaîtrez si des occasions de vous rendre service s'offrent à moi. Du reste, je m'en rapporte à tout ce qu'écrira M. de Chavigny.

1 Michel Mazarin , moine dominicain et provincial de son ordre. Son frère voulait le faire nommer cardinal.

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. IV.

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