A M. LE BARON DE RORTÉ
DEPITE POUR SA MAJESTÉ À L'ASSEMBLEE D ' 0 SN A BR il C K '.
Monsieur,
J'ay receu la vostre du 1 3 de juin , et la relation que vous avez envoyée a esté leue au Conseil avec grande satisfaction et beaucoup d'estime de vostre personne. Vous en verrez des effets par ce que la Reyne vous a accordé pour l'augmentation de vos appointemens et pour vostre ameublement. La recommandation que me fait M. le chancellier Oxenstiern de vos interests pourroit bien toute seule me porter à vous rendre comme j'ay fait mes offices auprès d'elle; mais je seray encore bien ayse que vous croyiez que vostre propre mérite suffiroit en mon endroit pour m'obliger à vous servir.
J'escris à M. le chancellier Oxenstiern et luy tesmoigne la grande considération en laquelle nous avons icy ses sentimens touchant le traité de la paix et les autres affaires de la Chrestienté qui y doivent estre terminées. Je vous supplie de le luy faire sçavoir, et surtout comme je suis un de ceux qui font un estât très-particulier de son grand sens et de sa haute vertu. Croyez aussy pour vous que je ne perdray jamais d'occasion où je vous puisse estre utile et vous faire voir par effet que je suis plus que personne du monde, etc.
1 Les négociations pour la paix de West- liques se réunissaient dans la première de phalie eurent lieu simultanément dans les ces villes , et les protestants dans la seconde, villes de Munster et d'Osnabrùck. Les catho- Les représentants de la France à Osnabriick
====^== Juillet i643.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 69 recto.
A M. LE CHANCELIER OXENSTIERN
[Paris,] 8 juillet 1 643.
Monsieur,
Depuis avoir escrit à Vostre Excellence par le résident que le Roy envoyé à Hambourg, j'ay reçeu celle qu'elle m'a fait l'honneur de m'escrire par M. le baron de Rorté. Sur quoy je luy diray que, quand bien mesme le mérite et les services dudit sieur de Rorté ne se recommanderoient pas comme ils font d'eux- mesmes, la recommandation que vous en faite est si puissante en mon endroit, qu'il n'y avoit rien sans exception que je n'eusse fait pour le bien de ses affaires. Aussy en verra-t-il des effets par l'augmentation de ses appointemens et par une autre gratification que la Reyne luy a accordée.
H nous a envoyé une relation des sentimens de Vostre Excellence touchant le traité de la paix, et des interests des princes auxquels on y doit pourvoir : vous devez croire que nous ne lavons pas leue sans admirer le grand sens de Vostre Excellence et ces belles maximes qu'elle contient pour rendre le calme et la seureté à la Chrestienté agitée. Ne doutez point qu'on n'y corresponde de deçà, et, pour mon particulier, j'en suis de tout temps tellement persuadé, que je ne m'en despartiray jamais, non plus que de la resolution que j'ay faite d'estre, toute ma vie et avec une très-parfaite passion, etc.
Forent successivement : Claude, baron de [6 vol. în-ia]; les Aeta paris Westphalicce ,
Rorté; Jean de La Barde, seigneur de Ma- publies par Jean de Meiern [h vol. in-folio];
rolles-sur-Seine, auteur de l'histoire latine les Arcana paris Westphalicce d'Adamus
que j'ai souvent citée; et enfin Henri Grou- \<lami; enfin les Négociations secrètes lou-
lart, sieur de La Court. ( Voyez Y Histoire du chant la paix de Munster [la Haye. 17^5.
traité de Westphalic, par le père Bougeant h vol. in-folio].)
■i iij'i.s.
GXLIX.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f" 69 verso.