‹ Lettres du Cardinal Mazarin pendant son ministèreChapitre 93 sur 335 · A M. LE DUC D'ANGOULESME · texte numérisé non relu

A M. LE DUC D'ANGOULESME

H n'y a personne qui puisse juger mieux que vous que nous ne devons point songer à rien entreprendre sur les ennemis durant le siège de Thionville. Il suffit que nous garantissions nos frontières des desseins qu'ils y pourroient faire. Pour cela vous n'avez que trop de forces, maintenant que les leurs sont divisées, et qu'une partie est destinée à s'opposer aux Hollandois, et l'autre à incommoder M. le duc d'Anguien. Quand mesme vous seriez plus foible que vous n'estes, j'estime que vostre seul nom suffiroit à couvrir nos places, et vous sçavez pour combien on compte dans une armée un grand capitaine qui la commande. Après que le siège de Thionville sera fini avec le succès que nous en attendons, on avisera alors à ce qui se pourra faire pour vostre contentement et pour donner plus d'exercice à vostre ambition et à vos vertus militaires. Pour moy, je vous supplie de croire que je me porteray tousjours avec grand soin aux choses qui vous regardent, et que je n'ay point de plus forte passion que de vous pouvoir tesmoigner que personne au monde plus que moy, etc.

1 Le duc d'Angoulême était fils naturel d'Angoulême avait alors soixante et dix ans .

de Charles IX. et de Marie Touchet. Il a et rien dans sa conduite ne justifie la réputa-

laissé plusieurs ouvrages , entre autres des tion de grand capitaine que lui accorde Ma-

Mêmoires pour servir à l'histoire des règnes zarin. Il se borna, pendant cette campagne,

de Henri III et Henri IV, qui font partie de à couvrir le siège de Thionville. H mourut

toutes les collections de Mémoires relatifs à en i65o. I histoire de France. — Né en i5y3, le duc

Juillt'l

Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, P 69 verso et 70 recto.

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