A MESSIEURS DU CONSEIL DE BARCELONE
[ Paris, | 9 juillet îfi'iii.
Messieurs ,
Je ne doute point que ce ne soit avec un grand sentiment de douleur que vous aurez appris la perte d'un si grand prince, qui ne pouvoit arriver sans causer de l'altération partout où sa puissance estoil exercée, et une vie si pleine de merveilles comme la sienne ne pouvoit s'esteindre sans se faire regretter de ceux à qui elle estoit nécessaire. Mais comme nous ne pourrions nier que cet accident ne soit trèsfuneste, nous devons aussy confesser que Dieu ne l'a pas laissé sans remède, et qu'il nous a donné une Reyne pourveue de si merveilleuses qualitez et tellement née à gouverner, que ce coup sera sans conséquence funeste sous la régence de cette princesse. Bien qu'elle soit du sang d'Austriche, je vous puis asseurer qu'elle n'en a retenu que la noblesse, et que toutes ses passions sont pour la gloire du Roy son fils et pour le bien de ses affaires. Surtout elle a une telle inclination pour celuy de vostre province que, l'ayant tousjours aymée plus que les autres du Roy son père, lorsque vous estiez à l'Espagne, d'où elle se devoil séparer, il est à présumer que son affection s'est redoublée pour vous. maintenant que vous estes à la France, dont elle ne peut jamais estre destachée. Il ne vous sera pas malaysé de comprendre celle vérité, si vous laites reflexion sur les grands efforts que la Fiance fait, et sur les belles forces qu'elle a sur pied, et sur un si bon chef que celluv qui 1rs commande'2, pour affermir vostre liberté et pour vous empescher de retourner soubs le joug dont Dieu vous a deslivrez,
' Celle lettre a été publiée, sous la date Négociations secrètes pour la paix de \fvnstt iln i3 juillet i6&3 H avec îles variantes t I. p. 1/17. nombreuses de texte, dans le recueil intitulé: L'armée de Catalogne était, comme on
lei i643. Pourmoy, Messieurs, je n'avanceray rien de nouveau, et dont, à mon avis, vous ne soyez fort persuadez, quand je vous asseureray que, entre les interests [des provinces] de cet Estât, il n'y en a point que je considère plus que les vostres, ny que je sois résolu d'appuyer avec plus de vigueur, et en qualité de bon François et comme estant particulièrement, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. I, P 70 verso.
A M. LE VICOMTE DE TURENNE
LIEUTENANT 6ENR1ÎAL DE L'ARMEE D'ITALIE.
Monsieur,
J'ay receu la vostre du premier de ce mois, et ay sceu par celle que vous escrivez à M. Le Tellier que vous avez eu quelque doute de mon affection 1. Bien que cette defîiance n'ayt point de fondement dans la vérité, je ne laisse pas de vous en estre bien fort obligé, puisqu'elle me fait voir que vous estimez une chose que vous avez peur de perdre, et dont vous ne vous mettriez pas en peine, si elle vous estoit indifférente. Asseurez-vous neantmoins que vous ne la perdrez jamais, et que je ne puis vous estimer au poinct que je fais, sans avoir une très-forte passion de vous servir. Quoyque le passé vous le puisse assez justifier, je me promets que l'avenir vous le confirmera davantage, et que les effets vous en rendront plus certain que les parolles. Ensuite de cela, je vous diray que, encore que le corps que vous commandez ne receust,
l'a vu plus haut, sous les ordres du mare- (t. I, p. 102 et suiv. de l'édition de 1753)
chai de La Mothe-Houdancourt, avec lecpiel prouvent que, à cette e'poque , Turenne était
le duc de Brézé, grand amiral de France, mal disposé pour Mazarin et l'accusait de
devait concerter ses opérations. méconnaître ses services. 1 Les Mémoires du marquis de Chouppes
au commencement de ce mois, que quatre mille rations de pain, après Juillet i6i3. qu'Effîat vous aura joinct, et les autres regimens que vous tirerez de l'armée, vous aurez du moins quatre mille hommes de pied effectifs; et cela, avec un tel chef que vous à leur teste, nous ne doutons point qu'il ne produise de grands effets, mais qui ne seront jamais tels que je les souhaite pour vostre gloire.
Au reste, après que la campagne sera faite, soit que vous demeuriez en Italie, soit que vous retourniez en France, je seray vostre solliciteur auprès de la Reyne pour vous faire avoir le contentement que vous desirez; à quoy je n'auray pas beaucoup de peine, veu les grands sentimens d'estime et d'affection que cette princesse a pour vous. Pour moy, soyez certain que je manqueray plustost à mes propres interests qu'aux vostres, puisque je ne sçaurois estre plus que je suis, etc.
Je me remets aux despesches de M. Le Tellier de quelques autres choses dont sans cela je vous eusse escrit1.
cm.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 70 verso.
A M. DU PLESSIS-PRASLIN
[Paris,] 10 juillet 1 6 /i .3 .
Monsieur,
Vous aurez receu depuis quelques jours de si amples despesches, que je n'ay rien à y ajouster par celle-cy, sinon que M. le prince Thomas ayant eu la commission qu'il souhailoit, de commander l'armée, et les troupes estant si belles comme elles sont et soubs de si braves chefs, nous ne pouvons qu'en attendre des effets dignes de toutes ces choses. Je croy que tous s'exciteront à bien servir, et que la seule pas-
1 Les Mémoires de Turenne. où l'on pagne, qu'une lettre du Roi au vicomte do trouve la plupart des instructions adressées Turenne contre-signée par Le Tellier. Elle à ce général, ne donnent, pour cette cam- porte la date du 27 mars i663.
Hmain, — 1. Si
illei îi.'i.i. sion de bien faire sera celle qui dominera dans toute l'armée. Aussy n'y aura-t-il que cette seule manière qui porte la Reyne à rescompenser ceux qui servent. Elle a trouvé bon que Qucrasque fust remis entre les mains de Madame; on pourra partager la garnison qui en sortira, et en mettre une partie à Asti, et l'autre à Nice-de-la-Paille, pour [nous] mieux asseurer en ces deux places. C'est tout ce que je vous diray maintenant, après vous avoir protesté que je suis véritablement et plus que personne du monde, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I,f° 71 recto.
Monsieur,
M. le prince Thomas aura receu la commission que le Roy luy envoyé de commander l'armée. Puisque le service de Sa Majesté et celuy de M. le duc de Savoye mesme, le requièrent ainsy, Madame ayme trop l'un et l'autre pour n'en pas estre satisfaite, et pour douter que la Reyne ne désire point son contentement, puisque, sans aucune peine, elle s'est portée à luy remettre Querasque, sur la simple proposition que je luy en ay faite. Vous luy sçaurez bien représenter cela, et le luy faire valoir comme la chose le mérite. Le changement qui est arrivé en la personne de M. de Ghavigny vous doit estre d'autant moins sensible, qu'il n'a point laissé pour cela de se conserver entièrement les bonnes grâces de la Reyne, dont il en a une grande preuve en l'honneur quelle luy a fait de le destiner à un employ où il pourra trèsutilement servir le public et acquérir beaucoup de gloire. Pour ce qui est de vos interests, asseurez-vous que, tant que j'auray du crédit à la Cour, ils seront en seureté, et que j'en auray un soin très-particulier, parce que je suis passionnément, etc.
== Juillel i643.
Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719, tom. I . f3 7 1 recto et verso.
A MADAME LA LANDGRAVE DE HESSE
[Paris,] 1 o juillet i643.
Madame,
Bien que j'eusse résolu d'attendre le despart de M. de Croisic pour escrire à Vostre Altesse, j'ay creu que, le ternie en estant plus Ion» que je n'avois estimé, je ne pouvois avec bienséance différer plus longuement de m'acquitter d'un devoir si nécessaire. Ce ne sera pas, Madame, pour donner à Vostre Altesse de nouvelles confirmations du respect que j'ay pour son incomparable mérite et de la très-parfaite passion que je conserve pour son service. Ce sont des sentimens que je désire bien plustost faire paroistre dans mes actions et dans ma conduite que dans mes lettres. C'est donc seulement pour vous parler de ceux que la Reyne a pour Vostre Altesse, que je me donne l'honneur de vous escrire. Ils sont certes les plus hauts et les plus tendres qu'elle pourroit concevoir pour une personne de vostre condition et de vostre sexe; et, à parler de la chose comme elle est, outre l'interest du l'un son fils et le bien de la bonne cause qui s'y rencontrent, elle est ravie de voir en une personne de son sexe des qualitez d'esprit et de vertu si merveilleuses, qu'elles servent d'exemple au nostre, c'est-à-dire une si grande conformité de ce que vous estes avec ce qu'elle est, qu'il faut de nécessité que cette ressemblance produise dans son esprit une particulière inclination à vous aymer el à vous honorer. Surtout je suis tesmoin de l'admiration avec laquelle elle regarde la constance avec laquelle Vostre Altesse persévère seule dans le bon party, en un pays où tanl de princes l'ont abandonné, ou luy ont tousjours esté contraires. Cela ne touche pas peu Sa Majesté, qui est venue à la régence de ce Royaume avec un semblable esprit de constance, et avec une resolution incsbranlable de n'imiter pas seulement la vigueur du règne passé,
V\lx LETTRES
Juillet i643. mais de la surmonter par la sienne, et de ne mettre jamais les armes Las, qu'elle n'ayt mis en seureté les interests de nos alliez et pourveu à leur liberté et à leur repos par un traité de paix generalle.
Quoyquc cela soit ainsy, je ne vous dissimuleray pas, Madame, qu'on luy a voulu donner quelque allarme que Vostre Altesse estoit combattue de certaines propositions qu'on luy faisoit, pour la destacher de la confédération de cette Couronne et la jeter en une ligue où on luy a figuré quelques avantages presens plus grands en apparence que ceux qu'elle a avec nous. Bien que Sa Majesté ayt reffusé créance à cet avis, je n'ay pas laissé de luy estre garant pour vous que cela ne seroit jamais, et que Vostre Altesse, après avoir si généreusement essuyé tant d'orages et de mauvais temps en faveur de la bonne cause, ne se laisseroit point reprocher une espèce de deffection, maintenant que cette cause est plus florissante qu'elle n'a point encore esté, et que les confederez sont prests à arriver au port avec tant d'utilité et de gloire; qu'elle aymeroit mieux achever de se tenir avec ceux dont les bonnes intentions luy sont très-connues, et qui n'ont pour but de leurs armes que la liberté germanique, qu'ayder à redresser un party qui est si fort sur son penchant, et qui ne perdra jamais le dessein de ne souffrir aucune sorte de liberté que par l'impuissance où on le mettra de l'exécuter; qu'encore qu'on desguise ce dessein sous des prétextes spécieux, Vostre Altesse estoit trop intelligente pour n'en pénétrer pas l'artifice et pour ne descouvrir pas l'hameçon qui estoit caché sous cette amorce; que l'exemple mesme de Sa Majesté, qui, sans s'estonner de la mort d'un prince si heureux et si redoutable comme estoit le feu Roy, s'applique à la poursuite de ses grands desseins avec tant de fermeté et de succez, que, après le gain de la plus fameuse des batailles de ce siècle, elle a, de son mouvement, fait assiéger la plus importante place des Pays-Bas, a commandé deux autres grands sièges en mesme temps, l'un dans l'Estat de Milan et l'autre en Espagne, et a achevé de former un puissant corps soubs le mareschal de Guebriant, qui menace la Bavière; que cet exemple, dis-je, fortiffiera Vostre Altesse en ses premières resolutions et dans sa véritable et naturelle in-
clination, qui est de ne quitter pas le bon dessein où elle est une fois Juillet i643. entrée; que vous estiez outre cela trop bien avertie du grand soin que Sa Majesté prenoit de la refformation des finances et des moyens quelle preparoit, plus grands et plus seurs qu'on avoit eus jusques icy, d'assister nos alliez et de continuer la guerre. Je me promets, Madame, que Vostre Altesse me faira l'honneur de m'avouer de tout cela , aussy bien que de la qualité que j'ay prise et que je conserveray tousjours palmes respects et par mes services, etc., après m'estre remis du destail de plusieurs choses qui la concernent à MM. de Groisic et Polheme.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. IV, f6 72 recto.
A M. DE GASSION
[Paris,] 1/1 juillet i6U.
Monsieur,
Envoyant ce gentilhomme à l'armée, je ne l'ay point voulu laisser partir, sans vous asseurer en mesme temps de la continuation de mes services. Dès que la circonvallation et les autres travaux du siège seront en seureté contre les attaques des ennemis, M. le duc d'Anguyen doit destacher un corps notable de cavallerie, ou pour aller joindre M. d'Angoulcsme, ou pour prendre quelque poste commode entre son armée et la vostre, pour se rendre plus promptement où il sera nécessaire. Je vous supplie que la cavallerie qui s'enverra soit de la meilleure et sous des officiers fort capables, |iuis(|ue le service du Roy le requiert ainsy. C'est tout ce que j'ay à vous escrire maintenant, après vous avoir protesté que je suis passionnément, etc.
iliel i643. =======
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719. tom. I,f° 72 verso.
A M. LE DUC D'ENGHIEN
[Paris,] \h juillet i643.
Monsieur,
J'envoye ce gentilhomme exprès pour apprendre plus particulièrement de vos nouvelles. C'est la chose qui me tient le plus profondément au cœur et qui me donne le plus d'inquiétude. Me remettant donc à luy de plusieurs choses dont il vous entretiendra de ma part, je vous diray seulement qu'on fist partir hier cent mille livres en or pour les travaux du siège , et que je presse pour faire demain partir une monstre ' . Le sieur Arnauld a eu ordre de vous venir joindre avec deux mille hommes qu'il mène , et l'on ne perd point icy le temps pour haster des recreues qu'on a commandées pour vostre armée. Il sera à propos, dès qu'il se pourra faire sans hasard et ainsy que vous l'avez promis, que vous en destachiez un corps notable de cavallerie de la meilleure, et sous de bons officiers, ou pour aller joindre M. d'Angoulesme, ou pour prendre quelque poste, si vous le jugez plus à propos, entre vostre armée et la sienne, affin qu'il puisse se rendre promptement où il sera le plus nécessaire. J'auray soin de l'affaire de M. de Montbas, et il connoistra que les interests d'un homme que j'estime d'ailleurs ne me peuvent estre que fort chers quand ils me sont recommandez de vostre part. Beaugency vous dira plus au long, de vive Yoix, l'extresme passion que j'ay de voir [terminer] heureusement le siège, pour l'interest de \ostre gloire. Mais je ne puis m'empescher de vous escrire que j'apprens avec frayeur que vous n'estes pas seulement jour et nuit après les travaux, mais que vous hasardez vostre personne jusqu'aux plus petites occasions, avec la mesmc prostitution que si vous n'estiez qu'un
' Argent destiné à payer la solde des la fois la revue du corps, la solde payée et I loupes. Le mot monstre désignait tout à la troupe passée en revue.
DU CARDINAL MAZARIN. Ml
simple soldat '. S'il y avoit à douter sur vostre courage, et si vous n'en Juillet i643.
aviez rendu des preuves que toute la France a admirées, cela vous se-
roit pardonnable; mais il me semble qu'il est temps que vous mettiez
de la différence entre les fonctions d'un volontaire et le devoir d'un
gênerai, et que vous considériez que, outre le prix de vostre personne,
qui ne se peut estimer, une partie du salut et de la gloire de cet
Estât repose sur vostre teste. Je vous conjure donc, Monsieur, autant
que je puis, d'estre meilleur mesnager d'une vie qui n'est point à vous.
et de donner cette liberté que j'ay prise à l'excez du zèle que j'ay pour
ce qui vous touche.
Le gentilhomme qui vous rendra la présente est fort de ce pays-là et y peut estre de service. Je luy ay commandé de demeurer auprès de vous, si vous jugez qu'il vous y puisse estre utile. Enfin je ne vous diray rien de nouveau ny rien qui ne soit fort véritable, quand je vous asseureray qu'il est impossible que personne soit plus que moy, etc.
GLVII.
Manusc. de la Bibliolh. Mazarine, n° 1719. lom. I, 1° 78 recto.
A M. DARGENSON.
| Paris. | 1 - juillet 1 fi'i.H.
Monsieur,
J'estime que l'armée navale, estant en mer, sera maintenant en «'slnt de seconder les desseins de M. le mareschal de La Motlie. M. le duc de Brezé a cet ordre. Je suis bien ayse de la constance des Catalans. nonobstant les artifices avec lesquels les Espagnols taschent do les des-
1 Les mémoires du temps parlent de Tin- avoient esté blesses auprès «le \1. le <Iik
trépidité que montra le duc d'Knghien an d'Anguien; qu'il s'exposoii à toul et faisoit
siège de Thionville. On lit dans le Journal grande largesse à tout le monde, et ac-
d'Olivier d'()rmesson(t. I , p. 89) : « Je parlay queroil une haute réputation. an courrier, qui nous dit que quatre hommes
Juillet i6'4.3. baucher de la fidélité qu'ils ont jurée au Roy. J'attribue en partie cela à la prudence et à l'adresse avec laquelle vous les sçavez gouverner. Ou faira tout ce qui se pourra afïin que l'argent qui vous est destiné arrive ponctuellement en Catalogne, et je suis asseuré que vous n'oublierez rien pour le bien mesnager, en cette conjoncture principalement où le besoin que nous en avons en tant d'endroits nous le rend tort court. J'auray soin de ce que vous m'escrivez touchant la charge de M. vostre père1, pour en gratifier un de vos enfans, et vous faire connoistre en cette occasion, et en toutes les autres où je vous seray utile, que je suis très-veritablement, etc.
Manusc. de la Biblioth. Mazarine, n° 1719, tom. I, f° 7.3 recto.
A M. LE DUC D'ENGHIEN
[Paris,] 17 juillet i663.
Monsieur,
J'ay obtenu de la Reyne qu'on vous envoyast huit compagnies de gardes, quatre françoises et quatre suisses, qui se prendront de l'armée de M. d'Angoulesme, à qui on en envoyé l'ordre pour cet effet avec le remplacement qu'on luy fait d'autres troupes. On tire aussy mille hommes des garnisons pour estre distribuez dans les vieux corps de vostre armée2. De sorte que vous recevrez, dans dix ou douze jours, deux mille hommes de pied effectifs. C'est pourquoy je vous conjure, Monsieur, au nom de Dieu, que M. d'Angoulesme reçoive aussy la
1 Le père de René d'Argenson , inten- vint même trouver Mazarin et lui offrir une dant en Catalogne, e'tait Pierre Le Voyer suspension d'armes : rrll Nuntio è venulo de Paulmy, seigneur d'Argenson, bailli de per dirmi che, intendendo che li affari di Touraine. Thionville andavano maie, veniva de nuovo
2 On avait répandu le bruit à Paris que ad offerire la sospensione. » (3e carnet, le siège de Thionville allait mal. Le Nonce p. 2.)
DU CARDINAL MAZARIN. 2/i9
cavallerie que vous avez promis de luy envoyer. J'ay encore à vous Jnillei i6ft.3. dire en confidence que, bien qu'on ayt icy résolu de vous fournir tout ce qui sera besoin pour les despenses nécessaires, à cela près il importe que vous mesnagiez autant qu'il se pourra l'argent du Roy, dont il y a icy grande disette. Cette économie sera d'autant plus louable qu'elle est absolument nécessaire en cette saison. Je vous ay escrit forl au long par un gentilhomme que je vous ay despesché depuis peu; ce qui est cause que je finis, avec mes véritables et accoustumées protestations que je suis plus que personne, etc.