PREFACE
En lisant les papiers laissés par la comtesse de Sabran, nous avons tout particulièrement goûté les premières lettres que lui adressa le chevalier de Boufflers. Ces lettres, soit qu'elles aient échappé aux recherches des éditeurs de son journal, soit pour d'autres motifs que nous ignorons, n'ont pas encore été publiées. Elles nous semblent mériter d'être connues. N'est-il pas naturel, en effet, qu'au moment où pour la première fois son cœur était sérieusement pris, le spirituel chevalier ait trouvé un langage plein de grâce et d'émotion, et qu'il ait mis aussi une certaine coquetterie à se faire connaître sous un jour qui ne fût pas défavorable?
Nous n'avons pas l'intention d'entrer dans de longs détails sur la vie si souvent racontée du chevalier de Boufflers; nous nous contenterons d'en rappeler les principaux traits, et de marquer dans quelles circonstances il écrivit les lettres que nous donnons au lecteur.
Stanislas de Boufflers naquit tout simplement sur une grande route, en 1738, lorsque sa mère se ren-