‹ Lettres du chevalier de Boufflers à la comtesse de SabranChapitre 2 sur 9 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

Rivales au cœur généreux, Le bel exemple que le vôtre!

En préférant l'une des deux, L'on est certain de plaire à l'autre.

Les œuvres de notre poète suffiraient pour nous apprendre que sa vie était loin d'être austère, et qu'il manqua souvent aux vœux qu'il avait prononcés en qualité de chevalier de Malte. C'est au milieu de ces petits triomphes et de ces distractions qu'il connut en 1777 la comtesse de Sabran. Dès lors un g^rand changement s'opéra en lui; le papillon fut fixé. Il voua à cette femme, moins jolie encore que spirituelle et gracieuse, toute son âme et toutes ses pensées. Il trouva son bonheur à vivre auprès d'elle quand il le pouvait, à lui écrire quand il en était séparé par les nécessités du service militaire.

Cette correspondance est tout simplement charmante. Quelle variété, quelle fraîcheur il met dans l'expression de ses sentiments pour la comtesse, qu'il appelle ma sœur en attendant qu'il lui soit permis de lui donner un autre nom! « C'est de vous, lui dit-il, que j'attends la douceur et la grâce qui me manquent. J/ormoau ne prête à la vigne que ses branches; en reconnaissance elle le pare de ses belles feuilles et de ses doux fruits. Je n'ai pas plus de charme que l'ormeau et je ne sais pas si ma sœur a plus de force que la vigne. Elle a bien, en revanche, la douceur du bon raisin et elle fait bien l'effet du bon vin à ma mauvaise tête. "

M. de Boufflers, qui était colonel du régiment de

P.RAJON.SCULP.

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