‹ Lettres du chevalier de Boufflers à la comtesse de Sabran. PubliéesChapitre 2 sur 8 · PREFACE. IX · texte numérisé non relu

PREFACE. IX

venir les siens, qui auraient pu essayer des remontrances.

Il devint alors chevalier de Malte; par ce moyen il conservait d'assez gros bénéfices que le roi Stanislas lui avait conférés. Ayant renoncé à l'espoir d'être évêque et même cardinal, il entra dans l'armée et fit la campagne de Hanovre pendant la guerre de Sept ans. Il s'y distingua par sa bonne humeur au milieu du danger et une bravoure à toute épreuve. La paix conclue, il voyagea et ne fut pas sans aller à Ferney, où il était de bon goût de rendre hommage à Voltaire. A Ferney comme ailleurs il eut un succès complet. On bâillait d'ennui dès qu'il s'éloignait, tant il était inépuisable en saillies heureuses et savait se faire bienvenir. Attiré, choyé, il commença à répandre une foule de petits vers qui ne lui coûtaient pas beaucoup, et qui, s'ils ne visent pas au sublime, sont du tour le plus heureux et ont parfois infiniment de grâce. Nous n'en voulons pour exemple que ces couplets, composés pour une mère el sa fille :

Delà ti^e et du rejeton La différence est peu de chose; La fille est le tendre bouton, La mère est la brillante rose.

• Trop ému pour bien décider, Je vois leur charme sans comprendre Gomment l'une en a pu garder Autant que l'autre en a su prendre.

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