‹ Lettres du chevalier de Boufflers à la comtesse de Sabran. PubliéesChapitre 4 sur 8 · PREFACE. XIII · texte numérisé non relu

PREFACE. XIII

dos favoris du sort au siècle dernier, on en est réduit à gagner son pain avec sa plume, à s'atteler à une besogne souvent ingrate, à écrire non pas à ses heures, mais à toute heure, en dépit de la fatigue et de l'inspiration. Tel fut désormais le lot du marquis de Boufflers dans sa situation plus que modeste.

Ce qui surnagea chez lui, ce fut la bonté pour ceux qui l'entouraient. La marquise et son fils nous en fournissent mille preuves dans leurs lettres. Ils sont pleins d'affection et de reconnaissance pour celui qu'ils nomment le petit père. On a été le plus biillant des chevaliers et l'on devient le petit père! La marche est lente, l'œil faible, mais le cœur reste chaud, et toutes les fois qu'il y a un service à rendre il s'agite autant que ses forces le lui permettent. Tantôt il soutient la marquise accablée de rhumatismes et dirige sa promenade, tantôt il sollicite pour faire sortir de prison le comte Elzéar de Sabran, qu'une imprudence a conduit à Vincennes. Ce fut pour lui une secousse terrible, et à partir de ce moment il dépérit. Il fut pourtant témoin de la première Restauration et ne mourut qu'au mois de janvier 1815.

M. de Boufflers souhaitait que l'âme de Voltaire allât au ciel et que son esprit restât sur terre. Nous n'avons pas à rechercher ce qu a pu devenir l'âme de Voltaire, mais nous pensons que celle de M. de Boufflers a trouvé le repos que lui ont mérité tant de traverses noblement supportées. Quant à son esprit, si nous présentons ses lettres au public, c'est pour

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