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Montreuil, capitaine dans le régiment de la Reine, étoit chargé conformément à ma première disposition.
M. le marquis de Montcalm part aujourd’hui pour Montréal. Je reste chargé de terminer la campagne et du déblaiement de l’armée. Je compte que les dernières troupes partiront du 15 au 20 du mois prochain pour le plus tard ; il n’est pas possible de tenir la campagne plus longtemps parce que les glaces fermeroient le retour des troupes dans leurs quartiers.
Je ne pense pas que, d'ici à la fin de la campagne, il se passe rien d’intéressant ; il pourra seulement y avoir quelque légère escarmouche de part et d’autre entre les détachement” :,.: pourront se rencontrer.
M. le marquis de Montcalm a l’honneur de vous rendre un compte très exact de tout ce qui se passe, de même que de ce qui regarde l’augmentation des troupes et les besoins en général de cette colonie ; ila bien voulu me communiquer toutes ses demandes. Je pense qu’il n’y a rien à ajouter à sa prévoyance, et nous sommes très d'accord sur tous les articles qu'il vous détaillera par son chiffre.
Nous terminons cette campagne très glorieusement et très heureusement, vis-à-vis de forces beaucoup supérieures aux nôtres.
J'espère que nous aurons mérité votre approbation. En mon particulier, je vous supplie de m’accorder vos bontés et votre protection ; vous ne pouvez en honorer personne qui vous soit plus respectueusement attaché. Je vous supplie de vouloir bien vous ressouvenir
que je ne suis venu dans ce pays-ci que pour y chercher et y mériter mon avancement militaire. J'ai sacrifié pour cela beaucoup d'agrément que je pouvois avoir en France, et même des emplois à la cour, dont j'étois très à portée. Je me flatte que vous voudrez bien avoir la bonté de faire valoir mes services auprès du Roi ; ce sera à vous seul que je devrai les grâces qu’il vous plaira me faire accorder.
A M. LE MARQUIS DE VAUDREUIL
Le 26 octobre 1766.
J'ai reçu hier par M. de Bleury la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire du 16 de ce mois. M. le marquis de Montcalm, qui part dans ce moment, me laisse le commandement de l’armée; il vous rendra compte des arrangements que nous avons pris pour terminer la campagne et le déblaiement des troupes. Vous devez être bien persuadé de toutes mes attentions pour suivre vos intentions et pour exécuter vos ordres. J'espère que tout se passera de façon que vous aurez lieu d’être satisfait. Je ne pense pas que les ennemis entreprennent rien ; cela ne m'empêchera point de me tenir sur mes gardes, et je ne partirai avec les dernières troupes que du 10 au 15 comme vous le désirez, hors que la saison ne devînt assez mauvaise pour me
faire craindre d’être arrêté par les glaces ; comme aussi je resterai plus longtemps si les ennemis nous faisoient craindre quelque entreprise.
Je suis bien sensible à la part que vous voulez bien prendre à ma santé ; je me porte beaucoup mieux et je compte qu’elle ne m’empêchera pas d’aller visiter souvent les postes avancés.