LETTRE DE M. AMHERST
Du 21 juin 1760.
J'aurai soin que les lettres que Votre Excellence m'a confiées pour M"° de Mirepoix et M. de Castres, ec'cut rendues en France par les moyens les plus sûrs awx+.tôt qu'il sera possible,
À M. LE MARÉCHAL DE BELLE-ISLE
Du 28 juin 1760.
J'ai reçu la lettre que vous m’avez fait l'honneur de m'écrire, le 9 février de cette année, où étoit joint l’état des grâces qu'il a plu à Sa Majesté d'accorder au corps de troupes dont elle m’a confié le commandement. :
J'aurois bien désiré qu’elle eût bien voulu les étendre à remplir les demandes que j’avois faites par le dernier mémoire que j’eus l’honneur de vous envoyer
* le 11 novembre de l’année dernière. Plusieurs officiers
qui ont été tués à la bataille du 28 avril et au siège de Québec, n’ont pu jouir des grâces que le Roi leur avoit accordées. En distribuant à ceux qui restent celles qui les regardoient, je n’ai rien négligé pour leur en faire connoître le prix. Elles produiront l'effet que Sa Majesté doit en attendre, quoiqu'il ne fut pas possible de rien ajouter au zèle, à la constance et à la fermeté des troupes pour son service ; et j'ose vous assurer qu’elles le conserveront jusqu’au dernier moment, dans quelque extrémité que nous soyons réduits ; et nous n’oublierons pas ce que nous devons à l’honneur des armes du Roi.
Les troupes, ainsi que moi, sommes persuadés de
vos bontés pour faire valoir nos services auprès de Sa Majesté.
J'ai l’honneur de vous envoyer un état des grâces dont je crois susceptibles les officiers des troupes que je commande à l’occasion de la victoire qu’elles ont remportée, le 28 avril.
Jaloux comme vous êtes de la gloire des armes du Roi, je ne doute pas que vous n’accordiez vos bontés à un corps de troupes qui s’est distingué autant par les peines que par l’intrépidité et le grand courage avec lequel elles ont combattu. J’ose vous assurer qu'il est peu d’actions qui fassent autant d'honneur à la nation, les circonstances et le terrain ayant obligé les troupes à se former sous le feu de la mousqueterie et d’une artillerie nombreuse.
Vous trouverez sur cet état M. de Bourlamaque pour le grade de maréchal de camp, ou le cordon rouge ; il a été blessé considérablement à cette affaire d’un coup de canon, son cheval tué sous lui. C’est la troisième blessure qu’il reçoit en Canada.
Il a d’ailleurs vingt-deux ans de service, de la naïssance et de grands talents pour la guerre. La circonstance d’être toujours employé comme homme principal, une campagne heureuse l'année dernière, le rendent susceptible d’un avancement auquel j'ose vous assurer que le service du Roi ne pourra que gagner.
Par une de vos lettres à M. de Montcalm, il paroissoit que vous étiez dans l'intention de traiter favora-
blement M. le chevalier de Montreuil, aide-major général ; il est susceptible du grade de brigadier par six campagnes en Canada en qualité de major général et lieutenant-colonel, s'étant toujours acquitté de son emploi avec distinction et le plus grand courage.
M. de la Pause, à qui le Roi a accordé la charge d’aide-maréchal-général-des-logis de cette armée, l’avoit déjà remplie avec distinction la campagne dernière et dans celle-ci. C’est un homme de naissance, qui a de grands talents pour la guerre. Il seroit utile au bien du service de le mettre dans la route des premiers emplois. Il a seize ans de services, des blessures, les suffrages unanimes de tous les généraux sous lesquels il a servi et qui l’ont toujours employé avec distinction, ce qui, tout réuni, le rend susceptible du grade de colonel. Cette grâce a été demandée pour lui par M. le marquis de Montcalm sans interruption depuis 1756.
J’avois demandé, l’année dernière, avec instance pour M. de la Rochebaucourt, capitaine réformé depuis cinq ans au régiment de Montcalm, la commisgion de lieutenant-colonel, attendu qu’il avoit commandé avec distinction un corps de volontaires, l’année dernière, et il commande actuellement aux postes avancés de la Pointe aux Trembles, sur la frontière de Québec. On ne peut dire assez de bien de cet officier, qui est passé dans ce pays comme aïde-de-camp de M. le marquis de Montcalm, qui en faisoit grand cas.
Je le crois, ainsi qu’il le pensoit, susceptible d’être avancé. Ainsi je vous renouvelle avec instance de vouloir bien lui accorder le grade de lieutenantcolonel.
Les sieurs Wolf et Carpentier, officiers partisans, à qui le Roi vient d’accorder une gratification en place de la commission de capitaine que j’avois eu l’honneur de vous demander pour eux, sont de plus en plus susceptibles de cette grâce et je renouvelle pour eux la même demande. Leur situation actuelle est un obstacle aux services qu’ils pourroient rendre et à la confiance qu'ils méritent, se trouvant commandés par tous les officiers subalternes de l’armée.
Je propose M. de Malartic, capitaine aide-major au régiment de Béarn, pour aide-major général. Cet officier a tous les talents propres pour bien remplir cet emploi; il a été blessé deux fois dans ce pays et s’est distingué particulièrement à la bataille de Québec.
Je demande une augmentation de pension pour MM. Trivio, Dalquier et de Poularies (ces deux derniers s'étant particulièrement distingués à la tête de leurs brigades, je crois qu’il seroit du bien du service de leur en marquer votre satisfaction par une lettre particulière), et la commission de lieutenant-colonel pour MM. de Fouilhac, Duparquet, commandants, et d’Aiguebelle, capitaine de grenadiers.
Le sieur Delaas, capitaine au régiment de la Reine, officier de zèle et de courage, qui s’est distingué com-