DESCRIPTION
rochers qui le débordent, la hauteur des arches des ponts qui le traversent, montrent avec évidence que ce doit être en effet un torrent. Ce vallon, sur une longueur d'environ quatre milles, se rétrécit pour ne plus former qu'une roule, juste assez large en certains endroits pour laisser passer la voiture, et faisant tant de tournants que nous voyions rarement à plus de deux à trois cents mètres devant nous. Les rochers sont parfois absolument perpendiculaires et les plus élevés que j'aie jamais contemplés. Ils affectent les formes les plus variées. Là ils sont séparés du sommet à la base. Ailleurs ils forment des arches à travers lesquelles nous pouvions voir d'autres rochers semblables, ou encore des entrées de cavernes qui semblent conduire à d'affreux repaires dans la montagne. Considérable a dû être le choc qui bouleversa des masses aussi énormes et brisa en fragments les substances si volumineuses et si dures qui entrent dans la composition de ces rochers. En tant que rochers ils sont vraiment remarquables ; mais, sous ce beau climat, il y a une chose qui ajoute une beauté de plus à ce paysage. Chaque rocher, excepté ceux qui sont absolument perpendiculaires, est revêtu de forêts naturelles de pins.
Ce n'est pas tout à fait notre sapin, mais il est de la même famille. Quelques-unes de ces collines rocheuses sont ainsi boisées pendant des milles, avec, au-dessous, des myrtes superbes, le romarin sauvage, la lavande, le thym et d'autres plantes aromatiques. Partout aussi où il y a la plus petite vallée, le sol est cultivé et porte du blé et de la vigne. Dans les fissures des rochers qui contiennent le moindre terreau les habitants industrieux ont planté différents légumes, et entre autres, sur les pentes des rochers, le câprier, Polyandria monogynia, que nous vîmes dans toute sa magnifique floraison. Quel champ d'observations pour un naturaliste ! Les oliviers poussent aussi au milieu des rochers. Quand nous approchâmes de Toulon, les collines elles vallées en étaient couvertes. Ils étaient dans toute leur vigueur, caries gelées de l'hiver dernier ne les ont pas atteints. Toulon est une grande ville bien bâtie, et le grand port de guerre de la Méditerranée. Ici il y a deux rades, la rade extérieure et la rade intérieure, toutes les deux bien abritées. La rade intérieure renfermait de nombreux vaisseaux, et, à part, un certain nombre de navires de guerre dégréés et régulièrement amarrés les uns à côté des autres.