IV AVANT-PROPOS
est datée du 12 septembre. Un séjour d'un mois n'a pas permis à Fauteur de faire une étude complète de la Russie ; une partie de son temps a été remplie par des corvées officielles, — cérémonies, présentations, réceptions, — qui ont souvent détourné son attention d'objets plus sérieux et d'un intérêt durable. Il écrivait du reste à une dame, et, galant homme, mari prévenant, il a donné une large place à la description des choses qui devaient piquer vivement la curiosité de Madame de Moltke, — à la description de la toilette des dames de la cour. Mais le talent d'observation de l'écrivain se retrouve jusque dans la peinture des plus minutieux détails, et donne à son récit une fraîcheur et une vivacité qui en font une lecture des plus attachantes. D'ailleurs, il ne s'est pas contenté de décrire les cérémonies qui ont accompagné le couronnement du tsar, et de s'extasier sur la
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pompe des fêtes de la cour. Il a jeté un coup d'œil rapide mais pénétrant sur la vie de famille, sur la vie publique, politique et sociale en Russie ; il a fait des observations frappantes sur l'esprit qui anime l'armée et la nation.
Sans doute, les réformes accomplies depuis, par l'empereur Alexandre, ont amené bien des changements dans la situation intérieure de l'immense empire; mais le caractère du pays, Tesprit de l'armée et du peuple sont restés les mêmes, et ce que M. de Moltke a dit, à cet égard, de la Russie de 1856 s'applique également à la Russie de 1877.
J'ai donc pensé que le public français ne lirait pas sans fruit la traduction que je lui offre conmie le complément nécessaire des Lettres sur l'Orient (1), et qu'il ne se laisserait pas
(1) Lettres sur l'Orient par le maréchal de Moltke, traduites par Alfred Marchand, Unyol. in-8, chez Sandoz et Fischbacher,