A M. A DO L PII B DK SAINT-ARNAUD
Paris, le 9 février 1852.
Cher enfant, Mme de Brancion m'annonce que tu as été repris par la fièvre et la diarrhée. C'est un surcroît de douleur qu'il faut supporter avec patience et résignation. Si je ne te savais raisonnable et bien soigné, je serais bien inquiet , bien tourmente, et je ne suis que triste et chagrin de te savoir souffrant.
Ta petite mère, ta sœur t'ont écrit. Il me tarde bien de recevoir quelques lignes de toi. Ce sera la preuve de ton retour à la santé. Ne fais pas d'imprudences et soigne-toi pour pouvoir venir plus tôt voir ton père qui t'aiine tendrement et t'embrasse de cœur.
AU MÊME
Élysée, le 11 février 1852,
Cher enfant, j'ai écrit à la bonne M"" de Brancion, et je ne croyais pas pouvoir trouver un moment pour
4 Le fils du Maréchal, cavalier au 5e régiment de hussards, en garnison à Limoges, venait d'être atteint d'une fluxion de poitrine à la suite d'un incendie qui avait réclamé le secours de la garnison.
t'embrasser. Ta maladie se prolonge et mon inquiétude aussi. Ton oncle de Forcade partira demain pour te voir, juger de ton état, et décider s'il y a moyen de t' amener chez ton père; après lui, ta petite mère et ta bonne maman partiront et te ramèneront si cela est possible.
C'est une grande chose pour ces dames que co voyage, mais elles restent ici sous le poids de Tinquiétude et elles aiment mieux partir. Je me désespère de ne pouvoir les accompagner.
Elles te porteront mes caresses et mes baisers. Soigne-toi bien et dépêche-toi de guérir ; fais tout ce que te dira M°" de Brancion.
Ta sœur, qui est aux Oiseaux depuis hier, t* écrit. Tu fais le sujet de toutes les conversations et de toutes nos pensées.
AU MÊME
Paris, le 13 février 185J.
Cher Adolphe, ton oncle est auprès de toi et f attends avec impatience de tes nouvelles par lui. 11 est chargé de te donner tout ce que tu désireras.
Mmf de Brancion continue à m'envoyer exactement les bulletins de ta santé. Pauvre enfant, comme tu souffres et comme on t'arrange ! Patience ! Tu ne
sauras jamais combien ton p^rc souffre et quelle3 inquiétudes Font assailli depuis sept jours. •
Ta petite mère t'écrit. D^pôche-toi de guérir et viens me dédommager de tout le chagrin que tu m'as causé.
Ton père qui f aime.
au même.
Paris, le 15 février 1852.
Cher Adolphe, je rentre chez moi et je trouve un moment pour t'écrire deux lignes et t' envoyer deux baisers. Ta sœur, que j'ai été voir ce matin, me charge de te faire passer sa lettre que je t'envoie religieusement. Tu y verras que ta sœur est en cagcauxOiseaux où elle commence à s'accoutumer plus qu'elle ne veut le dire. Elle n'y restera d'ailleurs pas longtemps et le mois de mai arrivera vite. Sa santé est bonne et je voudrais que la tienne lui ressemblât.
Tu as vu ton oncle ; après lui tu verras Boyer et de Place, et j'espère qu'alors ta convalescence te permettra de venir chez ton père où tu recevras les soins nécessaires. Remercie encore la bonne M"c Brancion. Je ne saurais trop lui exprimer toute ma gratitude.
Je serai bien heureux quand tu seras en état de m'écrire toi-même. Ta petite mère t'embrasse ; elle
ne t'écrit pas aujourd'hui, parce qu'elle est allée aux Oiseaux.
Ta tante Adèle va bien et t'embrasse. Tes cousins en font autant. Adieu, cher Adolphe, je t'aime tendrement.