‹ [Lettres du R. P. Desmarais]Chapitre 2 sur 2 · LE 4 MAI À PORTO · texte numérisé non relu

LE 4 MAI À PORTO

À 30 kilomètres au sud-ouest de Rome et à 3 kilomètres de la côte du Latium, entre l’antique Ostie et le moderne Fiumicino, s'élève la cathédrale de Porto- Sainte-Rufne. Le touriste qui a lu dans l'histoire que Porto, supplantant sa rivale Ostie, était devenu, sous Trajan, l'entrepôt de tout le commerce romain et qui n'ignore pas que ce lieu vénérable, sanctifié par le marîyre de son grand évêque saint Hippolyte, est le siège du second évêché suburbicaire, n'est pas peu étonné de se trouver en face d'un pauvre hameau, perdu au milieu de la campagne. Il cherche en vain la petite ville gracieusement assise sur le rivage, au pied d’une cathédrale à la coupole hardie, que son imaginalion, toute pleine des magnificences de Rome, lui avait représentée. Il doit se contenter d’une église de modeste apparence, flanquée de trois ou quatre maisons à peine. S'il est catholique, ses regrets sont tempérés par les grands souvenirs qui planent sur cette solitude, et les joies du pèlerin imposent silence aux plaintes du touriste.

Or, le dimanche 4 mai, à dix heures du matin, on pouvait voir descendre à la petite halte de Porto, un groupe de jeunes religieux guidés par un prêtre vénérable. Le soleil, un jeune soleil de printemps, semblait vouloir regagner les trois jours que lui avaient ravis des pluies torrentielles, et se jouait dans un océan de verdure ; une douce brise de mer, éaressant les fleurs se-

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