Lettres du XVIIIe siècle
Nous nous sommes proposé, en publiant ce recueil de lettres, de faire connaître, sous ses aspects les plus variés, l'-esprit de la société française au xvuie siècle.
Nous ne pouvions donc nous borner à citer ici les lettres des plus grands écrivains de cette époque ; nous n'avons même pas cru devoir leur attribuer nécessairement la première place. Montesquieu, Buffon sont assurément, dans l'histoire de notre littérature, des personnages considérables ; mais plusieurs de leurs contemporains ont pu laisser des lettres qui soient d'une lecture plus agréable que les leurs, et qui nous instruisent davantage sur les mœurs de leur temps.
Toutefois nous n'avons pas voulu non plus recueillir de lettres d'un trop grand nombre d'auteurs. Pour admettre ici tous ceux qui se sont acquis quelque réputation au xvmc siècle, comme écrivains ou comme causeurs, il eût fallu leur mesurer, à chacun, trop parcimonieusement la place : or si l'on peut trouver plaisir à lire un petit nombre de lettres éloquentes ou spirituelles, même quand aucun lien ne les rattache entre elles, l'intérêt pourtant est tout autre, qu'on prend à suivre à travers toute la correspondance d'un homme illustre, quelquefois même d'un homme obscur, les péripéties dramatiques de sa vie.
C'est pour conserver autant que possible à notre livre cette espèce d'intérêt sans manquer au but principal que nous nous étions marqué, que nous avons choisi, pour les mettre au premier rang, quatre auteurs seulement ; mais, dans leurs lettres, tout le xvme siècle revit : tout le xvme siècle vraiment dans les lettres de Voltaire ; et, dans celles de Mmc Du Deffand, la société la plus aristocratique de l'époque ; — le monde plus