‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 2 sur 381 · VI AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VI AVERTISSEMENT

libre des artistes, des philosophes, des journalistes dans les lettres de Diderot; et, dans celles de Mme Roland, la petite et la moyenne bourgeoisie à la veille et pendant les premières années de la Révolution.

A ne juger même que comme des œuvres littéraires les lettres [de ces quatre écrivains, on ne s'étonnera pas trop, nous l'espérons, de notre choix. Il est inutile d'insister ici sur les mérites tant de fois et si justement célébrés de la correspondance de Voltaire, ni même de la correspondance de Diderot, dont les lettres mériteraient d'être mises au-dessus de toutes celles qu'un homme ait jamais écrites dans notre pays, si celles de Voltaire n'existaient pas. Les lettres de Mmc Du Defîand ne sont pas moins connues ; elles ne le cèdent en effet qu'à celles de Mme de Sévigné et peut-être de Mme de Rémusat, qui ont sur elle, il faut le reconnaître, l'avantage d'avoir été des mères admirables en même temps que des femmes de beaucoup d'esprit. — Quant aux lettres de Mme Roland, la langue n'en paraîtra pas toujours très aisée , très concise ou très sûre : mais que de traits éclatants, qui ne doivent rien à la rhétorique ! Quelle flamme, quel enthousiasme dans les confidences de cette âme héroïque et candide !

Cependant nous n'avons pas pensé qu'un livre consacré au xvme siècle pût ne faire aucune part aux Montesquieu, aux Jean-Jacques Rousseau, aux Vauvenargues, aux d'Alembert. aux Buffon, aux Mirabeau; et, dans la dernière partie de notre volume, nous avons recueilli quelques lettres intéressantes de chacun de ces grands hommes. Nous y avons joint quelques pages du plus spirituel de tous les étrangers qui ont su se faire adopter par la société française du xvme siècle, l'abbé Galiani, et de sa correspondante la plus fidèle, Mme d'Épinay. Enfin, nous avons cité, de Mme de Choiseul et de l'abbé Barthélémy, plusieurs lettres, qui sont comme une sorte d'annexé nécessaire à la correspondance de Mme Du Deffand.

Nous avons emprunté nos textes aux éditions les plus sûres, que nous avons toujours eu soin d'ailleurs d'indiquer avecexactitude. Mais nous ne nous sommes pas fait scrupule, citant le plus souvent des lettres entières, de ne donner de quelques autres que des fragments, soit qu'elles ne fussent pas également intéressantes dans toutes leurs parties, soit

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