Aux Corinthiens, xm
4. La Harpe (1739-1803), dont Voltaire avait beaucoup loué la tragédie de Warwick (1763), était, de tous les jeunes écrivains, le plus empressé à faire sa cour au philosophe. Il alla, en 1767, passer quelque temps à Ferney (voir encore la note 3 de la page 129).
VOLTAIRE
gnie eût été plus nombreuse. Nous ne pouvons malheureusement jouer que des pièces où il y a peu d'acteurs. M. de Ghabanon1 va venir chez nous avec une tragédie; nous la jouerons; et, dès que vous aurez donné la comtesse de Vergy 2, notre petit théâtre s'en saisira. On ne s'est pas mal tiré de la Partie de chasse de Henri IV, de M. Collé3. Ouest le temps que je n'avais que soixante-dix ans ! je vous assure que je jouais les vieillards parfaitement. Ma nièce faisait verser des larmes, et c'est là le grand point. Pour M. et Mmc de La Harpe, je ne connais guère de plus grands acteurs.
Vous voyez que vos beaux fruits de Babylone l croissent entre nos montagnes de Scythie 5 : mais ce sont des ananas cultivés à l'ombre dans une serre, loin de votre brillant soleil.
Adieu, monsieur ; vous me faites aimer plus que jamais les arts, que j'ai cultivés toute ma vie. Je vous remercie, je vous aime, je vous estime trop pour employer ici les vaines formules ordinaires, qui n'ont pas certainement été inventées par l'amitié.
A M. DEPARCIEUXc.
A Ferney, le 17 juillet 1767.
Vous avez dû, monsieur, recevoir des éloges el des remerciements de tous les hommes en place : vous n'en recevez aujourd'hui que d'un homme bien inutile, mais bien sensible à votre mérite et à vos grandes vues patriotiques. Si ma vieillesse et mes maladies m'ont fait renon-