‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 138 sur 381 · La Molle-Piquet · texte numérisé non relu

La Molle-Piquet

Capitaine de vaisseau au moment où éclata la guerre d'Amérique, il escorta avec sept vaisseaux et trois frégates un convoi américain qui put échapper aux attaques des Anglais. Nommé chef d'escadre il prit part au combat d'Ouessant (1778), puis rejoignit le comte d'Estaing, se signala au combat

VOLTAIRE

Vous savez que M. Dupuits esl à Paris, et qu'il espère être employé. Il esl à croire que, sans guerre déclarée, il y aura des coups donnés. Pour moi, qui suis très pacifique, je ne songe qu'à être défait de tous les polissons qui me parlent de Shakespeare, de Faxhall1, de roastbeef. de sauteurs anglais et de milords anglais.

Je demande bien pardon à M. de Florian d'entrer dans ces détails. J'aimerais bien mieux faire paver devant sa maison : mais je vois qu'il est plus aisé de guérir un vomissement de sang- que d'obtenir de l'argent d'un gouvernement obéré, qui n'a pas même le moyen de payer le pauvre Racle2. Il y a ici un luxe révoltant et une misère affreuse. Paris esl le rendez-vous de toutes les folies, de toutes les sottises, et de toutes les horreurs possibles.

Quand pourrai-je revoir Ferney, et embrasser tendrement le seigneur et la dame de Bijou!

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