‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 165 sur 381 · Femme de chambre de MraeDu DefTand · texte numérisé non relu

Femme de chambre de MraeDu DefTand

3. Nous avons encore ce portrait avec plusieurs autres composés également par M1"0 Du Deffand :

ce goût des portraits, qui suppose tant de finesse dans l'esprit et dans le style, avait été très répandu dans la société du xvne siècle et l'on sait qu'il avait persisté dans le xvme siècle.

était ; il s'y reconnut, comme s'il s'était vu dans un miroir. Si vous le connaissiez davantage, je vous enverrais ce portrait, et je ne sais si je ferais bien, car vous ne faites pas grand cas des productions de ma Minerve. Je pourrai bien quelque jour chercher à vous peindre *, mais je ne sais pas si je vous connais bien; enfin, nous verrons

Dimanche matin, 18 janvier 1767.

Enfin M. Selwyn * part aujourd'hui à midi, chargé de deux paquets pour vous; il prétend qu'il sera vendredi à Londres, et qu'il vous les remettra le même jour.

Je prie le bon Dieu de vous mettre dans une disposition favorable, et de vous rendre un lecteur bénévole; vous verrez du moins qu'il n'est pas impossible, et qu'il est même très facile d'écrire, quoiqu'il semble qu'on manque de sujet : il n'y a qu'à se laisser aller à dire tout ce qui passe par la tête.

Ah! mon Dieu, que la tête de ce pauvre président3 est en mauvais état ! Je viens de recevoir un billet de sa propre main, dans lequel il me raconte une chute qu'il fit hier dans sa chambre, dont il m'avait fait lui-même le récit hier au soir. Il n'a plus du tout de mémoire; cela me serre le cœur, et me dégoûte bien de la vie. Peut-on désirer de vieillir? Mais parlons d'autre chose.

Je soupai hier au soir chez Mmc de Forcalquier; il y avait la duchesse de Villeroyv, avec qui j'ai lié connaissance. Je l'ai priée à souper demain chez le président, et je la prierai dans huit jours à souper chez moi : elle ne devine pas mon intention; c'est à cause des comédies qu'elle a souvent chez elle, où joue Mllc Clairon5; et puis

1. Mme Du Deffand mit son projet à exécution, et nous avons le portrait qu'elle traça de Walpole.

2. "Voir la note de la page 192. Sflwyn se trouvait alors à Paris.

Mme Du Deffand avait dit de lui.

dans une lettre précédente : « Il n'a •pic do l'esprit de tête et pas un brin de cœur. »

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