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2. Les bureaux de la poste, où la police décachetait souvent les lettres.
autrement que j'ai fait1. Celle que je reçois aujourd'hui ne change rien aux dispositions où jetais. Tous vos griefs sont si puérils qu'on n'y peut répondre. Etre inquiète de votre santé ; vous demander trois fois consécutivement si vous avez entendu un article de ma lettre (dont je n'ai actuellement aucun souvenir), ce sont, dites-vous, les façons d'une coquette. L'énumération de mes crimes aura apprêté à rire à messieurs des bureaux.
Je ne veux, dites-vous encore, que faire des esclaves, je naime que moi, et comme aussi vous n'aimez que vous, nous ne pouvons jamais nous accorder.
Eh bien, monsieur, ne nous accordons pas, et terminons une correspondance qui n'est pour vous depuis longtemps qu'une persécution.
Le reproche que vous me faites d'aimer le romanesque fait rire tous ceux qui me connaissent; jamais personne n'en a été moins soupçonné ; je trouve assez singulier d'être si peu connue de vous: je ne me serais jamais attendue que vous seriez la personne du monde qui me connaîtrait le moins, et qui aurait pour moi le moins d'estime ; toute coquette que je suis, monsieur, je me souviens quelquefois de mon âge ; il me console des dégoûts et des chagrins de la vie, parce qu'il me reste peu de temps à les supporter.
Je finis en vous rassurant sur la crainte de recevoir souvent de mes lettres. Vous n'en aurez jamais qu'en réponse aux vôtres.
Madame votre cousine - a beaucoup de succès ; sa ligure, son maintien, son esprit, ses agréments plaisent à tout le monde, et en particulier à Mme de Mirepoix3, qui a pour elle des attentions infinies. Vous y entrez pour beaucoup, monsieur ; elle est ravie qu'une occasion aussi agréable la mette à portée de vous prouver la continuation de ses sentiments.
J'ai chez moi depuis deux mois un paquet de M. Mariette '* pour vous; il est trop considérable pour qu'on puisse
i. Nous n'avons point celle Ici Ire.
■'. M""" Damer : elle se trouvait alors à Paris avec son mari.
:{. Sur Mmc de Mirepoix, voir la note 2 de la page i <)•">.
U. Libraire.
le donner à aucun particulier. Voulez-vous qu'on vous l'envoie par les voitures publiques, ou qu'on le fasse partir avec les bagages de milord Harcourt ? Wiart l attendra vos ordres : vous pourrez toujours l'employer à tout ce qui vous conviendra, il exécutera vos commissions avec le même zèle.
Paris, 3o août 1772.
Est-ce que je n'aurai plus de vos nouvelles ? Je commence à le croire. Est-ce ainsi qu'on finit avec une amie? Les fautes que vous me reprochez sont-elles d'un genre à autoriser cette conduite? Je vous propose la paix ; oublions de part et d'autre le passé. Donnez-moi de vos nouvelles ; souvenez-vous que vous m'avez dit mille fois que vous seriez toujours mon ami. Malgré toutes les apparences, je ne puis croire que vous ne le soyez plus.
ier janvier 1774.
Je commence cette année comme j'ai fini l'autre, en désirant que vous soyez heureux, et avec la résolution de n'y pas apporter le moindre obstacle. Je souhaite que votre santé se fortifie, que les affaires de votre neveu •s'arrangent, et que vous trouviez du plaisir à vivre. Deux soldats, le jour de Noël, en ont trouvé à mourir et se sont donné la satisfaction de se tuer de compagnie... Ils avaient auparavant porté quatorze lettres à la poste, on ne sait pas à qui. On disait hier que le plus jeune avait dissipé l'argent qui lui avait été confié pour des recrues, et que de plus il avait une maladie incurable, mais cela n'est pas prouvé. Cette mort fera plus d'impression, et elle est mille fois plus éloquente que tous les écrits de