‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 192 sur 381 · Voir page 179, note · texte numérisé non relu

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5. Le marquis de Villette (1736- 1797), que Voltaire avait pris en affection, avait épousé M1U de Varicourt, fille adoptive de Mme Denis, nièce de Voltaire : celui-ci, à son arrivée à Paris, descendit chez le marquis de Villette.

MADAME DU DEFFAXD. 22.";

enfermé clans sa chambre avec son secrétaire; on nous pria d'attendre ; mais le prince, qui avait affaire, me demanda son congé; je restai donc avec la nièce Denis, le marquis Mascarille et Belle et Bonne. Ils me dirent que Voltaire était mort de fatigue, qu'il avait lu dans l'aprèsdînée sa pièce tout entière aux comédiens, leur avait fait répéter leurs rôles, qu'il était épuisé et hors d'état de pouvoir parler; je voulus m'en aller, on me retint, et pour m'engager à rester, Voltaire m'envoya quatre vers qu'il a faits pour Pigalle, qui va faire sa statue ou son buste en marbre1 : je viens de les chercher; mais il faut que j'aie laissé tombé hier au soir le petit portefeuille où ils sont, avec plusieurs autres, chezlagrand'maman 2; j'envoie dans ce moment chez elle pour qu'on le cherche. Après avoir attendu un bon quart d'heure, Voltaire arriva, disant qu'il était mort, qu'il ne pouvait pas ouvrir la bouche ; je voulus le quitter, il me retint, il me parla de sa comédie3; il me proposa de nouveau d'en entendre la répétition générale qui s'en ferait chez lui, qu'il me ferait avertir; il n'a que cet objet dans la tête, c'est ce qu'il l'a fait venir à Paris, c'est ce qui le tuera, si elle n'a pas un grand succès ; mais tout conspire à la faire réussir. Il a encore sans doute d'autres prétentions, celle d'aller à Versailles, de voir le roi, la reine, mais je doute qu'il en obtienne la permission. Il dit ensuite à M. le marquis de me raconter la visite qu'il avait eue d'un prêtre; mais M. le marquis s'y prenant fort mal, il le fit taire, prit la parole, et me dit qu'il avait reçu une lettre d'un abbé4, qui lui marquait beaucoup de joie de son arrivée à Paris ; qu'il ne devait pas douter de l'empressement qu'on avait de connaître un homme tel que lui. « Accordez-moi, lui dit-il, la permission de vous venir voir; il y a trente ans que je suis prêtre; j'ai été vingt ans aux jésuites, je suis estimé et considéré de M. l'archevêque ; je rends des services, je prête mon ministère dans diverses cures à Paris; je vous offre mes soins; quelque supériorité que vous ayez sur

i. Voir, sur cette affaire, la lettre | 3. La tragédie d'Irène. de la page 146. %. L'abbé Gauthier, de Saint-

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