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Voiries deux noies précédentes

2. Heluélius . (1715-1771), auteur du traité De l'Esprit (1708), dans lequel il exposait et défendait, avec plus de hardiesse que d'originalité, les doctrines matérialistes. Ber-

nard-Joseph Saurin (1706-1781), fils d'un géomètre célèbre, venait de remporter un grand succès avec sa tragédie de Sparlacus; il entra à l'Académie française l'année suivante.

fut-elle apaisée, que ces honnêtes gens-là, sans s'en apercevoir, dirent les choses les plus fortes en faveur du sentiment qu'ils venaient de combattre. Ils disaient d'euxmêmes la réfutation de leur opinion, mais Socrate, à ma place, la leur aurait arrachée; puis il aurait mis leur discours du moment en contradiction avec leur discours du moment précédent, puis il leur aurait tourné le dos en souriant finement.

A Paris, le 22 septembre 17C1.

Le comte de Lauraguais s'en va à Genève avec une Iphigénie en Tauride en poche1. Je l'ai vu dimanche passé, et je n'ai jamais vu d'amour-propre plus intrépide. « Eh bien ! que dites-vous de ma Clytemnestre? — Qu'il y a de beaux vers. — Voltaire m'a écrit que son Oreste n'était qu'une froide déclamation, une plate machine en comparaison. — Il vous a écrit cela? — Dix fois au lieu d'une. — Oh ! je vous proteste que le perfide n'en croit pas un mot. — Eh bien ! il a tort. » Qu'en dites-vous ? Voilà ce qu'on appelle une tête tournée. Tant mieux, morbleu ! tant mieux, c'est comme cela qu'il faut être, et cent fois plus ridiculement encore épris de soi, pour faire une grande chose ; car c'est en se croyant capable qu'on la fait, ou du moins qu'on la tente.

A Paris, le 2 octobre 1761.

Une folle vanité agite le comte de Lauraguais et le

1. Le comle de Lauraguais (1733-1824). qui est célèbre surtout pour avoir décide, en leur payant 20000 livres, les comédiens à supprimer les sièges qui, depuis te milieu du xvne siècle, étaient

établis pour les spectateurs de qualité sur la scène même, a publié deux tragédies Clytemnestre (1764) et Jocaste (1781) : il est possible qu'il ait eu un moment le projet de composer une Iphigénie.

Cahen. — Lettres du xvmc siècle.

promène de Paris à Monibard *, de Montbard à Genève2. Il est allé là avec un rouleau de beaux vers tout faits par un autre, mais qu'il refera à côté de Voltaire, pour lui persuader qu'ils sont de lui. C'est une singulière créature. Il s'est attaché deux jeunes chimistes. Un jour il s'éveille à quatre heures du matin, il va les éveiller dans leur grenier, il lesprenddans son carrosse. Leschevaux les avaientconduits à Sèvres qu'ils n'avaient pas encore les yeux ouverts. Il les fait entrer dans sa petite maison ; quand ils y sont, il leur dit : « Messieurs, vous voilà ici ; il me faut une découverte, vous ne sortirez pas qu'elle ne soit faite. Adieu, je reviendrai dans huit jours; vous avez des vaisseaux, des fourneaux et du charbon; on vous nourrira; travaillez! » Gela dit, il referme la porte sur eux et le voilà parti. Il revient, la découverte s'est faite, on la lui communique, et, au même instant, le voilà convaincu qu'elle est de lui; il s'en vante : il est tout fier, même vis-à-vis de ces deux pauvres diables à qui elle appartient, qu'il traite avec mépris comme des sots, et qu'il fait mourir de faim. Encore, s'il disait : Vous avez du génie et point d'argent; moi j'ai de l'argent et je veux avoir du génie, entendons-nous; vous aurez des culottes, et j'aurai de la gloire...

A Paris, le 5 septembre 1762.

Le président de Montesquieu et milord Chesterfield3se rencontrèrent, faisant l'un et l'autre le voyage d'Italie. Ces hommes étaient faits pour se lier promptement ; aussi la liaison entre eux fut-elle bientôt faite. Ils allaient toujours disputant sur les prérogatives des deux nations. Le lord accordait au président que les Français avaient plus d'esprit que les Anglais, mais qu'en revanche ils n'avaient

1. Montbard, aujourd'hui cheflieu de canton du département de la Côte-d'Or, patrie et lieu de séjour de Buffon.

2. Genève. On sait que le château de Voltaire, les Délices, était

situé aux portes de cette ville.

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