‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 252 sur 381 · Voir la note 2 de la page · texte numérisé non relu

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G. En effet Joseph II a dû vouloir dire : « Au lieu de vous inspirer, comme d'autres peintres, des inventions de certains poètes, c'est vous-même qui imaginez les scènes si poétiques que vous peignez. » Mais on peut entendre aussi : « Vous vous faites le chantre de votre propre gloire. »

vos tableaux, c'est la description que vous en faites. » L'amour-propre d'auteur m'a bien servie : M. Greuze a paru flatté. Je demeurai chez lui trois quarts d'heure ; j'étais tout uniment avec Mignonne 1 ; il y avait médiocrement de monde : il était presque tout à moi.

J'avais envie d'ajouter aux éloges que je lui donnais :

On dit, Greuze, que Ion pinceau N'est pas celui de la vertu romaine ; Mais il peint la nature humaine :

C'est le plus sublime tableau.

Je me suis tue, et c'est ce que j'ai fait de mieux 2.

Jeudi i5 juillet 1779.

Ne cherches-tu pas encore cette active Phlipon, toujours en avance de lettres avec toi, toujours répondant sur l'heure, et nourrissant sa correspondance des fruits de ses études journalières? Oui, ma Sophie, tu peux la chercher, elle existe encore. Les temps sont changés, mais non pas elle. Tu la retrouveras telle qu'elle fut un jour, dès que les circonstances lui permettront de reparaître ce qu'elle est. Depuis l'instant où j'ai reçu ta lettre, j'aspire à celui de m'entretenir avec toi, sans pouvoir le rejoindre '* qu'avec effort; je connais présentement mieux que personne l'effet de ces petites choses successivement multipliées sur le temps et l'attention qu'elles emploient5. Ce ne sont plus de ces heures écoulées insensiblement dans le repos absolu d'une solitude rendue

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