‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 260 sur 381 · A M. BOSC · texte numérisé non relu

A M. BOSC

17 mai 1790.

Il fait un temps délicieux ; la campagne est changée à ne pas la reconnaître depuis six jours seulement; les vignes et les noyers étaient noirs comme dans l'hiver ; un coup de baguette magique ne change pas plus vite l'aspect des choses que ne l'a fait la chaleur de quelques belles journées; tout verdit et se feuille; on trouve un doux ombrage là où il n'existait que l'aspect triste et mort de l'engourdissement et de l'inaction.

J'oublierais bien ici les affaires publiques et les disputes des hommes ; contente de ranger le manoir, de voir couver mes poules et de soigner nos lapins, je ne songerais plus aux révolutions des empires. Mais dès que je suis en ville, la misère du peuple, l'insolence des riches, réveillent ma haine de l'injustice et de l'oppression ; je n'ai plus de vœux et d'âme que pour le triomphe des grandes vérités et le succès de notre régénération...

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