‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 28 sur 381 · AU PRINCE ROYAL DE PRUSSE · texte numérisé non relu

AU PRINCE ROYAL DE PRUSSE

A Paris, le 26 août 1736.

Monseigneur, il faudrait être insensible pour n'être pas infiniment touché de la lettre dont Votre Altesse Royale a daigné m'honorer. Mon amour-propre a été trop flatté ; mais l'amour du genre humain, que j'ai toujours eu dans e cœur, et qui, j'ose dire, fait mon caractère, m'a donné un plaisir mille fois plus pur quand j'ai vu qu'il y a dans le monde un prince qui pense en homme, un prince philosophe qui rendra les hommes heureux.

Souffrez que je vous dise qu'il n'y a point d'homme sur la terre qui ne doive des actions de grâces au soin que vous prenez de cultiver, par la saine philosophie, une âme née pour commander. Croyez qu'il n'y a eu de véritablement bons rois que ceux qui ont commencé comme vous par s'instruire, par connaître les hommes, par aimer le

Colisée, le théâtre de Marcellus, celui de Pompée dont les proportions étaient très vastes.

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