‹ Lettres du XVIIIe siècleChapitre 281 sur 381 · Roland · texte numérisé non relu

Roland

6. Elle s'appelait Fleury et servait depuis treize années M"" Roland, qui lui a adressé une lettre d'adieu

quefois ; mes honnêtes gardiens la laissent entrer de temps en temps. Ils me font aussi, l'après-dîner, passer dans leur chambre qu'ils n'habitent point alors, et où j'ai plus d'air que dans la mienne.

Ma fille1 a été recueillie par une mère de famille respectable qui s'est empressée de la mettre au nombre de ses enfants, la femme de l'honnête Greuzé La Touche... 2.

Mon ami, ta lettre du 15 m'a offert ces mâles accents auxquels je reconnais une âme fîère et libre, occupée de grands desseins, supérieure à la destinée, capable de résolutions les plus généreuses, des efforts les plus soutenus; j'ai retrouvé mon ami, j'ai renouvelé tous les sentiments qui me lient à lui ; celle du 17, elle est bien triste ! Quelles sombres pensées la terminent ! Eh ! il s'agit bien de savoir si une femme vivra ou non après toi ! Il est question de conserver ton existence et de la rendre utile à notre patrie ; le reste viendra après !

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